Interview : Stubora au Hard Rock Café

Interview : Stubora au Hard Rock Café

Stubora a sorti son nouvel album «Horizon Noir» le mercredi 20 novembre 2019 et Rock metal Mag a pu s'entretenir avec Cyril, Mick et Niala au Hard Rock Café à Paris

Entretien avec Cyril, Mick et Niala du groupe Stubora au Hard Rock Café à Paris

De gauche à droite :
Cyril Beaudaux (Chant, Guitare) – Michael « Mick » Velasquez (Chant,basse) et Niala Sabel (Batterie)

Nouvel album «Horizon Noir» le mercredi 20 novembre 2019. Il est le successeur de « Résurrection » sorti il y a quatre ans.

Le groupe a déclaré :

« Aujourd’hui, nous dévoilons notre 5ème album, intitulé « Horizon Noir ». Nous n’avions jamais autant travaillé sur un album. Nous ne nous étions jamais autant challengés pour aller chercher le meilleur de nous-mêmes. Nous espérons profondément que vous apprécierez ces 13 nouveaux titres qui représentent toutes les facettes qui composent aujourd’hui STUBORA. Nous avons hâte désormais de vous rencontrer lors de nos prochains concerts ! Nous travaillons activement pour trouver des dates et nous les communiquerons au plus vite. »

Track Listing :
01  Ténèbres Eternelles  
02  A en crever  
03  Identité  
04  Cerveau limité
05  Au pied du mur  
06  Soleil noir  
07  Malle aux crânes
08  Nos funérailles
09  Hors de lui  
10  Inconditionnel  
11  Au plus profond de moi
12  Brune, noire, peur et feu  
13  Tout peut finir demain

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Stubora : «Horizon Noir» sort ce 20 novembre

Rock Metal Mag : Stubora existe depuis 1996, mais on peut dire que votre line Up s’est consolidé avec l’arrivée de Niala Sabel. Stubora a finalement trouvé son juste équilibre ?

Cyril : Oui, en fait, on a eu une grande période avant. Ensuite Mick a rejoint le groupe depuis quelques années déjà. Et en 2014 l’arrivée de Niala a marqué un nouveau départ pour nous.

On galérait pas mal depuis quelques années et on ne faisait plus grand chose . Notre batteur à l’époque avait eu un accident et nous l’avons attendu.

Lorsqu’il est revenu, ça n’allait pas, et là aussi on a pas pu faire grand chose, même quasiment plus rien. Donc, on a décidé de prendre un nouveau batteur et on a eu la chance de tomber, par hasard, sur Niala.

Il était en pleine recherche de groupe, alors que ça ne lui était jamais arrivé depuis des années. Donc on s’est bien trouvé et ça a matché de suite. Et cela a été le redémarrage du groupe. C’est aussi pour ça que l’album que nous avons sorti en 2015, s’appelle « Résurrection »

Mick : Le redémarrage mais à un autre niveau.

Cyril : Oui, l’arrivée de Niala a apporté beaucoup. « Résurrection », c’est comme un 1er album. Déjà parce que sur les précédents nous avons démarré en quatuor et je suis le seul qui reste de la formation initiale. Cela faisait quelques années déjà que nous étions avec Mick, mais c’était différent.

Mick : C’est surtout une histoire de niveau de maturité musicale. Il y a un fossé énorme avec notre ancien batteur . Sans vouloir le dénigrer bien évidemment.

Nous sommes deux compositeurs, Cyril et moi-même, et le fait d’avoir un batteur de ce niveau là, nous a permis de ne pas nous fixer de limites. Ce que nous étions obligés de faire avec notre batteur précédent, qui était moins impliqué et moins motivé.

Niala a un tel bagage technique que l’on compose sans aucunes limites. C’est quelque chose d’énorme pour nous car on ne se demande pas si il va suivre ou pas . En plus c’est un musicien dans l’âme. Il a toujours de bonnes propositions dans les arrangements. Il nous propose même des choses assez atypiques.

On fait beaucoup de travail avec Cyril en pré-compos et on s’envoie beaucoup de fichiers, en ce qui concerne les mélodies et les arrangements. Et Niala, ensuite peut nous faire partir dans des directions complètement opposées parce qu’il propose des choses vraiment top.

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Rock Metal Mag : Votre processus de composition a donc été totalement modifié?

Mick : Oui complètement. Mais pas uniquement à cause de son arrivée. On a la distance qui entre en ligne de compte. Cyril vit sur Paris et avec Niala on est dans la région de Nancy.

On est donc obligé de travailler énormément par fichiers. Donc c’est vrai qu’aujourd’hui, le numérique facilite beaucoup de choses au niveau de la composition. Le processus de travail et de composition a changé pour des raisons pratiques mais aussi grâce à quelqu’un qui derrière nous, assure énormément.

Cyril : C’est vrai que l’on aime bien se challenger. Donc avoir quelqu’un, qui rythmiquement nous permet de ne jamais se poser la moindre question, c’est vraiment extra.

Il est capable de nous apporter quelque chose sur le plan rythmique, qui nous fait revoir nos titres, voire nos compositions. C’est pour ça que même si l’on écrit à deux, que l’on échange à deux pour tout ce qui est mélodie de chant, de guitare, etc… lorsque l’on est face à Niala, ça challenge le morceau. Donc on repart, on réécrit, on réarrange car il apporte des trucs que nous ne sommes pas capables de produire, puisque nous ne sommes pas batteurs.

Mick : Nous, nous sommes des autodidactes , ce que lui n’est pas. Il a une vraie connaissance théorique de la musique. Rythmiquement parfois il nous emmène dans des domaines où l’on doit vraiment s’accrocher.

Cyril : Rythmiquement il nous a challengé. On a du monter d’un cran. Par exemple dans Résurrection, il y avait un titre, où en plein milieu du morceau, il se met à l’envers du tempo et il revient dedans. Donc, pour nous qui n’étions pas habitués, cela nous a vraiment permis de relevé un défi.

Donc maintenant on joue tout le temps au clic. Chose que l’on ne faisait pas avant. On fait toutes les répéts au clic, on fait absolument tout au clic, même en live. Mais on a vraiment besoin de ça car lui il a toujours le tempo. C’est « Monsieur Tempo ». Il a toujours le truc dans la tête, peu importe ce qui se passe, il retombera toujours juste. Donc, nous , on a intérêt à être ultra carré.

Lorsqu »il est arrivé on avait besoin de ça. En fait c’est ce que l’on recherchait. Et depuis qu’il nous a rejoint c’est devenu quelque chose de différent. Stubora a complètement changé même si avec l’arrivée de Mick en 2005, on avait déjà amorcé un changement.

Mick : Un changement de style déjà. Et puis on est à deux voix.

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Rock Metal Mag : Vous étiez beaucoup plus Hardcore avant?

Mick : Oui Cyril avait créé un groupe de Hardcore.

Cyril : J’ai créé le groupe en 1996 et le premier album est sorti en 1998 (ndlr: « Oropa’A ») . Et cela n’a plus rien à voir avec du Hardcore aujourd’hui. D’ailleurs quand tu regardes la première pochette, il y a le lettrage Hardcore de l’époque.

Mick : Il y a eu vraiment un grand changement. D’abord une première partie Hardcore jusqu’à mon arrivée où je remplace un bassiste, pour un dépannage. Avec Cyril, on se connait depuis que nous sommes gamins en fait. On a déjà joué ensemble, mais dans des projets annexes de quelques mois.

Finalement, Cyril m’a proposé de rester, suite à mon dépannage. Mais moi je suis très éclectique et je n’ai pas envie de jouer du Hardcore. Donc comme Cyril a aussi envie de passer à autre chose, on prend déjà une direction différente, où on chante à deux. C’est plus Metal/Rock.

Donc voilà j’ai pris une place en tant que chanteur et compositeur et on s’est partagé tout ça.

Cyril : C’est vrai que déjà à l’époque, cela a changé notre façon de travailler. Avant c’était moi qui amenait des idées de compos que je travaillais avec l’autre bassiste et l’autre batteur. Mais avec Mick qui apporte ses idées de compos cela a commencé à changer.

Moi je voulais évoluer, changer et c’était une période où l’on avait besoin de faire des choses différentes. En fait il y a vraiment 3 périodes dans Stubora et avec Niala c’est une toute nouvelle qui a commencé.

Horizon Noir, c’est un peu comme s’il s’agissait du deuxième album, puisque Résurrection c’est le redémarrage du groupe.

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Rock Metal Mag : Horizon Noir est sorti le 20 novembre, on peut donc dire que c’est votre album le plus abouti ?

Cyril : Oui et puis ce nouvel album, nous permet d’être beaucoup plus fort. On y a passé beaucoup plus de temps puisque cela a duré 2 ans. Un an vraiment d’écriture, et un an de travail d’enregistrement. On a notre propre studio et en plus tout le monde a son Home studio.

Donc, comme on est à distance, quand on se voit on fixe les morceaux ensemble et ensuite chacun se débrouille pour enregistrer sa partie. Ensuite, je collectionne les éléments et là, je commence la production.

Le chant, on le fait ensemble, pour le rendu, les émotions et le coté pratique. Cela fait aussi partie de notre processus. Avec cet album là, on voulait se donner tous les moyens et on a été jusqu’au bout. On s’est ultra challengé, comme jamais on l’avait fait . Pour nous, lorsque l’on dit c’est le meilleur, c’est parce que l’on a jamais été aussi loin et jamais pris autant de temps.

Avant nous étions plus sur une approche un peu classique. Une fois que l’on avait les morceaux, on allait les enregistrer. Mais depuis à peu près 10 ans, on fonctionne avec notre propre studio. Donc c’était important de dire que cet album pour nous, c’est le meilleur.

Mick : On s’est mis un peu la pression tous les deux en tant que compositeurs. On s’est partagé et on a pas hésité à se dire les choses qui n’allaient pas. Un break pas assez bon, la mélodie pas assez bonne. On était vraiment à l’écoute l’un de l’autre. Et on hésitait pas à retravailler pour monter d’un cran au niveau qualité. On voulait être avant tout satisfait de compositions.

On recherche beaucoup la mélodie. On a un coté riff et rentre dedans, mais avec l’envie d’avoir toujours quelque chose d’accrocheur. Sans tomber dans le coté commercial, et en ayant de vraies chansons Heavy Rock.

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Rock Metal Mag : Vous pensez que le fait de tout gérer à 100% coté enregistrement et production est un véritable atout pour vous ?

Cyril : En fait, la dernière expérience que l’on a eu dans un studio, a vraiment été la pire. L’ingé son avait écrasé une piste. Donc après ça on s’est dit que l’on paie quand même cher en studio. Alors si des mecs sont capables de faire ce genre de boulette.. C’est probablement un cas exceptionnel, surtout qu’il ne s’agissait pas d’un petit studio.

En plus à chaque fois que l’on sortait d’un studio on se rendait compte que l’on aurait bien aimé avoir plus de temps pour tel truc ou telle autre chose.

Donc on a choisi d’arrêter . Aujourd’hui il y a plus de facilité pour avoir du matériel. On a investi petit à petit dans le matériel. C’est un domaine qui m’intéresse et j’ai investi beaucoup de temps parce que j’adore ça.

Alors que, si on paie un studio, on ne sait pas trop quel type d’ingé on va avoir car on a personne qui nous produit.

Mick : Même si nos moyens sont limités, nous ne sommes pas des amateurs et on a une démarche professionnelle. Mais on a pas une maison de disques derrière nous. On est pro mais sans moyens pour se payer un super ingénieur du son. Donc, celui qui est « vendu » avec la session de studio, il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas forcément le meilleur.

Cyril : Là, si on avait pu, j’aurais bien aimé travailler avec Fred Duquesne (ndlr: MASS HYSTERIA) pour le mixage. Je l’avais contacté et ce qui est bien, c’est qu’il a écouté ce que nous avions fait et il m’a donné quelques astuces pour produire notre album. Mais on avait pas le budget.

C’est sur que lorsque l’on a un vrai budget et un mec qui met aussi son nom, c’est différent.

Jusqu’à présent on avait des ingés sons traditionnels, donc a a fait le choix de tout faire par nous même. J’ai beaucoup travaillé pour ça et pas mal discuté avec certains ingés sons, dont un qui m’a dit que Pro tools était très accessible. Bon c’était il y a 10 ans. A l’époque il y avait des petites O3 (ndlr: consoles numériques), qui étaient vachement bien pour démarrer.

On a donc démarré comme ça et on s’est rendu compte que l’on était capable de le faire. Comme avec Résurrection. Le résultat est que en 4 ans on a su acquérir plus de technique et d’expérience. Aujourd’hui on est capable de produire nos albums.

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Rock Metal Mag : En ce qui concerne l’enregistrement de la batterie, ça se passe comment ?

Cyril : C’est Niala qui gère et on a aucun souci. Cela nous permet d’être totalement autonome . Cela lui permet aussi de passer le temps nécessaire pour faire ses prises de batterie. Comme il est hyper ultra carré, il faut que tout soit nickel.

Même lorsque l’on joue en Live, il arrive à entendre des choses et des micro-détails qui sont assez impressionnants pour nous. Des fois on se regarde et on se demande ce qu’il a entendu. (Rires)

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Rock Metal Mag : Il fait peut être partie de ces personnes qui ont l‘oreillle absolue? Est ce qu’il joue d’autres instruments?

Cyril : Oui je pense qu’il a une oreille experte. Il joue de la basse de la guitare…

Mick : C’est vraiment un musicien accompli. Même en terme d’harmonie, il a une théorie incroyable.

Cyril : Avec lui, on se doit d’être tout le temps ultra carré. Il nous a vraiment poussé, là où, avant, on était un peu plus « Rock’n’roll », vers ce que l’on est aujourd’hui.

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Rock Metal Mag : Musicalement, je trouve que le coté Metal est beaucoup plus présent sur Horizon Noir par rapport à Résurrection. Qu’en pensez vous ?

Cyril : En fait ce n’est pas la première fois que l’on me le dit. Et je pense que maintenant, effectivement, c’est la production qui sonne plus Metal. Mais l’album est peut être moins Metal.

Mick : Je sais pas parce que l’on a des titres où l’on ne se pose pas trop cette question finalement. Ce que l’on essaie de garder le plus c’est l’homogénéité de notre composition à deux. Et en plus on chante à deux. Donc on essaie de ne pas tomber dans le piège d’avoir presque deux groupes différents sur un album. Après la production vient lisser tout ça, en ce qui concerne le jeu de chacun.

Il y a des ambiances peut être plus sombres et c’est pour ça qu’il se rapproche plus de ce que l’on qualifie de Metal. ‘où le nom aussi d’ Horizon Noir. Il est sombre dans les paroles, dans certaines ambiances. Mais c’est possible que l’autre album sonne moins Metal.

Après c’est sur que l’on a acquis du matériel, les sons des guitares ont évolués et Cyril a beaucoup travaillé sur le mixage. Le rendu de la basse se distingue plus que sur le précédent album. Donc sur cet album tous les instruments sont bien distinctifs.

Cyril : Je pense qu’avoir la sonorité de la basse telle qu’elle est aujourd’hui peut donner ce coté plus Metal. C’est vrai que l’on a changé complètement la façon d’appréhender la basse sur cet album, la façon de l’enregistrer et de la mixer. Ces dernières années, la basse n’était pas notre point fort, alors que nous sommes un trio. On a donc fait des efforts dans la production pour lui laisser la place.

C’est lié au fait que l’on a pu passer plus de temps et aussi parce que l’on a plus d’expérience maintenant. On a laissé plus d’espace entre les instruments pour s’assurer que le basse soit bien au milieu des fréquences. Cela fait partie des points essentiels que l’on a eu sur Horizon Noir.

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Rock Metal Mag : En ce qui concerne les thèmes de vos paroles, ils sont liés à tout ce qui se passe dans le monde ?

Mick : Il n’y a pas de règles.

Cyril : On n’a pas de thèmes spécifiques. On ne se dit pas on va écrire sur telle chose.

Mick : On a même écrit chacun une chanson qui parle du même thème, au sens large, d’écologie et de l’état de notre planète qui se dégrade. Ce qui évidemment inquiète un petit peu tout le monde actuellement. Et sans se concerter on a écrit notre vision et notre approche de façon différente, puisque nous avons chacun notre personnalité.

On ne compose pas les paroles à deux et chacun écrit ses propres textes. on a notre propre style.

Cyril : On a un « lead » sur chaque titre. En fait généralement lorsque l’on finalise les mélodies de chant, obligatoirement il y en a un de nous qui s’impose comme le « lead » de la chanson quand il écrit le texte. Mais bon c’est pas toujours vrai puisque parfois Mick peut chanter mes textes.

Mais bon on se répartit à peu près à 50/50 . C’est sur que sur sa propre compo on se sent mieux.

Mick : Cela parle toujours plus à un chanteur e chanter ses propres paroles.

Cyril : Voilà, donc c’est pour ça que l’on ne se donne pas de règles.

Mick : Cela peut être des textes sur la société, mais pas politiques par contre.

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Rock Metal Mag : C’est plus une sorte de défouloir pour vous ?

Mick et Cyril : Oui voilà.

Mick : C’est très personnel aussi. Certaines chansons peuvent concerner la vie de tous les jours. Les rapports de couple également. Cela ne se ressent pas forcément mais on essaie de faire des paroles où chacun peut y retrouver sa propre interprétation.

C’est important que chaque personne , à un moment de sa vie, puisse leur donner le sens qu’il veut bien y trouver. Pour moi les paroles doivent être faites comme ça.

Cyril : Ce qui est drôle c’est que tous les deux nous avons écrit des textes assez noirs.

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Niala est venu nous rejoindre après avoir terminé son interview téléphonique.

Rock Metal Mag : Toi, Niala tu n’interviens pas du tout au niveau des textes ?

Niala : Non. Au niveau composition musicale et paroles, je n’interviens pas. Mon rôle est plus la rythmique et les arrangements . Je vais mettre du relief dans le rythmes. C’est ma spécialité et j’ai travaillé ça pendant de longues années.

Mick : Mais,comme on disait tout à l’heure tes interventions peuvent modifier le morceau. Que ce soit dans sa structure de base ou même dans sa progression.

Niala : Oui, le fait que j’amène certains coups de batterie, permet de doubler certains refrains. Et c’est vraiment là que j’interviens. j’arrive à dire si un riff rythmique serait plus approprié à tel moment, au niveau basse batterie ou guitare basse.

J’apporte donc ce relief rythmique qui malheureusement dans certains cas peut être oublié, au bénéfice purement de la mélodie. C’est ce que j’ai pu constater en donnant des cours de batterie dans des conservatoires. On accentue la technique mélodique mais le rythme est toujours un peu à la traîne .

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Rock Metal Mag : Le choix de chanter en français a toujours été une évidence pour vous ?

Cyril : Alors pas forcément. Parce que l’on a commencé à chanter en anglais. On a fait un EP en anglais.

Mick : Un album aussi mais pas en entier. On a commencé à y chanter en français.

Cyril : En fait il y a deux aspects dans le choix du français. Premièrement, comme on est assez perfectionnistes, on veut l’être sur tous les aspects. Et deuxièmement, on avait du mal à chanter en anglais, en terme d’accent et de sensibilité, donc des difficultés à retranscrire ce que l’on voulait. Donc ce sont ces deux aspects qui nous ont incité à chanter en français.

Il y a d’autres groupes bien plus importants qui le font très bien.

Mick : Il y a un petit risque car c’est sur que dans le milieu Metal chanter en français, ça donne un petit coté heavy metal des années 80. En France on a tendance à considérer que cela ne fait pas très moderne de chanter en français.

Cyril : Après il y a des groupes comme Mass Hysteria, Lofofora, No One is innocent, qui sont quand même bien présents. Donc voilà, on s’est dit pourquoi pas nous.

Cela nous a un peu challengé au départ, parce que l’oreille est différente. Mais maintenant cela nous permet d’avoir des textes beaucoup plus riches. On a moins de vocabulaire en anglais et le français nous permet d’aller chercher cette sensibilité qui est très importante pour nous dans nos paroles.

Rock Metal Mag : Il y a plus de subtilités.

Cyril : Voilà, cela permet d’aller chercher ça justement et d’ajouter plus de détails. Les textes sont aussi importants que le mélodies et le français nous a permis de corriger ce qui n’était pas parfait et d’obtenir quelque chose qui peut l’être à présent.

C’était un challenge mais maintenant cela devient automatique. Mais peut être qu’un jour, on ressortira un refrain en anglais, parce qu’il n’y a pas de règles.

Maintenant le français nous va bien. Pour cet album, on ne s »est même pas posé la question de savoir si on allait chanter en anglais.

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Rock Metal Mag : Quelles sont vos principales influences musicales depuis vos débuts. Je suppose que vous avez chacun des inspirations différentes ?

Cyril : Je pense que l’on a une base commune, avec Mick puisque l’on était ensemble étant gamins. Donc cela vient du Bay Area thrash, que ce soit Metallica, Death Angel, Testament…on a toute cette vague en commun. C’est ce que l’on écoutait ensemble.On allait voir les concerts ensemble. Donc nos influences sont quand même basées là-dessus.

Après on a un peu moins de choses en commun avec Niala, hormis le fait que l’on est très proches en musique.

Mick : On échange beaucoup et on est toujours à la recherche de nouveautés et de ce qui est bien en ce moment. Mais on se rejoint sur certains groupes, dans des style des fois complètement différents. Par contre sur d’autres on peut avoir de grosses différences de styles.

Parfois dans la composition, ce n’est pas toujours facile, parce que c’est là que l’on doit mixer nos influences et nos styles. Donc on doit faire des concessions. Cyril a tendance à être plus extrême dans certains de ses goûts et surtout plus Metal que je ne le suis.

Moi je vais aller sur des choses beaucoup plus mélodique, plus rock US, Hard Rock. Donc ce que l’on appelle Heavy Rock US, comme Alter Bridge par exemple.

Après on va se rejoindre sur des groupes comme Mastodon, comme le classique Metallica, évidemment. Je suis moins fan à présent, de tout ce qui est voix hurlée.

Cyril : J’aime bien les groupes comme Whitechapel, ou comme le groupe russe, Jinger, plus moderne.

Niala : Alors moi, j’ai un parcours complètement différent. J’ai commencé la batterie à l’age de 6 ans et j’ai commencé par la Musette. Ce qui est hyper formateur pour l’oreille. Mon père m’emmenait avec lui dans les bals et j’ai même fait partie de son groupe.

C’est de là que le jeu de scène s’est construit chez moi. Puis j’ai vraiment dévié sur le jazz. J’ai joué beaucoup de standards de jazz avec différents musiciens. Je suis belge donc j’ai parcouru beaucoup d »écoles de jazz à Bruxelles . C’est là où j’ai fait mes armes et puis j’ai basculé vers la fusion. Donc du jazz beaucoup plus technique.

Là j’ai travaillé beaucoup de plans de batteurs comme Dave Weckl, Vinnie Colaiuta, Steve Gadd, où il y a beaucoup de technique et de finesse. Et comme j’adore le son de la batterie, à un moment donné j’ai découvert, Dream Theater, avec son batteur de l’époque, Mike Portnoy.

Et là je me suis dit: Tiens ce mec il associe en même temps la rapidité et la puissance du Metal avec des jeux de petites cymbales. Il est moins rentre dedans et il a beaucoup de feeling et de finesse. Et je me suis retrouvé dans ce gars là et il est devenu une sorte de mentor.

J’ai beaucoup travaillé les albums de Dream Theater et les plans de Portnoy. C’est ce qui m’a vraiment fait évoluer dans le Metal. Je ne suis pas branché groupes Metal.

J’aime beaucoup Mass Hysteria à cause de leurs textes très engagés. Sinon j’aime beaucoup le nouveau groupe de Portnoy, Sons of Apollo. Je trouve ça très cool et il s’entoure de musiciens exceptionnels, qui laissent place à la musicalité et pas forcément à la technique.

Portnoy peut faire des choses très techniques, comme il peut mettre juste une cymbale à un endroit clé. Et cette cymbale aura autant d’importance qu’une descente de Tom monstrueuse. Et ça j’adore. J’essaie de capter ça et de le remettre sur Stubora.

Sur cet album il y a des plans très techniques parce que j’aime mettre en pratique ce que j’ai travaillé depuis des années. Mais il y a une grande part de musicalité qui me vient du musette . Et là on doit se faire tout petit, prendre sa place à certains moments et je trouve que c’est une richesse exceptionnelle.

Mick : Notre truc est de toujours servir le morceau. On est pas là pour faire de la démonstration. La technique c’est bien il faut en avoir pour arriver à un certain niveau. Mais le but ultime c’est la composition et de faire en sorte d’avoir le meilleur son, même si cela doit être simple. Et parfois être simple c’est plus difficile que d’être ultra technique.

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Rock Metal Mag : Vous avez déjà présenté 3 titres à travers 3 vidéos : «Identité», «Soleil Noir» et «Ténèbres Éternelles» . Ces 3 chansons ont une importance particulière ?

Cyril : En fait elles montrent trois facettes différentes de l’album. le premier titre « Ténèbres Éternelles » on l’a sorti en avril alors que l’on avait pas fini l’album. Il était même loin d’être fini d’ailleurs, mais c’est plus le titre de la liaison. C’est un morceau avec une structure plus classique.

Ensuite arrive « Soleil Noir » qui montre quelque chose de différent et que l’on avait pas fait jusqu’à présent. C’est probablement un des morceaux le plus fort de l’album.

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Mick : Cela reste trois moreaux forts de l’album et trois représentatifs.C’est pour montrer la palette de différents styles qu’il y a sur l’album. Soleil noir est certainement le plus mélodique. Et le dernier « identité » apporte encore une autre ambiance. Un mid tempo différent.

Cyril : Une mélodie de guitare que l’on avait jamais fait.

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Rock Metal Mag : Qui a réalisé la pochette ? Le triangle représente votre trio ?

Cyril : C’est moi qui suis l’auteur de la pochette. Et le triangle à trois cotés, c’est le trio .

Niala : Par contre il est équilatéral.

Cyril : T’aimes pas ?

Niala : Je ne fais pas la même teille que toi !! (rires)

Cyril : C’était en terme de personnalité musicale . Chacun une part .

Mick : Toutes nos pochettes sont faites par Cyril. C’est toujours une histoire de moyens. Mais il maîtrise quand même pas mal en informatique, un peu sur tout les domaines.

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Rock Metal Mag : Par rapport au nom de l’album et aux thèmes sombres tu as choisi de mettre un peu de couleur chaude. Pourquoi ce contraste?

Cyril : Tu as tous les crânes qui sont vraiment l’aspect noir et le coté cuivré c’est un peu l’espoir. Donc c’est pour ça que c’était une belle contrainte, ça fait le contraste et cela apporte quelque chose de complémentaire.

Mais on ne voulait pas trop quelque chose d’imagé. En fait il y a tellement de textes différents et d’émotions, qu’il était aussi important de ne pas avoir une seule image. Donc c’est pour ça que c’est très léger en terme de représentation graphique, parce qu’il était important de le soutenir visuellement sans aller trop loin.

C’est en rapport avec ce que l’on a dans nos textes qui ne sont pas ultra précis. Tu peux comprendre le thème général et te l’approprier. Et c’est un peu la même choses avec la pochette. Il y z une vision, un message, un thème, mais ce n’est pas hyper précis comme peuvent l’être certaines pochettes d’album.

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Rock Metal Mag : En conclusion quel est votre plus grand souhait pour la suite de Stubora ?

Cyril : Ce que l’on essaie de faire c’est de progresser et d’être sur de plus belles affiches . C’est surtout ça notre objectif. Jouer avec es groupes que l’on aime. Le dernier concert que l’on a fait à Metz, c’était avec Decapitated et c’est vraiment le genre d’événement que l’on adore.

Donc c’est ce que l’on souhaite. Là on est en train de travailler sur nos prochaines dates et on les communiquera plus tard .

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Rock Metal Mag remercie Cyril, Mick et Niala de Stubora, Roger de Replica Promotion et le Hard Rock Café à Paris