Blackrain: Interview

Blackrain: Interview

« Released » le dernier album des français de Blackrain sort aujourd’hui, pour cette occasion, Rock Metal Mag revient sur l’interview que nous ont gentiment accordée Swan et MatH, respectivement chanteur/guitariste et bassiste du groupe.   Rock Metal Mag: Pouvez-vous vous présenter, ainsi que le groupe ?   Matt: On a dix ans d’existence. On est des potes

« Released » le dernier album des français de Blackrain sort aujourd’hui, pour cette occasion, Rock Metal Mag revient sur l’interview que nous ont gentiment accordée Swan et MatH, respectivement chanteur/guitariste et bassiste du groupe.

 

blackreleased

Rock Metal Mag: Pouvez-vous vous présenter, ainsi que le groupe ?

 

Matt: On a dix ans d’existence. On est des potes d’enfance et on vient de Haute-Savoie et «Released» est notre cinquième album. Entre temps, on a fait deux-trois trucs… on est passé sur Incroyable Talent, on a fait la première partie de Scorpions et on a enregistré avec un des plus grands producteurs au monde…

Swan: …Et on s’appelle Blackrain. Et toi, t’es Matt et tu fais de la basse et moi c’est Swan et je fais de la guitare et du chant.


RMM : Comment s’est déroulé le processus de création de «Released» ? Quels en sont les thèmes principaux?

S: Il y a un thème récurrent qui est la libération, que tu retrouves d’ailleurs sur la pochette. Notre processus de création est toujours le même de toute façon. En général, je m’occupe à peu près de la majeure partie des chansons. On fait nos maquettes sur notre ordinateur comme tout le monde, avec une carte son et ça va très vite. C’est très simple. On programme ensuite la batterie, donc on arrive à quelque chose qui n’est pas totalement différent du résultat final, excepté la qualité du son. Une fois que c’est maquetté, on travaille tous ensemble, et c’est comme ça que ça se passe en général. Quand on arrive en studio, il n’y a pas grand chose à changer.


RMM : En quoi pouvez vous dire que « Released » est différent des albums précédents ?

S: C’est à l’auditeur de se faire son idée. Tous nos albums sont un peu différents et le groupe évolue tout le temps. Il n’y a jamais de direction spécifique, on fait ce qui vient, ce qu’on aime… On fait quand même attention à ce que nos albums soient un minimum variés. Après ça reste entre du rock et du metal. On est quatre personnes dans le groupe, quatre personnes qui écoutent différentes choses. Il y a donc des différences que tu peux sentir au fil des chansons.

RMM : Et pour la composition ?

S: En général, je fais le gros du boulot, après ça arrive que quelqu’un d’autre amène des chansons et des idées. Matt m’aide souvent à écrire les paroles.


RMM : Vous-êtes vous fixer un objectif à atteindre avec cet album ?

S: Oui, on a un objectif très très particulier.

M: Non mais c’est très quantifié tu vois ? C’est-à-dire qu’on a fait une réunion d’entreprise et on s’est dit qu’il faut qu’on atteigne 5% des parts du marché dans l’industrie du rock. (rires) Non sérieusement, notre objectif serait de repartir à l’étranger. Blackrain est un groupe qui a commencé à l’étranger, au Japon, et cela nous a permis de nous faire connaître en France. On est restés un petit peu en France, et là on considère que ça fait trop longtemps, donc le but c’est de repartir. Enfin Swan est déjà reparti car il habite en Suède maintenant, mais on aimerait recommencer à tourner en Europe. C’est justement pour ça qu’on a signé chez un label allemand, cela permet d’avoir sa musique distribuée dans le monde entier, ce qui n’était pas le cas avec l’album précédent (« It Begins« , ndlr) qui était très français. On était chez Sony France.


RMM : Vous avez donc prévu de tourner à l’étranger ?

S: C’est ce que l’on espère en signant chez  ADA/Warner Music… On verra bien comment ça se passe..

M: Bah là, on vient de faire des dates en Angleterre. On nous a appelé pour un festival organisé par Classic Club. Du coup on en a profité pour faire des petites dates dans les clubs qui sont autour. Le but réel de cette signature, c’est de continuer sur des dates comme celles-ci et de tourner comme on a tourné par le passé, avec un petit plus de bouteille.

S:…et de promotion.

M: De promotion aussi. Les deux sont importants. On a tourné très jeunes, on a fait des dates à notre façon… quand t’as 20 ans tu vois… C’est pas exactement pareil (rires). Tu fais beaucoup de kilomètres pour aller jouer, mais tu joues pas forcément très bien (rires). C’était plus rock’n’roll disons. Aujourd’hui, on essaye de le faire de manière plus sérieuse et plus pro, car quand ça fait depuis 10 ans que tu tournes, tu prends la musique de plus en plus au sérieux… Tu évites de boire avant de rentrer sur scène par exemple !

RMM : Ou alors une bière…

M: Voilà ! Mais bon, si on en a une, après on en a une autre, et ça ne s’arrête plus (rires)

S: Ça c’est du vécu. (rires)

M: Donc par la suite, t’évites.


RMM :Justement vous dites que ça fait depuis 10 ans que vous tournez. Expliquez nous ce qu’est la clé de la longévité dans le rock’n’roll.

S: Déjà, le principale c’est de s’entendre. Dans un groupe,i y a  plusieurs personnalités, plusieurs ego et il faut apprendre à concilier tout cela. Après avec le temps ça va. On habite dans la même région, on a grandi tous ensemble, en tout cas Max et moi, on se connaît depuis le collège. Et puis on apprend à faire des compromis et à bien s’entendre… On a tous le même objectif, on fait tous les mêmes choix, on a tous fait les mêmes sacrifies et on est tous dans le même bateau.

M: Ouais parce que c’est facile de se dire «j’ai envie de faire un groupe, je suis super motivé», mais c’est facile d’être motivé un an. Après comme je dis, notre première tournée c’était il y a 10 ans, mais ça fait depuis 15 ans qu’on existe…

S: Ouais si tu comptes les toutes premières répets en 2001..

M: Et ce sont toujours les mêmes membres, excepté le batteur. Donc c’est facile de vouloir faire un groupe, mais après c’est plus difficile de ne jamais abandonner quelque soit les difficultés… C’est un autre boulot de réussir à perdurer. C’est comme avec une fille, les 3 premiers mois ça va mais après … Au début tu dis toujours que c’est pour la vie. Bah avec un groupe c’est pareil, on dit toujours «ouais on va devenir des stars», puis après tu fais ton premier concert devant trois personnes, tu vois… Donc ça met du temps et il faut vraiment en être sûr. Actuellement, personne n’osera dire qu’on n’est pas motivés, car c’est rare de durer autant de temps.

S: De toute façon, maintenant on ne pense plus à cela. C’est limite si on a encore le choix (rires). Mais à force d’avoir beaucoup tourné, on a vu tellement de groupes qui ont arrêté parce qu’au final, oui, il y a du boulot. Le schéma typique du branleur en fait.


RMM: A vos débout, vous avez commencé par faire des reprises de groupes tels que Mötley Crüe, avez-vous déjà songé à sortir un album de reprises?

S: Oui, complètement ! Je pense que cela se fera un jour, mais avec des reprises bien spéciales. On avait déjà notre concept, on en avait parlé des années en arrière. Avec l’évolution de l’industrie musicale et d’internet, on a vu venir plein de groupes de partout qui ont justement abandonné après. Dans tous ces groupes, il y en a plein qui ont fait de superbes chansons mais qui sont oubliées à jamais. Et je pense que ce serait super intéressant de reprendre un morceau d’eux et de le refaire à notre façon.

M: Oui, il y a des trucs dont on a été énormément fans et qui n’ont jamais percé nul part… Je crois d’ailleurs que l’Australie est assez forte pour cela. Ils ont des tonnes et des tonnes de groupes excellents qui ont fait un seul album mais qui n’est jamais arrivé jusqu’à chez nous.

S: Mais c’est un concept intéressant. C’est ce qu’avait fait par exemple les Guns’N’Roses avec l’album « The Spaghetti Incident« … j’écoutais ça quand j’étais au collège et je savais pas du tout que c’était des reprises. Après j’ai découvert que c’était des groupes punk dont je n’avais absolument jamais entendu parler. Donc, dans cette optique là, je trouve cela intéressant de faire un album de reprises. Ce serait moins intéressant de faire un album de reprises de Mötley Crüe par exemple

M: Oui, si on doit faire un «Kickstart My heart», ce sera forcément moins bien fait…


RMM: Pourquoi chanter en anglais?

S: D’abord, on ne s’est jamais posé la question. Puis le français sonne de façon très particulière. Ceux qui chantent en français sont très accès politiques, ce qui n’est pas du cas de Blackrain. De toute façon, cela n’a jamais été notre truc. Nous on n’est pas un groupe exclusivement français. On a déjà commencé par l’international, et chanter en français, c’est vraiment se limiter à la France, et cela ne nous intéresse pas.

M: Et puis, il faut y arriver.

S: Personnellement, a part « Ça plane pour moi« , je peux rien chanter en français

M: J’ai assez peu d’exemples, en tout cas dans le rock, où je peux dire que c’est bien. Il me semble que les seuls qui ont vraiment réussi c’est Noir Désir, car ils ont donné une poésie à leur musique. Mais a part Noir Désir, je n’en vois pas. La langue du rock reste l’anglais…

S: Après je trouve que ça colle bien avec des groupes comme Trust par exemple, ou Mass Hysteria… Ça leur va bien, mais après il faut aimer quoi… Et je pense que ça ne collerait pas avec notre image de toute façon.

M: Et puis pour moi, dans le rock, on ne s’intéresse pas spécialement aux paroles, à faire véhiculer un message ou quoi. Dans la chanson française, si tu prends du Piaf ou du Brel, c’est parfait, là on recherche une esthétique dans les paroles, on est à la recherche de quelque chose de poétique. Dans le rock, c’est la musique qui prime. Les Beatles peuvent chanter des conneries genre «on vit tous dans un sous-marin jaune»… déjà tu vois, en français, ça passe tout de suite moins bien, mais c’est parce que c’est la musique en premier et les paroles après. Bref, pour moi, dans le rock les paroles sont moins importantes. Donc voilà, pas de français. Même si ce serait bien de réussir à le faire…


RMM: S’il y avait une chanson à écouter en particulier dans l’album, laquelle choisiriez-vous?

S: J’hésite entre « Killing Me » et « Back In Town« … On a choisi « Back In Town » comme premier single, donc pour moi ce serait celle-ci. Elle résume bien l’album. Il y a l’énergie de Blackrain et il y a de la mélodie. Mais bon… C’est assez difficile de restreindre l’album à une seule chanson en sachant qu’on fait exprès d’avoir un panel de chansons très variées. Mais voilà…c’est une question de goûts.

M: En plus maintenant quand on écoute de la musique, c’est par playlist. C’est plus rare qu’on écoute un album dans son intégralité. Du coup, quand on fait un album, on le pense comme une playlist. On ne veut pas faire comme un CD d‘AC/DC à l’époque, avec dix chansons qui se ressemblent toutes. Et je pense que c’est quelque chose d’assez particulier qui est devenu un peu notre marque de fabrique.

S: Et le truc, c’est qu’on a vécu les deux époques. Quand on était gamins, il n’y avait pas internet, donc on a connu l’excitation d’un album qui allait sortir. On avait un morceau à écouter, un seul single donc on avait hâte d’entendre le reste. Et puis quand on achetait et qu’on se passait l’album, on écoutait vingt fois le truc pour être sûr d’avoir tout bien entendu. Souvent on était quand même déçus (rires), parce que la chanson que tu avais entendu, bah c’était la meilleure. Puis après Internet est arrivé, cela nous a permis de découvrir plein de trucs, de voir toutes les anciennes vidéos qu’on avait loupées car ce n’était pas de notre génération, et qui nous ont beaucoup influencées dans la direction musicale de Blackrain, comme tous les clips de Mötley Crüe, de W.A.S.P, etc.

 


RMM : Vous avez tourné avec de très grands groupes tels que Scorpions, Europe ou encore Alice Cooper. Quelles expériences en avez-vous tiré et si vous deviez choisir un groupe avec qui tourner, qui choisiriez-vous ?

M: La réponse en ce moment est évidente, ce serait Guns’N’Roses avec la reformation. Si tu demandais à n’importe qui, ils te répondraient tous la même chose. Ce sera l’un des plus gros trucs qui va arriver dans le rock, voire le dernier truc. Sinon, ce qu’on a retenu des premières parties… Bah quand tu arrives, que tu as joué seulement dans des clubs, et que tu débarques sur une scène devant 15000 personnes, ça fait très bizarre !

S: C’est une autre façon de travailler car c’est une grosse machine. C’est complètement différent. On est toujours stressé. Mais quoiqu’il arrive, que tu joues devant 30 personnes ou 150000, quand tu montes sur une grande scène, comme pour Scorpions, les sensations sont quand même différentes.

M: Il y a un phénomène qui est génial. Je me souviens c’était a la halle Tony Garnier à Lyon, il y avait notre intro qui démarrait, les gens étaient en train de crier parce qu’ils pensaient que Scorpions démarrait son set (rires), et après on est monté sur scène, et la tu sens ce moment où il y a un petit vide genre «ah ouais c’est juste eux» (rires) et puis ça reprend petit à petit. C’est le but de toute façon, de te dire qu’à la fin tu sors victorieux, parce que les gens ne sont pas venus pour toi. Donc si à la fin les gens ont l’air d’avoir apprécié, c’est que tu as réussi ton coup… et c’est un boulot, ce n’est pas facile. C’est plus difficile que lorsqu’ils viennent pour toi.


RMM : Y a-t-il artiste venant d’un univers complètement différent avec lequel vous aimeriez collaborer ?

S: Je pense que ce qui serait le plus intéressant et plaisant pour nous, ce serait quelqu’un comme Lady Gaga.

M: C’est sûr et certain.

S: Déjà elle est très influencée par le rock et cela s’entend dans ses mélodies. Elle a des titres super bons…

M: Il ne manque qu’un truc à Lady Gaga, c’est le rock’n’roll !

S: Et les guitares (rires)… Mais qu’elle a sur scène !

M: Mais sinon elle a tout…

S: C’est le show le plus rock’n’roll que j’ai vu.

M: D’ailleurs, une question avait été posée à Philippe Manœuvre «Y-a t’il un héritier a David Bowie?», et c’est évident que c’est Lady Gaga. Déjà pour sa courte carrière, elle a accompli un nombre incroyable de choses. Même ce qu’elle fait, en plus, dans des séries, comme actrice, c’est dingue. Là en réécoutant des titres comme «Bad Romance» (réfléchit)… Bon ce sont des titres qui étaient déjà vieillis, car influencés par les années 90, l’eurodance et tout, mais tu te disais «ouais c’est quand même dur», les orchestrations sont quand même pourraves.

S: Ah justement, je suis retombé dessus, et j’ai pas du tout eu cette impression là. Moi, je trouve que c’est une des meilleures chansons

M: Non mais elle est vachement bien, mais avec plus de guitares, plus de «boom boom»… Elle peut faire bien mieux.

S: Pour ça, il va falloir attendre qu’on collabore. (rires)


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RMM: Mötley Crüe ou Twited Sister?

S: Je dirais Möltey Crüe.

M: Moi je dirais quand même Twisted Sister pour le show. Mötley Crüe, à écouter, mais Twisted Sister à voir sur scène. Même si Mötley c’est un show également, personne ne sait tenir un public mieux que Dee Snider.

S: On les a vus plusieurs fois à plusieurs endroits, et c’était toujours aussi génial.

M: Il n’a besoin de rien. C’est toujours la fête avec lui

S: Il arrive à faire lever un stade entier super facilement !

M: Mais après, j’écouterais quand même moins Twisted Sister que Mötley Crüe.

S: C’est indéniable qu’il y a moins de bonnes chansons dans la longévité chez Twisted que chez Mötley!

RMM : Aerosmith ou KISS ?

M: Aerosmith

S: Ah c’est difficile.

M: Non mais KISS sur scène c’est génial, j’avais été super impressionné ! Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi incroyable. Quand je les ai vu la première fois, je m’attendais vraiment à ce que ce soit un show un peu à la con, mais pas du tout. Et ce qui est bien, c’est qu’il n’y a pas de play-back et quand tu vois Paul Stanley s’accrocher a sa tyrolienne et traverser la fosse, tu ne t’en remets pas… Si tu regardes bien, tu vois que personne ne l’a accroché, il y va sans sécurité, avec des platform shoes de 15 cm… Ces mecs sont timbrés, ils y vont sans artifices.

RMM: Iron Maiden ou Saxon ?

M & S : Iron Maiden

M: Mais je signe sur le label de Saxon (rires)

RMM : Judas Priest ou King Diamond ?

M: Judas parce qu’ils ont tellement de bonnes chansons, même si King Diamond est le précurseur de tout le grimage de Black metal, il ne faut pas l’oublier !

RMM: Slayer ou Megadeth ?

M: Megadeth sans hésiter. Dave Mustaine est un génie, c’est un tueur. C’était même le génie de Metallica pour moi. Si tu me demandes Metallica ou Megadeth, je te répondrais Megadeth.

 

Merci a Swan et MatH de Blackrain , Olivier Garnier de Replica Promotion et à Ambre .