Live report du Sylak Open Air : Dimanche 2 août : Jour 3 avec : Cage Fight, Reverend Beat-Man & Milan Slick, Misery Index, Slomosa, Agnostic Front, Terror, Orden Ogan, Dark Tranquillity, Black Label Society
Sylak Open Air : Dimanche 2 août : Jour 3
01800 Saint Maurice de Gourdans
Live Report complet : David Dwidou Photography

SYLAK OPEN AIR 2026 – Jour 3 : jusqu’au dernier riff
Dernier jour au SYLAK. Après deux journées déjà bien chargées sous un soleil de plomb, les organismes commencent à accuser le coup. Mais le programme de ce dimanche ne laisse pas vraiment le temps de penser à la fatigue. La chaleur est toujours au rendez-vous, les décibels aussi, et il reste encore une belle série de concerts à découvrir avant de refermer cette quatorzième édition.
Une journée particulièrement éclectique, qui va nous faire passer du Hardcore au Death Metal, du Stoner au Power Metal, du Melodic Death jusqu’au Heavy Rock de Black Label Society. Bref, de quoi terminer le week-end avec quelques bonnes doses de décibels supplémentaires.
Cage Fight (13h30 – 14h10)
On commence fort avec Cage Fight. Le quartette anglais emmené par la française Rachel Aspe ne met pas longtemps à installer le décor : riffs massifs, breaks bien lourds et une fosse qui se met rapidement en mouvement malgré une chaleur déjà particulièrement présente. La chanteuse impose immédiatement sa présence. Entre screams, growls et passages plus clairs, son registre vocal est suffisamment large pour éviter toute monotonie.
Le groupe, lui, déroule une rythmique en béton et des compositions taillées pour le live. Le passage de Julien Truchan, venu rejoindre Cage Fight sur « Pick Your Fighter », constitue évidemment l’un des moments forts. Le chanteur de Benighted vient ajouter sa dose de violence avec quelques « pig squeals » bien sentis, avant que le Circle Pit ne soit lancé.
La machine est désormais bien chaude. Un second invité, Benjamin Nominet (ex-Sybreed) vient ensuite compléter la prestation, mais c’est surtout l’énergie générale du concert qui marque. Rachel Aspe maîtrise parfaitement son rôle de frontwoman et n’hésite pas à aller chercher le public jusque dans les premiers rangs. Cage Fight ne pouvait guère faire beaucoup mieux et a convaincu haut la main les festivaliers.
Line-up :
Rachel Aspe : chant
Dave Runham : guitare
Will Chain : basse
Nick Plews : batterie
Setlist :
Oxygen
Guillotine
Pick your fighter (feat Julien Truchan )
Deathstalker
Un bon souvenir
One minute (feat Ben nominer)
The Hammer crush
Eating me alive
Pig
Reverend Beat-Man & Milan Slick (14h40 – 15h20)
Après cette première déferlante, le SYLAK prend une direction pour le moins inattendue avec Reverend Beat-Man & Milan Slick. Deux musiciens seulement sur scène, mais un univers particulièrement dense. Guitare rugueuse, rythmiques dépouillées, sonorités Blues et Rock’n’Roll primitif : le duo n’a clairement pas besoin d’une armada de musiciens pour imposer son identité.
Reverend Beat-Man occupe la scène avec une présence complètement décalée, quelque part entre le prédicateur possédé et le vieux briscard du Rock underground. Milan Slick apporte une autre dimension au projet, plus sombre et introspective. Le résultat est forcément particulier, parfois dérangeant, souvent amusant, mais surtout terriblement vivant. Le duo n’hésite d’ailleurs pas à envoyer quelques tacles bien sentis à l’industrie musicale et aux dérives de l’époque numérique.
Derrière le côté provocateur, il y a surtout une vraie liberté artistique. Et finalement, cette pause loin des gros murs de guitares fait beaucoup de bien. Une musique brute, sans maquillage, qui rappelle que le Rock’n’Roll peut encore être sale, imprévisible et parfaitement réjouissant.
Line-up :
Beat Zeller : chant, guitare
Milan Slick : batterie, clavier
Setlist :
I Want To Fuck You Baby
I Found Out
Junkie Child
Seduce
Stick Your Algorithm Up Your Arse
Slave To The Phone
Jesus Christ Twist
What Is Wrong With Those People In This World Today
Order
Shut Up
The Pope Is Dead
Fuck You Jesus Fuck You Oh Lord
Misery Index (15h45 – 16h30)
Retour à la violence avec Misery Index. Le Death Metal teinté de Grindcore des Américains ne fait pas vraiment dans la dentelle. Les blasts s’enchaînent, la double grosse caisse mitraille et les riffs viennent découper l’espace avec une précision impressionnante. La rythmique est particulièrement solide. Un véritable rouleau compresseur qui avance sans jamais perdre le contrôle. Les accélérations sont brutales, les breaks tombent au millimètre et l’ensemble dégage une impression de puissance parfaitement maîtrisée.
Techniquement, difficile de prendre Misery Index en défaut. Les musiciens connaissent parfaitement leur sujet et déroulent leur set avec une efficacité redoutable.On a affaire à un groupe au niveau technique élévé. Les amateurs du genre semblent particulièrement bien profiter de la leçon.
Line-up :
Jason Netherton : chant, basse
Mark Kloeppel : guitare, chant
Adam Jarvis : batterie
Darrin Morris : guitare
Setlist :
We never come in peace
Theocracy
The Carrion Call
Defector
Fed to the Wolves
Feral Future
The Calling
Conjuring the Cull
The Spectator
Heirs to Thievery
Traitors
Slomosa (17h00 – 17h45)
Avec Slomosa, changement de paysage musical. Le Stoner des Norvégiens apporte une atmosphère nettement plus respirable, bien que le soleil impitoyable et la poussière dégagée du pit nous fait croire que l’on est en plein désert. L’atmosphère fait donc glisser le « Tundra Rock » de Slomosa vers un Desert Rock beaucoup plus brûlant.
L’uivers du groupe mélange riffs lourds, fuzz généreux, mélodies accrocheuses et quelques influences Grunge. Une recette qui fonctionne immédiatement devant la scène. Après le déluge sonore de Misery Index, le groove de Slomosa fait particulièrement du bien. Les morceaux prennent leur temps, les guitares respirent et le groupe installe progressivement son univers de manière inspirée.
Slomosa fait partie de ces découvertes du week-end qui méritent clairement d’être retenues. Un set généreux, efficace, avec juste ce qu’il faut de lourdeur et de mélodie pour accrocher immédiatement.
Line-up :
Benjamin Berdous : chant, guitare
Marie Moe : basse
Tor Erik Bye : basse
Jard Hole : batterie
Agnostic Front (18h15 – 19h00)
Le SYLAK retrouve ensuite une vieille connaissance du Hardcore avec Agnostic Front. Autant dire que les New-Yorkais n’ont pas besoin de beaucoup de temps pour rappeler qui ils sont. Roger Miret au chant, Vinnie Stigma à la guitare : deux figures historiques qui continuent de défendre leur vision du Hardcore avec une énergie qui force le respect. Pas de chichi, pas de détour inutile. Les morceaux vont droit au but et le public connaît parfaitement la recette.
La fosse s’anime rapidement et les premiers Circle Pits ne tardent pas à apparaître. Le groupe possède cette capacité à faire participer le public sans avoir besoin d’en faire des tonnes. Vinnie Stigma reste particulièrement actif sur scène, tandis que Roger Miret conserve cette présence de frontman qui lui permet de tenir la foule d’une main.
Le set passe évidemment par quelques classiques et réserve une belle surprise avec Blitzkrieg Bop, reprise des Ramones qui déclenche immédiatement les fameux « Hey ho, let’s go ! ». Une prestation à l’image d’Agnostic Front : directe, efficace et sans fioritures. Les « papys » du Hardcore ont encore quelques leçons à donner.
Line-up :
Vincent « Vinnie Stigma » Cappuccio : guitare
Roger Miret : chant
Mike Gallo : basse
Danny Lamagna : batterie
Craig Silverman : guitare
Terror (19h30 – 20h20)
Et puisque nous sommes lancés dans le Hardcore, autant continuer. A l’instar de la deuxième journée, les organisateurs ont donc programmé une doublette Hardcore pour secouer la fosse au plus chaud des deux jours. Terror arrive donc avec une réputation qui n’est plus à démontrer. Scott Vogel, le leader au chant, prend rapidement les commandes et pousse le public à se rapprocher. La fosse devient compacte, les slams se multiplient et le pit prend des proportions assez impressionnantes.
Terror, c’est du Hardcore qui se vit à quelques mètres des amplis. Une rythmique en béton, des breaks qui font mouche et un chanteur qui connaît parfaitement les codes du genre. Le groupe ne cherche pas la subtilité. Il cherche l’impact. Et il l’obtient. Un des concerts très remarqué de cette édition 2026. Une grosse claque, avec une énergie qui ne faiblit pratiquement jamais. Encore une fois, Terror a clairement tenu toutes ses promesses. A la hauteur des 4 légendes Hardcore présentes cette année : Madball, Biohazard, Agnostic Front et Terror donc !
Line-up :
Scott Vogel : chant
Nick Jett : batterie
Martin Stewart : guitare
Jordon Posner : guitare
Chris Linkovich : basse
Setlist :
Pain Into Power
Spit My Rage
Stick Tight
Still Suffer
One With The Underdogs
Overcome
Destruction Of My Soul
Hard Lessons
Cant Help But Hate
Fear The Panic
Always The Had Way
Lowest Of The Low
The 25Th Hour
Keep Your Mouth Shut
Keepers Of The Faith
Orden Ogan (20h50 – 21h40)
Après ces deux énormes doses de Hardcore, le changement de décor est radical avec Orden Ogan. Le Power Metal allemand arrive avec une scénographie beaucoup plus spectaculaire et une ambiance nettement plus théâtrale. Installant son atmosphère « Western » qui lui est chère. Les guitares harmonisées prennent rapidement possession de l’espace, les refrains sont taillés pour être repris en chœur et les lights donnent au concert une vraie dimension de grand spectacle.
Sebastian « Seeb » Levermann joue parfaitement son rôle de maître de cérémonie. Quelques interventions bien placées, beaucoup d’échanges avec le public et une succession de morceaux particulièrement efficaces. « Come With Me (To The Other Side) », « Inferno », « Heart of the Android » ou encore « The Order of Fear » permettent au groupe de dérouler son Power Metal massif. Les gerbes d’étincelles viennent encore ajouter une couche au spectacle.
Même si l’on est pas un grand amateur de Power Metal, il faut avouer que Orden Ogan sait vous embarquer dans son univers. C’est carré, mélodique, spectaculaire et surtout parfaitement pensé pour une grande scène. Une très belle surprise, n’hésitez pas à aller les voir lors de leur prochaine tournée en France en janvier 2027.
Line-up :
Sebastian « Seeb » Levermann : chant
Niels « Spoony » Löffler : guitare
Dirk Meyer-Berhorn : batterie
Steven Wussow : basse
Patrick Sperling : guitare
Setlist :
Fever
Conquest
Come With Me To The Other Side
Inferno
Heart Of The Android
The Order Of Fear
Gunman
Let The Fire Rain
The Things We Believe In
Dark Tranquillity (22h20 – 23h10)
La nuit est désormais bien installée lorsque Dark Tranquillity entre en scène. Et là, forcément, les lights prennent toute leur dimension. Les lumières découpent les silhouettes en ombres chinoise, les claviers épaississent l’atmosphère et les guitares viennent mêler agressivité et mélodies. Mikael Stanne reste évidemment le point central du spectacle. Le chanteur alterne sourires et intensité, tout en maintenant une vraie proximité avec le public.
Musicalement, les Suédois déroulent leur Melodic Death avec une maîtrise impressionnante. Les compositions sont parfaitement en place et l’alternance entre passages agressifs et envolées mélodiques fonctionne particulièrement bien. Visuellement, c’est également très réussi. Les lights sont aux petits oignons et apportent une vraie profondeur au show. Bien que ce soit un cauchemar pour les photographes…
Les amateurs de Death Metal Melodic auront clairement passé un excellent moment. Dark Tranquillity a déroulé un set très pro, à l’image de sa réputation.
Line-up :
Mikael Stanne : chant
Martin Brändström : claviers
Johan Reinholdz : guitare
Christian Jansson : basse
Joakim Strandberg Nilsson : batterie
Peter Lyse Karmark : guitare
Setlist :
The Wonders at Your Feet
Unforgivable
Cathode Ray Sunshine
Atoma
Nothing to No One
Terminus
Not Nothing
Punish My Heaven
Phantom Days
Lost to Apathy
Therein
Misery’s Crown
Black Label Society (23h50 – 01h00)
Et puis arrive le moment que beaucoup attendent, bien que celui-çi annonce la fin du Sylak : Black Label Society et son enigmatique leader Zakk Wylde viennent clôturer sur cette édition 2026. Dès que Zakk Wylde apparait quelques minutes avant d’entrer en scène avec ses 2 figurines catcheurs, l’ambiance change immédiatement après la noirceur de Dark Tranquillity. Les dernières minutes d’attente sont accompagnées par un mashup de Led Zeppelin et Black Sabbath avant que les premières cloches de Funeral Bell ne résonnent.
Et forcément, lorsque Zakk Wylde apparaît, difficile de ne pas avoir le sourire. Barbe monumentale, guitare portée très bas, allure de biker et présence immédiatement reconnaissable : le personnage est parfaitement en place. Derrière lui, la scénographie ne fait pas dans la demi-mesure. Crânes, mur d’amplis et esthétique très Heavy Metal composent un décor qui colle parfaitement à l’univers de Black Label Society.
Musicalement, on retrouve évidemment ce mélange de Heavy, de Hard Rock, de Blues et de Southern Rock qui constitue l’ADN du groupe. Les riffs sont lourds, le groove est massif et la guitare de Zakk Wylde occupe une place centrale. Funeral Bell, Name in Blood et Destroy & Conquer installent immédiatement la machine. Puis viennent les solos. Parce qu’un concert de Black Label Society sans grandes envolées de guitare ne serait évidemment pas vraiment un concert de Black Label Society.
Zakk Wylde profite de plusieurs passages pour rappeler qu’il demeure un guitariste à part, avec ce son reconnaissable entre mille et ce vibrato qui ne laisse guère de doute sur son identité. Même s’il en fait trop pour certain, c’est tout de même toujours jouissif de l’entendre en faire des caisses, comme un gamin pris la main dans le bocal de bonbon.
Et puis arrive « Stillborn » qui annonce la fin du show et donc la fin de cette édition. Le morceau attendu fait parfaitement le boulot. Le riff est énorme, le public répond présent et les dernières minutes prennent des allures de grande messe Heavy Rock. Les dernières notes s’étirent encore un peu dans la nuit avant que les amplis ne finissent par se taire. Le SYLAK 2026 vient de rendre les armes.
Line-up :
Zakk Wylde : guitare-chant
Dario Lorina : guitare
Jeff Fabb : batterie
John JD Deservio : basse
Setlist :
Funeral Bell
Name in Blood
Destroy & Conquer
Heart of Darkness
No More Tears (Ozzy Osbourne cover)
A Love Unreal
The Blessed Hellride
Set You Free
Fire It Up
Suicide Messiah
Stillborn
Difficile de résumer trois jours de SYLAK en quelques lignes. Il y a eu des découvertes, des confirmations, des claques, quelques moments plus surprenants, énormément de poussière et une quantité assez impressionnante de soleil. Mais surtout, une nouvelle fois, cette ambiance qui fait que le SYLAK reste un festival à part.
Une programmation capable de faire se croiser Death Metal, Hardcore, Stoner, Power Metal, Rock et Heavy sans que cela semble jamais incohérent. Un grand merci à toute l’organisation pour cette nouvelle édition, pour l’accueil et pour l’accréditation.
Et surtout, énorme respect aux bénévoles. Les Team Bar, Team Licorne, sécurité, technique, accueil, restauration et toutes les petites mains qui permettent au festival de fonctionner ont été essentiels et garant de cette édition réussie.
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Sylak Open Air : Vendredi 31 juillet : Jour 1 : https://rockmetalmag.fr/sylak-open-air-vendredi-31-07-jour-1/
Sylak Open Air : Samedi 1er août : Jour 2 : https://rockmetalmag.fr/sylak-open-air-samedi-1er-aout-jour-2/
































































































































































