Greanleaf : Interview avec Tommi Holappa

Greanleaf : Interview avec Tommi Holappa

Entretien avec Tommi Holappa guitariste du groupe Greanleaf

Interview exclusive de Tommi Holappa, guitariste de Greanleaf
réalisée le 10 avril 2025
Par Martine Varago

1990. Nous sommes dans le désert Mojave au sud de la Californie aux États-Unis.  C’est à cette époque-là que quelques groupes se mettent au rock stoner. Josh Homme, guitariste et fondateur de Kyuss, influencé lui-même par Tony Iommi, le guitariste et fondateur de Black Sabbath, crée un son appelé stoner.

Aux portes du désert, les « generator parties », (constitués de petites foules de personnes faisant la fête dans le désert, buvant de la bière, de la drogue et utilisant des générateurs à essence pour fournir de l’électricité aux équipements musicaux),  rassemblent quelques groupes .

Depuis, Queens of the Stone Age, ou encore Mastodon, Fu Manchu, Baroness, pour n’en citer que quelques uns ont sorti des albums considérés comme des pierres angulaires du stoner.

Ce sont eux qui ont bien évidemment influencés Greenleaf. Petit groupe suédois, de passage le 31 mars dernier au Backstage By The Mill à Paris, avec High Desert Queen, le trio a révélé un concert instrumental époustouflant sans leur chanteur Arvid Hällagård, resté sans voix.

Rock metal Mag a voulu en savoir plus sur le trio Greanleaf en si grande symbiose avec ses fans.

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Tommi Greanleaf

Rock Metal Mag : On se souvient du concert du lundi 31 mars où le chanteur Arvid n’avait pas pu chanter à cause de sa voix. Vous avez alors improvisé le concert sans lui et vous avez établi une véritable communion avec les fans qui vous demandaient des morceaux à jouer. C’était extraordinaire ce concert : un véritable dialogue entre toi et le public !  Comment l’as-tu vécu toi-même ?

Tommi : On n’a jamais fait de concert instrumental ! Le matin, lorsque nous sommes arrivés à Paris il ne pouvait pas sortir un mot de sa bouche car il était complètement enroué. Il était évident qu’il ne pouvait pas chanter ce jour là. Mais High Desert Queen devait jouer alors on s’est dit : « on n’a qu’à faire un jam ! »

On n’a pas l’habitude de jouer comme ça. On était quand même un peu nerveux à cette idée mais aussitôt que l’on est monté sur scène on s’est dit bon essayons et on va voir ce qui va se passer. Amusons-nous avec l’audience ! C’est tout ce que l’on a à faire. On a commencé à jouer en instrumental (guitare, basse et batterie)  et la foule semblait apprécier et a demandé de jouer des morceaux.

On entendait crier les titres des morceaux « Let It Out! », « Sweet Is The Sound », « Avalanche », « A Wolf In My Mind », « Breathe, Breathe Out », « Bury Me, My Son », « Different Horses » ou « Trails & Passes Out » entre autres… Alors je leur ai dit : « Vous devez chanter les paroles ! »

De chanson en chanson, on a joué et c’était fantastique. J’étais aux anges et parce que le public était super, il a compris que le chanteur était malade et que l’on ne pouvait rien faire mais on a fait du mieux que l’on a pu et les fans ont rendu cette soirée mémorable et superbe pour nous.

On était en parfaite osmose avec le public et on a passé un très agréable moment. C’est une soirée inoubliable et magique !

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Rock Metal Mag : On espère que le chanteur ira mieux et que Greanleaf reviendra donner un concert en France.

Tommi : Bien sûr le chanteur n’annule jamais. Nous reviendrons jouer avec Arvid.

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Rock Metal Mag : De nos jours, le rock stoner n’est pas très populaire et les festivals de rock stoner sont plutôt rares en France hormis le Westill à Vallet fin octobre. Alors est-ce que Greenleaf à été influencé par des groupes comme Kyuss ?

Tommi : Quand j’ai entendu Kyuss, Fu Manchu, c’est à ce moment là que j’ai commencé à jouer du Stoner. Et on a joué au Westill  festival, c’est un très bon festival. Mais en France j’ai l’impression que le Stoner progresse un peu car je me souviens il y a 20 ans, il n’y avait pas autant de monde. Je pense qu’aujourd’hui il y a plus de public qui vient voir ce genre de concerts.
En Suède c’est à peu près la même chose il y a des petits festivals de Stoner  qui peuvent accueillir 800 à 900 personnes environ.

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Rock Metal Mag : Et justement comment composes-tu ton son stoner ? On a entendu dire que certains guitaristes branchaient leur guitare sur l’ampli de la basse ?!

Tommi :  J’utilise un ampli pour guitare mais je mets le son dans les graves en mettant des cordes plus épaisses. Mais Greenleaf pour moi, c’est avant tout un mélange de heavy rock, de rock’n roll et de  blues. Cela ne me dérange pas que l’on nous perçoive comme un groupe de rock stoner. Ce genre peut couvrir largement la scène avec des groupes tels que Sleep ou Electric Wizard.

Greenleaf est plus rock si on le compare à Sleep, par exemple. Le rock stoner, c’est juste le fait de jouer avec un son de guitare plus grave, de jouer en live dans une ambiance seventies. Tout est question de feeling. C’est ma définition du rock stoner.
Quant aux cordes plus épaisses, elles sont plus lâches et de ce fait le son devient plus grave. Tu dévisses légèrement les clés selon le son que tu veux avoir. Personnellement, j’utilise des cordes plus épaisses allant de 030 à 060 d’épaisseur.

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Rock Metal Mag : Vous avez sorti un album « The Revolution Rock Deluxe » le 28 mars dernier. Sur cet album figurent les chansons de votre premier EP et de votre premier album allant du blues au rock, au stoner. Pour quelle raison avoir édité une nouvelle version et enregistré à Borlänge ?

Tommi : Cela date de 1999. C’était juste un projet que j’ai mis en place avec un ami à l’époque. On a répété et comme on voulait sonner comme du rock des années 70, on a joué et les choses sont arrivées rapidement. Certaines de ces chansons n’ont même pas été écrites : on a juste fait de l’impro et on est rentrés comme ça pour enregistrer dans le studio. Tout s’est fait dans le studio très rapidement et avec joie.

Le premier EP de Greanleaf a été enregistré en un jour en studio. Et comme on avait tellement passé un moment mémorable, l’un de mes amis nommé  Martin Stangefelt qui vient de monter son label, nous a proposé une réédition. En fait le premier EP était sorti à 300 exemplaires et l’album « Revolution Rock » à 500 exemplaires. Depuis tout a été vendu. On peut trouver ces morceaux sur Spotify mais quant au CD ou au vinyle, on n’en trouve plus depuis 20 ans.

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Rock Metal Mag : Donc, c’était une idée géniale de ressortir ces deux créations en une seule aujourd’hui. Et est-ce qu’il y a d’autres nouvelles composition en cours et un prochain album pour Greenleaf  ?

Tommi : Oui, nous avons de quoi remplir déjà la moitié d’un album. Nous allons bientôt travailler tous ensemble dessus. Nous avons plein d’idées et nous souhaitons sortir ce projet en 2026.

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Rock Metal Mag : Greanleaf a presque un quart de siècle d’existence. Quel est  ton meilleur souvenir en tant que musicien ?

Tommi : Je pense que c’est lorsque le chanteur Arvid a rejoint Greenleaf. Il a apporté une telle énergie au sein du groupe. Lorsque Sebastian le nouveau batteur est arrivé. J’étais le seul membre d’origine de Greenleaf et le fait de jouer avec trois nouveaux musiciens à redonné de l’énergie au groupe. Tout est devenu à la fois plus facile et plus agréable.

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Hans Greanleaf

Rock Metal Mag : Et Hans est de Berlin. Comment faites-vous pour travailler la musique de Greenleaf ?

Tommi : C’est surtout Sebastian et moi-même qui composons. Je le fais sur mon téléphone et les envoie à Hans. Et de temps en temps, il nous rejoint de Berlin pour finir le processus des compos dans le studio de répétition.

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Rock Metal Mag : Comme vous jouez chacun de votre coté est ce que c’est ensuite plus difficile de jouer de nouveau ensemble, de se coordonner, d’être en symbiose et à de s’entendre en groupe collectif ?

Tommi : Quand Hans arrive de Berlin, on va tout de suite répéter en studio et on l’écoute jouer. Parfois cela convient tout de suite, parfois cela ne sonne pas complètement bien et on se dit : « ah ! on devrait essayer autre chose. » Alors on essaie de modifier, d’apporter quelques changements et d’améliorer le morceau.

Bien sûr on peut apporter des changements de la guitare ou du chant pour que ça aille mieux avec la basse mais l’essentiel c’est que nous soyons quatre dans une salle et qu’on décide tous de s’accorder à dire : « maintenant, c’est prêt, c’est bon. Maintenant, on est prêts pour enregistrer en studio. »

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Rock Metal Mag : Et en dehors de la musique?

Tommi : Je retourne à mon travail dans la construction en bâtiment.

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Rock Metal Mag : Un travail difficile !

Tommi : C’est intense et c’est physique. Jusqu’à début mai, je vais rester en famille. Puis, nous allons participer à des festivals en mai et au cours de cet été en Allemagne à Rock im Wald, par exemple. Greenleaf reviendra en France dans le sud cet automne. On espère revenir à Paris l’année prochaine de sorte que le public puisse entendre la vraie version du groupe, avec la voix d’Arvid. Et on va continuer de composer et de sortir un nouvel album l’an prochain.

Continuez d’écouter Greenleaf !

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Rock Metal Mag : Oui, on le fera. Longue vie au rock’n roll !

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Rock Metal Mag remercie Tommi du groupe Greenleaf et Garmonbozia.

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Greanleaf

Line-up

Arvid Hällagård : chant
Tommi Holappa : guitare
Hans Fröhlich : basse
Sebastian Olsson : batterie

Greanleaf

Greenleaf : Revolution Rock Deluxe

1 Vat 69
2 Devil Woman
3 Status: Hallucinogenic, Phase II
4 You Got Me High
5 Red Tab
6 The Shipbuilder
7 Electric Ryder
8 Hexagram
9 Monostereowhatever

10 Get Your Love Outta Here
11 Sold My Lady (Out The Back Of An Oldsmobile)
12 Kvinna Du Ger Mig Ingen Karlek
13 Smell The Green
15Land Of Lincoln
15 Status: Hallucinogenic

https://greenleaf-sweden.bandcamp.com/album/revolution-rock-deluxe

https://www.facebook.com/greenleafrocks