DUST IN MIND : Interview du 9 avril 2026

DUST IN MIND : Interview du 9 avril 2026

Entretien avec le groupe Dust In Mind le 9 avril 2026 au Dr Feelgood à Paris

Interview avec Dust In Mind

réalisée le 9 avril 2026 au Dr Feelgood par Martine Varago

Alors que DUST IN MIND entre dans une nouvelle phase artistique, plus affirmée et structurée que jamais, le groupe développe un metal moderne, lourd et groovy, avec une identité sonore claire et une énergie maîtrisée.

Originaire de Strasbourg, DUST IN MIND s’appuie sur une solide expérience live acquise aux côtés de groupes comme Jinjer, Machine Head ou Pain, ce qui a renforcé son identité et affiné sa vision. Aujourd’hui, le groupe ouvre un nouveau chapitre avec une direction artistique forte, qui prendra toute son ampleur avec la sortie de son prochain album, HCNO, prévue le 24 avril 2026, sous le label allemand Darktunes.

Avec un son plus organique, une musique plus sombre, les paroles plongent dans la perte, la reconstruction, la résistance intérieure, la douleur qui forge, mais aussi la libération du corps et de l’âme. Après la sortie des singles « UNBREAKABLE » et « WHO.WE.Я » , tous deux extraits de ce nouvel album, Rock metal mag vous montre comment la nouvelle formation avec Damien au chant a évolué.

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Rock Metal Mag : Des changements de line-up apportent une nouvelle direction au groupe. Avec le départ en 2023 de l’un des membres fondateurs, Jennifer Gervais, le groupe fonctionne désormais autour de Damien Dausch (chant + guitare), Xavier Guiot (basse), Thomas Marasi (batterie) et on note le retour de Jack Ruetsch à la guitare depuis 2025.

Première question pour Damien : comment as-tu décidé de devenir chanteur alors que tu étais producteur?

Damien : je n’ai pas décidé seul mais d’un commun accord. On a fait plusieurs essais. Cela fait un peu plus de 10 ans que l’on existe. Au début l’idée n’était pas forcément que je chante mais plutôt d’avoir une ligne commune cohérente. On a fait plein de tests sur des choses qui nous parlent vraiment. Et les membres du groupe ainsi que ceux qui sont autour du groupe m’ont poussé à essayer de chanter. Le résultat était assez évident pour tout le monde. Cela s’est fait naturellement.

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Rock Metal Mag : Tu as fait des tests vocaux, mais pourquoi ne pas avoir fait de tests instrumentaux ? Au fond, qu’est-ce qui t’a vraiment poussé dans cette voie-là ?

Damien : Je faisais du soutien au niveau des chœurs. J’ai toujours joué de la guitare aussi. Et Jack est assez doué, donc maintenant je n’en fais plus. Les guitares apportent une texture plus organique. Autrement dit, les choses se sont un peu simplifiées. On voulait vraiment quelque chose qui sonne plus organique, quelque chose qui vienne du fond des tripes. Il n’y avait pas de nécessité d’avoir deux guitares.

Xavier : Les sonorités aujourd’hui sont quelque chose qui nous représente au niveau du style musical. On écoute les mêmes musiques entre nous. Ce que l’on fait maintenant, c’est quelque chose qui nous ressemble.

Jack : Ce qui compte vraiment, c’est l’énergie globale qui ressort d’un titre, et le fait que ce titre nous plaise. On estime que ce message et cette énergie plaisent aussi aux auditeurs.

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Rock Metal Mag : On passe d’un chant double voix masculin/féminin à une voix centrée sur Damien. Quels sont les effets produits attendus? Est-ce que l’on n’obtient pas finalement une voix plus homogène avec moins de contraste scream/voix claire ? Pourquoi ne pas avoir gardé cette double voix ?

Thomas : Les refrains restent en voix clair et il y a des screams dans les morceaux.

Damien : Voici ta version corrigée et fluidifiée : Ce que j’essaie d’apporter avec ma voix, c’est vraiment de la variété. Je ne suis pas sûr qu’un chant soit forcément monotone.  Il existe un million de groupes avec un seul chanteur ou une seule chanteuse, et ils sont super, riches et variés. Je pense que c’est tout à fait possible.

Jack : Je trouve que dans la voix de Damien, il y a beaucoup de relief. Et on a des retours positifs. Globalement, le résultat est cohérent.

Xavier : Par exemple, dans le morceau « Downfall », qui sonne pop, la voix varie beaucoup, et ça marche aussi.

Damien : Quand j’ai fait les essais, je me suis dit : je lâche tout ce que j’ai, et ce qui va se passer, je m’en fous, on verra bien. Il s’est passé ça, et apparemment, cela convient à tout le monde. C’est trop cool ! Je fais ce que je ressens.

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Rock Metal Mag : As-tu reçu une formation en chant ou es-tu plutôt autodidacte ?

Damien : Je suis autodidacte. J’ai hésité à prendre des cours mais avec le travail, j’y suis arrivé. Par la suite, quand j’aurai atteint un certain niveau, si je ressens de la frustration, peut-être, je prendrai des cours.

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Rock Metal Mag : Damien, tu es également producteur / ingé son. As-tu reçu une formation au son avant de te lancer dans la production ?

Damien : Indirectement, oui, parce que dans l’industrie de la musique, on partage beaucoup et on se donne des tuyaux. Mais de vraies formations, non. J’apprends sur le tas comme un acharné. J’aime bien être dans ma bulle et gérer les choses. Apprendre par moi-même me correspond tout à fait. J’assimile très vite.

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Rock Metal Mag : Comment s’est passé ce changement de producteur à chanteur, deux métiers complètement différents dans le monde de la musique ? Tu passes du fond de la salle au devant de la scène en live.

Damien : Je pense que passer de la production au poste de chanteur, tout en conservant la prod, est stimulant pour tout le monde. C’est quelque chose de très positif au sein du groupe, pour son énergie. C’est une casquette supplémentaire.

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Rock Metal Mag : On passe donc d’un son avec plus de mélodies à un son plus brutal. Dans cette évolution sonore, et donc dans ce nouvel album, les riffs sont plus lourds, les structures plus simples et efficaces. Un son plus organique, comme vous l’avez dit tout à l’heure. Est-ce que c’est le but recherché ?

Thomas : Le but recherché, peut-être pas. On n’a pas de cahier des charges. On a tous mis la main à la pâte. On a fait la maquette puis les arrangements, et c’est la direction que cela a pris. Le squelette est toujours présent. Il n’y a pas de virage à 180 degrés dans le style musical. Le son a beaucoup évolué et chacun y a contribué. Chacun a apporté ses influences. C’est une sorte de mise à jour.

Damien : Le but, c’est qu’on puisse faire la musique la plus vraie possible, la plus sincère. La musique nous parle, nous stimule. Sinon, sur scène, comment retranscrire ça ? Comment réussir à offrir quelque chose aux gens si tu n’es pas en accord avec ce que tu viens de produire ? Ça, c’est un but super important pour nous.

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Rock Metal Mag : Justement, quelles musiques actuelles vous ont influencés ?

Xavier : On a toujours aimé des sons groovy de groupes comme Korn, Bad Omens, Spring Me. Ce sont les premiers noms qui me viennent en tête. On écoute plein de styles de musique autres que le metal.

Jack : C’est finalement les différentes écoutes musicales qui te nourrissent et finissent par te faire devenir ce que tu es.

Thomas : De manière générale, toute la scène moderne metal : le metalcore, le nu-metal.

Damien : Les plus grands noms : Bad Omens, Architects, Bring Me The Horizon nous ont marqués dans la production, leur énergie. Mais il y a vraiment des centaines de groupes que l’on écoute.

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Rock Metal Mag : Tu as choisi un son plus organique, plus atmosphérique, plutôt qu’un certain producteur comme Joey Sturgis (Asking Alexandria, Of Mice & Men…), qui sonne plus metalcore lissé. Pourquoi as-tu choisi ce son-là ?

Damien : Quand je fais le mixage et la production, j’ai envie que le son corresponde à ce que le groupe souhaite. Le but, ce n’est pas de sonner différent ou de sonner pareil. Ma façon de produire est plus organique, car je ne voulais pas que ce soit trop corrigé et que ça reste un peu fébrile. La tendance actuelle dans la production musicale est d’avoir un son plus plat, plus lisse. C’est tellement surproduit que ça enlève le côté humain.

Ce que j’aime bien, par exemple, dans la production de Bad Omens, avec un peu de pop, c’est qu’il y a une sonorité particulière. Justement, ils ont réussi à apporter quelque chose d’étrangement humain dans un truc assez « vocodé ». Il y avait une vision, et c’est comme ça qu’ils l’ont interprétée, et ça fonctionne bien.

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Dust In Mind pochette

Rock Metal Mag : Passons au nouvel album HCNO. Que signifie HCNO tout d’abord ?

Thomas : C’est un acide fulminique. Le concept est celui de l’échange d’énergie. Tout ce que l’on aimerait, c’est pouvoir illustrer cet échange d’énergie avec le public. D’autre part, il y a une suite que l’on fera découvrir. Il se trouve que lorsque l’on mélange cette chose avec cet élément-là, cela peut donner quelque chose d’assez particulier, d’extrêmement brutal et détonnant. C’est la réaction qu’il pourrait y avoir entre cet album et la suite. Cela illustre l’échange que l’on peut avoir avec le public.

Damien : Si l’on mélange ces deux éléments, c’est la fin de l’humanité ! C’est une métaphore, en réalité. Cela symbolise un parcours, action-réaction. L’histoire de l’album, c’est le parcours de quelqu’un. On raconte un peu nos vies dans les paroles. En fait, c’est ce qui s’est passé dans le groupe : on s’est recentré sur ce qui nous stimule vraiment, profondément, pour être en paix avec nos choix. On a atteint une sérénité qui permet de s’ouvrir de nouveau aux autres et d’offrir cette énergie. Cet échange, lorsque l’on est sur scène, on le partage avec le public qui est en face. Voilà pourquoi c’est devenu HCNO.

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Rock Metal Mag : Avec HCNO qui sort le 24 avril 2026, DUST IN MIND ouvre un nouveau chapitre : plus sombre, plus physique, plus organique. On vient de voir l’aspect organique. Peux-tu nous expliquer pourquoi HCNO paraît plus sombre ? Est-ce que le monde ne devient pas, au fond, plus brutal et plus sombre en ce moment, et que votre musique le reflète ?

Damien : C’est notre vision du monde, et elle n’est pas spécialement fun. Si tout était beau, on ne ferait pas ce genre de musique, à mon avis. La finalité de cet album reste tout de même positive. On dénonce ce que l’on ressent, on raconte nos parcours de vie, auxquels les gens peuvent s’identifier. C’est une manière de leur dire : « Vous n’êtes pas seuls, on est tous dans le même bateau. »

Au fond, c’est quelque chose de positif. On essaie de tourner les choses dans le bon sens, et non de ne voir que le noir. C’est un constat, mais on tente de le transformer en quelque chose de positif : « Ça va bien se passer, on est tous ensemble. » Par exemple, le morceau « A Faded Star » illustre bien cela.

Xavier : On retranscrira bien en live ce côté pas blanc, ce côté pas noir. Et on partagera notre énergie avec tout le monde. On est une unité.

Damien : C’est super important pour nous d’avoir cet échange, cette synergie avec le public.

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Dust in Mind concert

Rock Metal Mag : Des projets de concerts et de tournées ?

Xavier : On joue à la Laiterie à Strasbourg le 16 mai prochain. C’est notre maison parce que c’est là que l’on a vu nos premiers concerts de metal. C’est symboliquement très fort.

Damien : Le 16 mai, c’est la release party de l’album et on va faire un spectacle spécial. On joue avec Akiavel et Alita. Puis, on va passer un bon moment ensemble avec les fans, on sera présent au merch. Les autres concerts seront données à la rentrée et beaucoup en 2027.

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Rock Metal Mag remercie le groupe Dust In Mind, NRV Promotion et Le Dr Feelgood

Dust in Mind

DUST IN MIND line up

Damien Dausch – Vocals
Thomas Marasi – Drums
Xavier Guiot – Bass
Jack Ruetsch – Guitars

https://www.facebook.com/DustInMindMusic/