Interview de Blind Guardian au Motocultor 2025
Blind Guardian
Interview avec André Olbrich et Hansi Kürsch réalisée le 17 août 2025 au Motocultor 2025
Par Martine Varago
Blind Guardian Line-up actuel
André Olbrich (guitare)
Marcus Siepen (guitare)
Frederik Ehmke (batterie)
Hansi Kürsch (basse, chant)
https://www.facebook.com/blindguardian
Blind Guardian, mythique groupe allemand de power metal, est de passage au Motocultor Festival 2025. Formé en 1984, le groupe est connu pour ses compositions épiques et ses textes profondément ancrés dans l’univers de la fantasy, notamment celui de Tolkien. Leur musique, mêlant riffs rapides, orchestrations complexes et chœurs majestueux, crée une atmosphère unique.
Lors de l’interview, l’alchimie entre le guitariste et le bassiste se révèle dans une prise de parole fluide et équilibrée, reflet de leur complicité musicale.
******************
Rock Metal Mag : Votre dernier album, The God Machine, date de septembre 2022 . C’est votre douzième album studio. Avant, il y a eu Beyond the Red Mirror, paru en 2015. Pourquoi tant d’années pour créer un album ?
Hansi : Beaucoup d’autres choses se sont passées. On a réalisé un album orchestral. Il est vrai que Blind Guardian met environ quatre ans pour produire un album.
André : Il faut remarquer que nous sommes en tournée depuis 2022. Nous avons besoin de temps de repos à la maison. Le processus de composition ne vient pas comme ça, entre deux. Il faut que l’on se pose et que l’on prenne le temps de composer. On a besoin de se concentrer pour écrire un morceau, une chanson. Après notre tournée aux États-Unis, on replongera dans le processus d’écriture de chansons. C’est mieux que d’écrire des chansons dans le bus, en tournée.
*******************
Rock Metal Mag : Legacy of the Dark Lands est arrivé en 2019 et a laissé le monde complètement sans voix. Il a été enregistré avec l’omnipotence déchaînée de la bande-son expérimentée Prague Filmharmonic, dans le Rudolfinum de Prague. Je suppose que cela a dû être un projet difficile. Comment l’avez-vous vécu ?
André : C’était une très belle expérience. Cela nous a aidés, en tant que musiciens de heavy metal de Blind Guardian, parce que cela nous a permis de devenir de meilleurs compositeurs, d’approfondir notre compréhension de la manière dont la structure du classique et du metal fonctionne ensemble. Tu apprends beaucoup sur les instruments acoustiques, les sons.
Quand on a entendu jouer en live un de nos morceaux, c’était tellement impressionnant ! C’était extraordinaire, comme un saut dans l’inconnu. Puis l’expérience a constamment grandi, et tout le monde qui travaillait avec nous en est tombé amoureux. Finalement, un gros apprentissage, avec l’impression d’avoir réussi cette mission, et la liberté de jouer les instruments que l’on voulait. Les chansons étaient très épiques. J’aimerais recommencer l’expérience.
Hansi : Nous avons des chansons qui vont très bien avec l’opéra, le classique. On a commencé à écrire ces chansons à partir de 1996, mais l’album est sorti 20 ans plus tard. On a profité de cette expérience : tous les problèmes que l’on avait pour composer et produire à cette époque se sont dissipés aujourd’hui. La créativité est toujours une question de temps. On a beaucoup travaillé en studio, et je dois avouer que je ne savais pas jusqu’où pousser ma voix. J’ai beaucoup appris de l’orchestre classique.
*******************
Rock Metal Mag : Vous écrivez des histoires très élaborées. Pouvez-vous nous parler de la façon dont vous conceptualisez vos textes ?
Hansi : On écrit en fonction de la musique. Une fois que les bases musicales sont posées, on crée un texte qui va bien avec la structure musicale, même si ce n’est pas la version finale. C’est une question de feeling, de savoir ce qui va bien pour la chanson, quelle histoire raconter. Quand on obtient plusieurs chansons, nous deux, on regarde, chacun de notre côté, si on garde individuellement la chanson ou s’il existe un concept pour l’album entier. Autrement dit, la musique en premier, puis les paroles pour compléter ensuite. Cela donne du sens aux chansons et permet une meilleure compréhension pour les gens, afin qu’ils prennent plaisir à écouter cette musique.
André : Tout à fait d’accord avec ce qu’il vient de dire. Comme dans notre album Orchestra, Hansi a insufflé des émotions profondes. Ainsi, Hansi peut parfois demander des chansons avec de meilleures sensations. Alors, on commence à écrire dans cette direction. Parfois, on veut une approche plus dramatique, ou on rajoute des pièces du puzzle pour le concept. Je pense qu’on a une compréhension mutuelle pour construire les morceaux.
Hansi : On écrit les histoires ainsi depuis le début de Blind Guardian.
********************
Rock Metal Mag : Est-il difficile de recréer l’atmosphère de ces histoires sur scène ?
Hansi : Non, pas du tout. Ce que tu entends sur scène, c’est le groupe pur qui joue de la musique épique. Pour nous, c’est une transformation d’une version studio. Et quand on écrit, on ne pense pas à une version live. Ensuite, on transforme lors des répétitions, en modifiant les passages les plus complexes en des boucles plus faciles, plus compréhensibles. Et le show se passe bien. Certains morceaux ne sont pas joués en live, par exemple ceux de Opera. Un jour, ils le seront.
André : En studio, on apporte beaucoup de choses : des riffs de guitare, des mélodies, des couches sonores. Sur scène, on présente les mélodies, la structure simple de nos chansons. On doit s’adapter parce que cela ne sort pas toujours comme tu l’aurais pensé avant. C’est un défi : il faut voir comment ça va avec le rythme, la mélodie. Ensuite, on répète et puis on se dit : « La chanson doit sonner comme ça ». Tous les soirs, on joue le morceau ainsi.
*********************
Rock Metal Mag : Si Tolkien revenait dans le monde des vivants, que lui raconteriez vous ?
Hansi : Bravo ! Je serais curieux de savoir comment il approcherait la littérature de nos jours. J’espère qu’il apporterait des choses comme il l’a fait auparavant : ni trop précis, ni trop exigeant sur la manière dont l’histoire peut être interprétée, tout en gardant les idées principales et le fil narratif. Autrement dit, accorder à chaque lecteur sa propre interprétation.
André : Je serais tellement content qu’il soit de retour, parce que l’on n’aurait plus à lire toute cette foutaise produite par l’intelligence artificielle. Nous pourrions avoir de la propagande comme solution ! (rires)
******************
Rock Metal Mag : Vous tournez beaucoup en ce moment dans les festivals. Quelle impression vous laisse le festival Motocultor ?
Hansi : Tout est très bien organisé et hautement professionnel. J’aime bien la taille du festival en général et la région où il se situe. De plus, je crois qu’il a vocation à devenir plus grand. J’espère que le public s’éclatera.
André : J’ai vu aussi qu’il y avait beaucoup d’Espagnols et de Français, bien sûr. C’est un excellent endroit. Et j’espère que l’on pourra donner ici notre première bonne impression.
Remerciements à Hansi et André du groupe Blind Guardian
Live report du Motocultor jour 4 avec Blind Guardian : https://rockmetalmag.fr/motocultor-dimanche-17-aout-2025-jour-4/













