Live report du MOTOCULTOR : Dimanche 17 août 2025 : Jour 4 avec Solitaris, Vonsharon, AngelMaker, Wyatt E., Party Cannon, Thrown, Margarita Witch Club, Locomuerte, King Buffalo, Ensiferum, Exhorder, Fear Factory, Between the Buried and Me, Primordial, Landmvrks, Suffocation, Blind Guardian, Candlemass, Kanonenfieber, Machine Head
Motocultor Festival 2025 – Jour 4 : Une apothéose entre chaos maîtrisé et envolées épiques
Dimanche 17 août 2025 – Carhaix Plougher
Texte & photos : Martine Varago
Remerciements : Angie pour l’accréditation
Une dernière journée du Motocultor qui ne faiblit pas
Quatrième et dernier jour du Motocultor Festival 2025, et l’ambiance est loin de retomber. Sous un soleil de plomb, les festivaliers, certes un peu fatigués, affichent toujours la même ferveur. Et ils ont bien raison : cette journée promet un feu d’artifice de styles, de découvertes et de performances marquantes.
Premiers sets : Solitaris, Vonsharon, AngelMaker
Le groupe parisien Solitaris, formé entre 2016 et 2018, ouvre la journée avec son metalcore/deathcore ultra-immersif. Son set est pensé comme une expérience sensorielle totale : guitares abyssales, rythmiques lourdes, visuel soigné, et ambiance sombre à la limite du théâtral. Une entrée en matière glaçante mais puissante.
Changement total de décor avec Vonsharon, duo vannetais formé en 2022. Une guitare, une batterie, une voix, et un son brut. Son rock minimaliste flirte avec le garage, le blues, et quelques sonorités à la Blood Red Shoes ou Highly Suspect. Un show hynotique, groovy.
AngelMaker débarque du Canada avec son deathcore surpuissant aux multiples couches : du blackened thrash, de la power violence et un esprit hardcore furieux. Sa formation atypique (trois guitares, deux chanteurs) offre un mur de son massif et précis. Une belle baffe auditive.
Entre violence contrôlée et atmosphères mystiques
Sur la Bruce Dickinscene, le groupe belge Wyatt E. captive l’assistance avec son doom enrichi d’éléments orientaux. Lente montée en intensité, ambiances post-metal envoûtantes, et cette touche méditative quasi chamanique. Une parenthèse hors du temps.
Ambiance radicalement opposée sur la Dave Mustage avec Party Cannon. Fidèles à leur nom, ils livrent un set chaotique et délirant à la frontière entre noise et hardcore, influencés par Minor Threat ou The Jesus Lizard. De plus, c’est fête sur la scène avec leurs pitreries quelque peu grotesques. C’est sale, rapide, et furieusement jouissif.
Entre mélodie et rage, Thrown impose un hardcore moderne et sensible, influencé par Poison the Well et Glassjaw. Parfait pour les amateurs de tension émotionnelle et de breaks explosifs.
Place au mystique avec Margarita Witch Club. Shoegaze, psych rock et post-punk se mélangent dans une vapeur sonore brumeuse, digne de The Cure ou Dead Can Dance. Une prestation délicatement planante.
Mosh-pit et puissances spectaculaires
Comme d’habitude, le set de Locomuerte détonne. Du thrash chanté en espagnol, du fun, un mur de la mort géant et une pluie de crocodiles gonflables dans la fosse. Les festivaliers adorent. Cerise sur le gâteau : Stéphane Buriez (Loudblast) rejoint le groupe sur scène pour une double voix explosive. L’esprit communautaire est à son apogée.
Sur la Bruce Dickinscene, King Buffalo, venu des USA, déroule son stoner planant et progressif, entre Pink Floyd et Sleep. Les morceaux s’étirent, les textures s’épaississent, et l’on se laisse emporter dans un voyage cosmique.
De l’autre côté, Ensiferum (Finlande) enflamme la Dave Mustage avec son folk metal épique, bardé d’hymnes nordiques et de riffs guerriers. Parfait pour les amateurs de batailles épiques et de cornes levées.
Puis, les pionniers louisianais d’Exhorder balancent un set puissant et nerveux, entre thrash et groove, aux influences bien digérées (Pantera, Sepultura). Un retour aux sources qui fait du bien.
À 18h, Fear Factory fait son entrée. Avec son nouveau chanteur Milo Silvestro depuis 2023, l’esprit reste intact. Les riffs mécaniques, les ambiances futuristes et les rythmes martiaux restent la marque de fabrique d’un groupe légendaire. Une nouvelle ère semble s’ouvrir.
Metal progressif, black folk et ambiance incandescente
C’est un véritable labyrinthe musical que propose le groupe américain Between the Buried and Me aussi appelé BTBAM. Tech death, metalcore, jazz, rock 70s… tout se mélange. Une performance complexe, intelligente, mais parfois difficile à suivre pour les non-initiés.
Sur la Supositor, Primordial rappelle que l’émotion peut aussi jaillir de la noirceur. Ses longues pièces sombres aux accents celtiques évoquent Bathory et Sol Invictus. Un set puissant et grave de black/folk metal.
Sur la Dave Mustage, Landmvrks crée l’un des plus gros mouvements de foule du festival. Son metalcore moderne et mélodique, teinté de post-hardcore, déclenche des vagues incessantes de crowd surfing. Les couches musicales s’empilent dans une structure efficace et percutante avec des rythmes crêpitants. Une fierté nationale.
Brutalité, épopée et spectacle total
Pas de pitié avec Suffocation. Son death technique, influencé par Morbid Angel et Cannibal Corpse, écrase tout sur son passage. Un set d’une précision chirurgicale comme les Américains savent le faire.
Place ensuite à l’épique avec le groupe allemand de power metal Blind Guardian qui fait chanter la foule avec ses hymnes power metal inspirés d’heroic fantasy, dans la lignée d’Helloween et d’Iron Maiden. La magie opère toujours.
Un peu plus tard, Candlemass offre une parenthèse sombre et lente. Du doom à l’ancienne, lourd et majestueux, rappelant Black Sabbath. Les vétérans suédois impressionnent toujours autant.
Kanonenfieber est LA surprise visuelle de la soirée. En uniformes de la Première Guerre mondiale, les Allemands balancent un blackened death metal puissant accompagné d’un show spectaculaire : canons, pyrotechnie, bulles (!), et décors immersifs. Un set cinématographique, salué par une ovation. Machine Head a intérêt à assurer derrière !
Il fallait un géant pour clore ce Motocultor 2025. Machine Head répond présent. Avec un son ravageur, entre thrash et groove metal, le groupe californien assène un set massif et galvanisant, digne des plus grandes scènes mondiales. Une clôture triomphale sous les étoiles.
Bilan : une édition record
Avec une progression de fréquentation de plus de 15 %, cette 16e édition du Motocultor s’achève sur un succès retentissant. 12 kilomètres parcourus par jour. Quatre jours de musique, de sueur, de découvertes et de passion. Une communauté en feu, des artistes généreux, et une organisation toujours solide.
Rendez-vous en 2026 pour la 17ème édition du Motocultor
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Motocultor jour 1 : https://rockmetalmag.fr/motocultor-14-aout-2025-jour-1/
Motocultor jour 2 : https://rockmetalmag.fr/motocultor-15-aout-2025-jour-2/
Motocultor jour 3 : https://rockmetalmag.fr/motocultor-16-aout-2025-jour-3/
















































