Interview avec Myles Kennedy et Mark Tremonti du groupe Alter Bridge
Entretien avec Myles Kennedy et Mark Tremonti à propos du nouvel album éponyme d’Alter Bridge sorti le 9 janvier 2026 chez Napalm Records
Interview réalisée par Gaëlle à l’occasion de la journée organisée par Olivier Garnier de Replica Promotion
Photo Gaëlle
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Rock Metal Mag : Tout d’abord, le nom de votre nouvel album est simplement AB. Diriez-vous qu’il s’agit d’un retour à l’essence même de votre identité ?
Myles Kennedy : C’est le mot que j’utilise depuis quelques jours, »l’essence ». Parce que tout au long de notre carrière, nous avons toujours eu cette essence qui repose sur un certain type de riffs et de mélodies, ainsi que sur des thèmes et une profondeur lyriques. Sur certains albums, nous privilégions certains styles de production. Nous intégrons peut-être des synthés ici et là, parfois quelque chose de plus dynamique, mais cet album visait vraiment à rester fidèle à notre identité et à développer le fil conducteur qui traverse tous nos albums, à nous appuyer dessus. C’est comme si on explorait plus en profondeur cette essence.
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Rock Metal Mag : La pochette, quant à elle, est blanche et minimaliste. Est-ce une sorte de réponse à AB III, qui était toute noire ?
Mark Tremonti : Je trouve que le visuel épuré de l’album est parfaitement en accord avec son titre. En fait, il ne faut pas trop s’attarder sur la pochette, il faut plutôt écouter la musique. Mais j’adore le style de cette pochette !
Quand on l’a vu, on a tout de suite aimé. Et j’espère bien voir des gens se faire tatouer ça… C’est très probable en fait ! Et bien effectivement, on laisses la musique parler d’elle-même.
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Rock Metal Mag : Sur »Trust in Me » et »Tasted and Able », vous chantez tous les deux. Comment décidez vous généralement qui chante quelle partie ?
Myles Kennedy : On fait une joute vocale !
Mark Tremonti : Depuis Fortress, c’est devenu une sorte de rituel. J’ai l’occasion de chanter donc j’y vais. J’adore ça et c’est très pratique en concert. Par exemple, si Myles est malade, je peux toujours chanter quelques chansons pour le soulager.
Mais comme je l’ai dit, j’adore chanter. Je pense que les fans apprécient la diversité et la dynamique au sein d’un groupe.
Sur cet album, il y avait une mélodie dans la chanson »Trust in Me » qui était vraiment amusante à chanter. C’était hors de la tessiture de Myles, alors j’ai dû la chanter. Mais à l’origine, on la chante une octave plus haut. Je m’en tiens à ça. J’ai chanté dans mon téléphone la mélodie du refrain que j’adorais pour cette chanson, et il m’a dit : »C’est beaucoup trop aigu ». Alors je l’ai chantée une octave plus bas. Accordez la chanson un ton plus haut, chantez la une octave plus bas, et ça sonne parfaitement. Quand il chante une octave plus bas, je ne pense pas que ce soit aussi naturel pour lui que lorsque je chante.
Myles Kennedy : Personnellement, quand je chante plus bas, ce n’est pas dans ma tessiture.
Pour les refrains, tu veux cette puissance. Je peux le chanter, mais je n’arrive pas à lui donner ce petit plus, à le dynamiser. Ou alors c’est plus fort, et lui, il peut le faire parce que c’est là qu’il a une voix plus aiguë.
Mark Tremonti : Oui, on ne veut pas que lorsque le refrain arrive, on ait l’impression de chanter juste pour faire joli. Du coup, moi, je force un peu. Mais pour »Tested and Able », c’était prévu que je chante cette chanson.
Au départ, je devais même chanter le refrain et j’avais commencé à m’y préparer. Mais j’ai eu un rhume ou je ne sais quoi, et je n’ai pas pu chanter en studio à ce moment-là. J’avais cependant enregistré une petite maquette que je comptais reprendre plus tard.
Par précaution, Myles l’a chanté. Et quand je l’ai entendu, je me suis dit : »Oh, c’est génial ! ». Donc on l’a gardé comme ça ! C’est un autre bon exemple de la possibilité de se relayer au chant. Et puis, quand on a enregistré ce morceau, je me suis dit : »Myles pourquoi tu ne ferais pas le solo ? ». J’aime chanter, il aime jouer de la guitare, alors on partage. C’est un équilibre.
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Rock Metal Mag : »Slave To Master » est comme un voyage. C’est le morceau le plus long de l’album. Quelle est son histoire ?
Myles Kennedy : Au départ, j’avais quelques idées que j’ai rassemblées pour un morceau d’environ quatre minutes. Et là, j’ai compris qu’il fallait l’orienter différemment, alors je l’ai présenté aux gars. Mark avait une super partie centrale, ainsi que cette très belle progression d’accords. On pouvait y ajouter une mélodie, et on pouvait aussi y jouer des solos.
C’est à ce moment-là que la chanson est passée de quatre minutes, à cinq minutes, puis enfin à neuf minutes.
Les paroles traitent essentiellement de la façon dont l’IA va transformer nos vies et de la manière dont nous allons devoir nous adapter. C’est donc un peu dystopique. Il s’agit d’envisager les possibilités, de ne pas se contenter du pire scénario, comme dans Terminator.
D’ailleurs on jouera ce morceau en live parce que l’on veut faire ces longs solos de guitare sur scène.
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Rock Metal Mag : Globalement, cet album est assez long comparé à ce qui se fait actuellement, des formats courts taillés pour les radios. Vous allez donc un peu à contre-courant. Est-ce un choix personnel ?
Myles Kennedy : Au fil des ans, on m’a dit que le secteur évoluait. Les gens ressortent des singles et des EP juste pour promouvoir une tournée. Mais je déteste cette idée. J’aime faire des albums complets.
C’est ce que nous faisons depuis notre plus jeune âge. Nous écoutons des albums en entier, surtout grâce à Frank Sinatra. Il a été le premier à définir la durée standard d’un album. Je ne sais plus en quelle année c’était mais l’album s’appelle »In the Wee Small Hours »…. Probablement début des années 50. (ndlr : 1955)
Bref, on adore les albums et je n’aime pas trop sortir des singles. Ou alors, j’aurais préféré que notre album entier soit un single. !
Parce que l’album dans son entièreté dégage une atmosphère que j’aimerais que les gens perçoivent d’un coup. Tandis que, quand on sort des singles, les gens s’imaginent que l’album sera comme ci ou comme ça. Non, je préfère que tout le monde l’écoute en une seule fois. Mais ça ne marche pas vraiment comme ça dans ce milieu…
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Rock Metal Mag : Et du coup, il vous arrive encore de passer à la radio ?
Myles Kennedy : On nous écoute encore. On est obligé de les menacer ! (rires)
Alter Bridge est un groupe un peu compliqué pour la radio. Parce qu’on ne passe pas toujours nos morceaux préférés… Je pense notamment à « Silent Divide », notre premier titre qui est pourtant assez court comme morceau. Mais même si on nous écoute beaucoup, du moins aux États-Unis, ça ne colle pas vraiment avec ce que les radios aiment. Il faut prendre des décisions !
Quand l’album Fortress est paru en 2013 et après la sortie du premier single, on voulait déjà envoyer le suivant. On a vraiment insisté. On voulait envoyer un morceau de six minutes à la radio ! Notre entourage nous dit que la radio ne le passerait peut-être pas. Parfois, sans vouloir dire que l’on est têtu, je dirais que l’on sait ce que l’on veut ! On campe sur nos positions, envers et contre tous.
Il y a une comparaison que je fais souvent des musiciens avec les acteurs de cinéma. Certains groupes écrivent des chansons comme si ils étaient acteurs ou pour un studio de cinéma, dans le but de faire des blockbusters, comme les films de super-héros. Ils connaissent la formule qui va fonctionner dans ce format et qui va faire un carton au box-office. Et puis à côté, il y a les acteurs qui veulent faire des films indépendants, avec des films qui traitent d’un sujet précis et qui ne plairont pas forcément à tout le monde. Donc, j’ai l’impression que, pendant la majeure partie de notre carrière, nous avons été attirés par le cinéma indépendant. Et nous avons eu la chance que certains de nos petits films soient distribués.
Notre but n’a jamais été de devenir un gros nom connu du grand public. Il s’agit de faire la musique que l’on a envie de faire, même si cela signifie que l’on n’aura pas la même visibilité que les groupes qui composent des morceaux de trois minutes. Nous faisons de la musique par amour de l’art.
Mark Tremonti : Il ne s’agit pas de se dire : »Tiens, écrivons cette chanson pour devenir des superstars ». Écrivons plutôt une chanson parce que nous l’aimons ! Nous avons tous vécu tellement de choses. Nous avons eu le privilège de jouer dans des salles exceptionnelles et avec des musiciens de grand talent. Maintenant, je pense que l’on a mérité de pouvoir jouer ce que l’on a envie de jouer et d’écouter ce qu’on a envie d’écouter. Si tout le monde fait pareil, il n’y aura plus de problèmes de ce genre.
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Rock Metal Mag : À ce stade de votre carrière, qu’est-ce qui vous surprend encore chez l’autre ?
Mark Tremonti : Voyons voir… Myles est courageux. Oui, c’est un homme très courageux, qu’il le veuille ou non. Quand j’ai vu la vidéo de Myles lors de sa prestation au Rock and Roll Hall of Fame, je me suis dit : »Quelle pression ça doit être pour lui! ». Ou encore, quand Jason Bonham l’a appelé pour qu’il rencontre les membres de Led Zeppelin et fasse des jam sessions. Il faut du cran pour faire ça. Quand on le voit jouer, on a juste envie de dire d’y aller et de le suivre ! Franchement, je ne suis pas aussi brave que lui.
Myles Kennedy : Oh je ne suis pas si courageux que ça ! J’ai dû le faire, c’est tout. Je ne voulais pas les décevoir. Mais je suis content d’entendre ça car en fait, j’étais vraiment terrifié. C’est intéressant venant de Mark, qui a aussi fait de sacrés trucs ! Je ne plaisante pas. Quel courage de s’attaquer à Frank Sinatra et de chanter du Frank Sinatra avec son orchestre. Lui il l’a fait ! C’était un pari risqué pour une œuvre de charité. Non seulement il a réussi, mais surtout, il a récolté des centaines de milliers de dollars pour une bonne cause. Une démarche véritablement altruiste.
Si on m’avait dit, au début de notre collaboration, que cela prendrait cette tournure, j’aurais été sidéré. Ce type va chanter du Frank Sinatra ? Je suis vraiment fier de lui. Je suis fier de ce gamin qui a bien grandi.
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Rock Metal Mag : Comment entretenir la flamme créative sans tomber dans la routine, ni se complaire dans sa zone de confort ?
Myles Kennedy: Je pense qu’il faut aborder les choses de manière créative. Sur cet album, pour insuffler un vent de fraîcheur, on a notamment été aux studios 5150. On s’est immergé dans cet environnement pour puiser l’inspiration ailleurs, changer d’atmosphère, changer notre façon d’aborder les choses. Il faut le faire constamment, tout en restant inspiré. L’inspiration est primordiale.
Il ne faut pas s’arrêter d’écrire. Il faut le faire sans relâche. Rester fidèle à sois même. Ne jamais écrire pour une autre personne que vous-même et votre groupe. Il faut continue de créer.
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Rock Metal Mag : Comme tu l’as dit, tu as enregistré cet album en Californie aux studios 5150 d’Eddie Van Halen à Los Angeles, , et également en Floride. Ces lieux ont-ils influencé le son final et votre état d’esprit pendant le processus créatif ?
Myles Kennedy : Absolument ! Eddie Van Halen, c’était un peu mon idole. C’est pour ça que j’ai commencé la guitare. Je l’ai découvert quand j’avais 13 ou 14 ans. Savoir que l’on va pouvoir entrer dans le studio où il a créé toute cette magie… Mon Dieu, quelle chance ! Quand on a une telle opportunité, on a envie de se surpasser. On a envie de proposer ses meilleures idées. La dernière chose que nous souhaitions, c’était d’arriver dans ce lieu mythique, berceau de certains des plus grands riffs de tous les temps, avec de mauvaises idées. Il a eu une grande influence sur nous.
Mark Tremonti : Ce n’était pas stressant car Wolfgang est un ami très cher. Il fait partie de la famille maintenant. C’était parfaitement confortable car nous étions entourés de gens que nous connaissons et aimons. Il n’y avait que nous, Wolfie, Elvis, Jeff et notre ingénieur du son. On a eu de la chance d’ailleurs car Alex Van Halen est passé nous saluer. C’était tout simplement génial. Nous étions seuls dans cet espace incroyable.
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Rock Metal Mag : Concernant votre discographie, vous avez navigué entre espoir et lutte. Pour AB, qu’avez-vous voulu mettre davantage en avant ?
Myles Kennedy : C’est sombre… Au niveau des paroles, c’est assez sombre et intense. On pourrait presque dire que c’est agressif. Il y a une part de colère. Mais parfois, dans la vie, on se retrouve dans des situations toxiques. Il faut se demander comment aborder au mieux ce problème. Parfois, la meilleure solution est de prendre du recul. C’est comme un fossé silencieux. Il suffit de maîtriser ses émotions et de ne pas réagir.
Beaucoup de ces chansons abordent ce sujet. Elles traitent des circonstances malheureuses qui peuvent survenir et auxquelles on préférerait ne pas avoir à faire face. Il faut trouver comment gérer cela. Il faut réfléchir à la façon dont on va gérer la situation. On ne peut pas simplement l’ignorer. Car cela pourrait vraiment nous prendre au dépourvu et nous amener à faire quelque chose de regrettable.
Mark Tremonti : Je me disais justement qu’aujourd’hui, c’est tellement différent. Avant, si une situation toxique survenait, il suffisait de s’en éloigner et le problème disparaissait. On pouvait simplement se dire que cette personne ne méritait pas du temps et de l’attention. De nos jours, cette personne peut aller sur les réseaux sociaux et parler de vous. Elle peut encore vous harceler. C’est un monde différent auquel il faut s’adapter maintenant. Mais, c’est plus facile à dire qu’à faire…
Myles Kennedy : Et certains peuvent littéralement inventer des choses. C’est ça qui est effrayant avec Internet. On peut inventer n’importe quoi. Et c’est encore pire avec l’IA. Ils peuvent créer tant de choses dangereuses que l’on pourrait en parler pendant des heures ! De nombreux artistes et personnalités publiques sont aujourd’hui confrontés à des escrocs qui se font passer pour eux et leur soutirent de l’argent. Les victimes pensent alors être en contact avec vous et se sentent lésées, alors que vous n’y êtes pour rien. On ne s’en rend compte que lorsque l’on atteint un certain stade. Et avec l’IA, ça ne fera qu’empirer. C’est vraiment dommage.
Mark Tremonti : Avant l’IA, il y avait un usurpateur d’identité qui volait des cartes de crédit et qui a été emprisonné. Puis il est ressorti de prison et a recommencé. Il ne me ressemble absolument pas. Ce qui est drôle, c’est que quand je vais à la plage, je n’ai pas droit à des chambres d’hôtel gratuites, ni à des consommations offertes, ni à tout ça. Lui, il profite de tout le luxe. Et je me disais que c’est comme s’il se prenait pour moi, alors que ce n’était pas moi.
Myles Kennedy : Il faut que tu travailles là-dessus. Tu pourrais te payer un séjour agréable au Four Seasons ! (rires)
Rock Metal Mag : De toute façon vous préférez avoir une vie tranquille ?!
Mark Tremonti : Oui carrément ! Je pense que Myles et moi avons la chance de pouvoir faire carrière dans la musique et de jouer devant des milliers de personnes partout dans le monde. Mais nous pouvons aller dîner tranquillement. Nous pouvons y aller en famille. Nous pouvons aller au cinéma. Et puis il y a plein d’autres musiciens, comme Slash, qui est tellement reconnaissable. C’est un autre monde.
Nous avons un mode de vie plus agréable par rapport à ça.
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Rock Metal Mag : Vous avez chacun vos projets solo. Comment concilier ces deux parcours créatifs sans qu’aucun ne prenne le pas sur Alter Bridge ?
Myles Kennedy : Personnellement, j’apprécie le travail en solo. Le premier album était acoustique. Le second était plus dans le style Americana, toujours avec de l’acoustique. Le troisième était encore un peu dans le style rock and roll blues. Contrairement à ce que l’on fait maintenant, c’est plus lourd, avec des accords plus graves et tout ça. Du coup, j’ai l’impression que, globalement, ça ne nous gêne pas.
De temps en temps, il y a une idée et c’est comme si ça pouvait appartenir aux deux univers. Mais c’est agréable, car les sonorités sont bien distinctes. Et je n’ai jamais l’impression qu’un univers puisse empiéter sur l’autre.
Mark Tremonti : Oui, je pense que c’est une excellente opportunité pour nous de pouvoir faire ça, car nous avons des influences différentes que nous voulons mettre en avant. Et moi, c’est le speed metal. J’adore le speed metal. C’est avec ça que j’ai grandi ! C’est ce qui a vraiment fait germer en moi la passion de la musique. Alors quand je jouais et que je proposais des trucs aux autres, ils me regardaient comme si j’étais complètement fou de jouer ces idées, surtout notre section rythmique. Alors je disais : »Très bien, je vais prendre ça et l’intégrer à mon autre groupe ».
Et c’est ce qui rend notre relation saine, car nous avons d’autres sources d’inspiration. Ces gars-là n’aiment peut-être pas le jazz des grands orchestres. Je sais que Myles, lui, adore. Nous avons la chance d’expérimenter d’autres styles et de revenir à Alter Bridge pour que le groupe retrouve toute sa fraîcheur.
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Rock Metal Mag : Je suis curieuse. Qu’est-ce qui vous a poussé à jouer de la musique ?
Mark Tremonti : Quand j’ai commencé, c’était comme un appel, ça faisait des années que ça durait. C’était quand j’écoutais Human Touch de Rick Springfield, et que ça se terminait par le riff ! J’ai trouvé ça absolument génial ! Cette guitare est vraiment cool. Le premier disque que j’ai acheté, c’était Love Stinks de J. Geils Band, parce qu’il y avait ce solo de guitare. Le groupe Boston le faisait souvent aussi. J’étais fasciné par cette guitare isolée, cette guitare saturée et puissante. J’ai donc demandé une guitare pour Noël à mes parents. J’allais au grand magasin où ils vendaient une guitare avec un haut-parleur intégré, une vraie daube. J’avais beau les supplier, je ne l’ai jamais obtenu. Ça a duré deux ou trois ans, je crois.
Et je me souviens de mon pote qui avait un grand frère guitariste. C’était un punk. Il écoutait du punk et se la jouait gros dur. Je lui ai demandé la guitare de son frère mais il m’a répondu que ce n’était pas possible et que son frère lui mettrait une raclée. Du coup, j’en avais encore plus envie ! Puis un jour, un de mes autres potes allait s’acheter une nouvelle guitare. Il m’a donc vendu l’ancienne pour 10 dollars. J’ai eu une Les Paul Tara noire, imitation de Les Paul, pour 10 dollars.
Et j’ai commencé à jouer, sans jamais prendre de cours. En fait, j’ai pris un cours une fois mais j’ai détesté, alors je n’y suis jamais retourné. J’ai commencé avecconcert le pouce, puis j’ai appris la guitare petit à petit. Mais l’un des plus beaux compliments qu’on puisse recevoir en tant que guitariste, c’est : »Quand j’entends quelque chose, je sais que c’est toi, parce que je reconnais ton son ». Je pense que lorsqu’on aborde la guitare en expérimentant, en créant et en apprenant seul, sans influence extérieure, c’est comme ça que l’on y arrive, et c’est comme ça que j’ai fait. On est nul pendant une vingtaine d’années avant de devenir bon !
Myles Kennedy : De mon côté, ma mère y est pour beaucoup. Elle n’a pas eu la chance de jouer d’un instrument alors qu’elle en rêvait étant enfant. Un soir, alors que j’avais 10 ans, elle m’a dit : »Chéri, demain le magasin de musique vient à l’école et ils proposent un service de location. J’aimerais que tu ailles choisir un instrument pour qu’on puisse t’en louer un et que tu puisses jouer dans l’orchestre de l’école ». Moi, je voulais juste faire du sport car à l’époque la musique ne m’intéressait pas du tout. Elle m’a répondu : »Je n’ai pas eu cette chance, alors j’apprécierais vraiment que tu essaies ».
Voilà comment tout a commencé ! Et heureusement, malgré le peu d’argent disponible, elle a tenu à ce que ça marche, et je lui en serai toujours reconnaissant. Car plus tard, quand j’ai découvert le rock and roll et que j’ai eu envie de jouer de la guitare, j’ai posé les bases de ma formation musicale.
Mon père biologique, décédé quand j’étais enfant, était très jeune, mais il avait commencé à jouer de la guitare avant sa mort. J’ai donc trouvé cette guitare classique bon marché dans le placard et j’ai commencé à m’amuser avec. Et d’ailleurs, j’ai toujours cette guitare ! C’est ma guitare préférée. Mais comme la trompette a toujours fait partie de ma vie et que je comprenais la musique, j’ai appris très vite à jouer de la guitare.
Mark Tremonti : Oh la trompette a aussi été mon premier instrument. Le prochain album d’Alter Bridge sera consacré à la trompette (rires) !
Rock Metal Mag : Pourquoi pas ? Trompette rock !
Myles Kennedy : Oui bien vu, trompette rock (rires) !
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Rock Metal Mag : À quoi peut-on s’attendre pour vos prochains concerts ? Vous avez beaucoup de chansons désormais.
Myles Kennedy et Mark Tremonti : De la trompette !
Mark Tremonti : Une chose est sûre, nous avons une programmation exceptionnelle. Je conseille toujours aux gens d’arriver tôt au concert et de ne surtout pas rater nos premières parties ! Seven Dust est le premier groupe et il est carrément formidable. On lui demandait de venir depuis un moment et enfin il vient ! En ce qui nous concerne, on sera simplement quatre gars qui font ce qu’ils aiment, avec une production de très bonne qualité. Notre ingé lumière est incroyable, c’est l’un des meilleurs au monde. Mais on se concentre surtout sur la musique. Je pense que ce sera un bon spectacle, vraiment réussi. On n’a pas encore établi la setlist car on a encore un peu de temps.
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Rock Metal Mag : Enfin, si l’album ne devait laisser qu’un seul message aux fans, quel serait-il ?
Myles Kennedy : Arrête toi, respire et réfléchis. Ce serait la finalité de l’album ! Autrement dit, lorsque vous vous trouvez dans une situation conflictuelle et que vous vous laissez entraîner dans un drame, prenez le temps de réfléchir aux conséquences et écoutez votre bon sens. Faites preuve de maturité.
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Merci à Myles Kennedy et Mark Tremonti pour cette interview
https://www.facebook.com/alterbridge
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Retrouvez notre chronique d’AB sorti le 9 janvier dernier : https://rockmetalmag.fr/alter-bridge-album-eponyme-a-b/













