Interview: SIMO

Interview: SIMO

Disponible depuis le 29 janvier 2016 “Let Love Show The Way”, le nouvel album de SIMO, présente un power trio alliant la puissance du blues classique à de fulgurantes improvisations jazz fusion, avec des touches de R&B psychédéliques. Le tout interprété avec ce “petit plus” typique des groupes issus du Sud des Etats-Unis. Il est d’ailleurs intéressant

Disponible depuis le 29 janvier 2016 “Let Love Show The Way”, le nouvel album de SIMO, présente un power trio alliant la puissance du blues classique à de fulgurantes improvisations jazz fusion, avec des touches de R&B psychédéliques. Le tout interprété avec ce “petit plus” typique des groupes issus du Sud des Etats-Unis.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que SIMO a conçu ce disque à la Big House, à Macon, en Georgie, l’antre du Allman Brothers Band (jusqu’en 1973). Le lieu rêvé pour trouver l’inspiration… De plus, JD Simo a carrément enregistré l’intégralité des titres de “Let Love Show The Way” avec la Les Paul gold-top 1957 de Duane Allman ! Celle là même que l’on entend sur les deux premiers albums des Allman Bros et qui a également délivré l’inoubliable riff de “Layla” de Derek & the Dominoes !

Dès lors, on se doute – qu’a l’instar de Derek Trucks, Warren Haynes ou Wilco’s Nels Cline – JD n’a pas partagé un tel honneur par hasard et que nous somme bien en présence d’un musicien d’exception.

Entretien avec le batteur Adam Abrashoff et le bassiste Elad Shapiro, quelques heures avant leur concert en première partie de Monster Truck à La Maroquinerie le 3 avril dernier.

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Rock Metal Mag: Est-ce que vous connaissiez la musique de Monster Truck avant aujourd’hui ?
Adam Abrashoff (batterie): Non pas du tout ! Je ne connaissais pas, mais depuis j’ai écouté et j’aime beaucoup.
Elad Shapiro (basse): Pareil pour moi ! Ouais c’est très bien.

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Rock Metal Mag: Comment est né le groupe ?
Adam Abrashoff: Le batteur précédent, qui était présent dès la création du groupe et moi-même, avons fait un bœuf où tout n’était qu’improvisation. Ça fonctionnait bien musicalement. Nous connaissions déjà JD (ndlr: JD Simo, chant, guitare), il jouait dans un club et faisait pas mal de choses de son côté. C’était intéressant. Donc on se connaissait, et il y a vraiment eu une connexion entre nous. Ça nous a poussé à créer le groupe. Par la suite, Franck le bassiste, a dû partir mais on a rencontré Elad et maintenant on a à nouveau un groupe qui déchire. (à Elad) Je t’aime mec ! (rires)
Elad Shapiro: Moi aussi !

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Rock Metal Mag: Je suppose que Nashville regorge de supers groupes. Est-ce que c’est difficile de sortir de la masse ?
Elad Shapiro: Oui c’est vraiment difficile, mais plus je voyage et plus je vois à quel point Nashville à les meilleurs musiciens du monde. Mes groupes préférés sont de Nashville, mais ils ont bougé maintenant. Ça prend du temps, donc c’est dur de sortir de cette masse qui grouille de bons musiciens.
Adam Abrashoff: Ouais, et puis on essaie de ne pas trop jouer à Nashville. Je crois qu’on y a joué seulement une ou deux fois. Il vaut mieux essayer de sortir de la ville. Tous les musiciens veulent venir à Nashville… Pas à New York ou Los Angeles, à Nashville ! C’est vraiment cool mais ça peut être compliqué de se faire un nom par la suite.

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RMM: Il y a un groupe en particulier que vous aimez à Nashville ?
Elad et Adam ensemble: All Them Withes !
Elad: C’est clairement mon groupe préféré et ils sont de Nahsville. Ils sont supers ! Le groupe a fini d’enregistrer un EP et les tournées se passent bien pour eux. Je suis très content.
Adam: Il y un gars qui s’appelle Patrick Sweany et que j’aime énormément.
Elad: Et évidemment Jack White qui vit à Nashville avec The Dead Weather. C’est la raison pour laquelle j’ai déménagé dans cette ville, parce que je voulais être là où les Dead Weather se trouvent (rires) ! Je suis originaire d’Israël à la base. Quand je suis parti aux Etats-Unis, je n’avais pas envie de me retrouver à New York, donc quand j’ai su ça, j’ai directement bougé à Nashville (rires).

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RMM: Comment avez-vous rencontré Joe Bonamassa, qui vous a beaucoup aidé par la suite ?
Elad: Oh c’est plutôt JD qui est ami avec Joe. En fait, JD a beaucoup de vidéos sur youtube où il fait des démos de guitares et ce genre de trucs, et un jour Joe Bonamassa est tombé sur ces vidéos. Il a dit “hey j’adore ton jeu de guitare” et ils sont devenus amis ! J’ai rencontré Joe un jour, je ne sais plus quand, mais JD est plus proche de lui.
Adam: C’est vrai qu’il nous a beaucoup aidé par la suite. C’est grâce à lui qu’on est sur le label de Mascott maintenant. On a fait des concerts deux années consécutives sur sa croisière “Keeping the Blues Alive at Sea”, il a dit des choses très sympa sur nous dans la presse…
Elad: Oui il a été super avec nous et on est très reconnaissant. C’est vraiment un bon gars.

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RMM: Comment s’est déroulé le processus de création de votre album “Let Love Show The Way” ?
Adam: En général, beaucoup de chansons commencent juste par un riff qu’on trouve cool, ou même juste avec de vagues idées. Après on se retrouve tous ensemble puis on en discute, on essaie tel ou tel truc pour voir si ça marche bien. Ensuite, JD va apporter quelques petits changement aux paroles qui sont généralement déjà écrites.
Elad: On jam beaucoup en fait et tout vient de là. L’album en lui même est un boeuf entre nous.

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RMM: Quel a été le plus gros challenge pendant l’enregistrement ?
Adam: L’isolement… (il réfléchit) Ou peut-être essayer de ne pas saigner des doigts tellement on jouait (rires).
Elad: Non c’est bien quand il y a un peu de sang, mais pas trop ! Je pense que le challenge, c’était de rester concentré sur l’enregistrement de l’album, avoir de bonnes prises, de bonnes chansons et être performant tout le temps. C’est le plus important. Il faut jouer comme il faut, sans se relâcher.

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RMM: Et les chansons qui figurent en bonus on été enregistrées séparément ?
Elad: En fait, 10 mois plus tôt, avant que je ne rejoigne le groupe, l’album était déjà enregistré et approuvé par le label. Ce dernier a voulu qu’on enregistre d’autres chansons, comme des bonus. Donc on a été à la Big House des Allman Brothers en Géorgie et on a enregistré ces chansons. Par la suite, on a eu du temps supplémentaire, donc on a enregistré d’autres chansons. Le label a apprécié les titres et nous aussi.
Adam: Oui, on a trouvé que c’était bien mieux que ce qu’on avait déjà fait avant. Au final, ce ne sont pas seulement quelques chansons en bonus, sauf si on considère que presque tout l’album est un bonus (rires).

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RMM: Vous avez donc un titre de plus de 13 minutes. C’était prévu où vous avez simplement improvisé ?
Adam: On jam beaucoup et on improvise beaucoup. Par exemple en live, ce titre sera toujours différent. Il pourra durer 9 minutes comme 13 minutes. Les solos de guitares sont importants, on suit JD et puis on va là où la musique nous emmène. On ne sait jamais à l’avance combien de temps ça va durer. On ne prévoit rien, on laisse les choses se faire.

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RMM: Donc l’inspiration vient très facilement ?
Adam: Oui en effet ! Personnellement, je trouve l’inspiration en écoutant mes batteurs préférés. Et je pense qu’on s’inspire tous de chacun.
Elad: Quand JD commence à faire un truc cool, on trouve une idée et ça vient facilement. Dès que quelqu’un commence à jouer, c’est tout de suite simple. Donc oui, je pense aussi qu’on s’inspire entre nous et c’est vraiment cool.

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RMM: Et quand avez-vous commencé à jouer de la batterie et de la basse ?
Adam: Quand j’avais 10 ans, j’étais vraiment un élève ringard, tu sais celui qui a toujours des A, qui est bien habillé, qui joue au Baseball… Et qui se retrouve bien sûr dans le groupe de musique créé par l’école, à cause de ses parents. Mais moi je ne voulais pas faire ça, je voulais être un joueur de Baseball ! Ils voyaient autre chose pour moi. Donc j’ai choisi la batterie parce que je pensais que ça serait le meilleur truc pour embêter mes parents et finalement, je suis tombé amoureux de cet instrument. Ce n’était pas un désir de toujours. Mon amour pour la batterie est venu après que j’ai commencé à jouer.
Elad: Mon père est un musicien qui joue dans un orchestre symphonique. J’ai grandi en regardant l’orchestre et en écoutant tout le temps de la musique classique à la maison. J’allais très souvent à des concerts. J’ai commencé à jouer dans un groupe à l’école quand j’avais aussi 10 ans. Je jouais du trombone mais ça n’a pas duré longtemps. Ensuite j’ai commencé à jouer de la basse à l’âge de 14 ou 15 ans. Mon frère joue aussi, c’est de famille !

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RMM: Avec quel groupe aimeriez vous partir en tournée ?
Adam: Wahou je dirais All Them Witches ! C’est mon premier choix.
Elad: Oui All Them Witches, ça serait carrément cool ! Je suis un immense fan.
Adam: En fait, il n’y a pas vraiment de gros groupes pour qui je voudrais ouvrir. Je préfère ce genre de groupe.
Elad: Je pense que c’est plus intéressant de se retrouver avec un artiste quelque peu nouveau ou pas trop connu. Certain diraient AC/DC, ce qui est évidemment cool mais se retrouver avec un artiste que tu adores et avec qui tu peux grandir en même temps, gravir des échelons ensemble, c’est vraiment super.
Adam: On a ouvert pour Deep Purple…
Elad: Oh ouais c’était génial, je n’arrivais pas à y croire.

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RMM: Quelle est votre titre préféré du dernier album ?
Adam: Le mien est “I’d Rather Die In Vain“.
Elad: Probablement la même que toi, surtout en live ! Après je pense que la meilleure chanson de l’album est “Long May You Sail” mais pour le live, je reste sur “I’d Rather Die In Vain“.

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RMM: Quelles sont vos principales influences ?
Adam: La liste est très longue, mais pour faire court j’aime tous les batteurs de Jazz, comme Tony Williams, Elvin Jones, Jack Dejohnette qui est mon préféré. Pour ce qui est du rock des années 60 et 70, John Bonham bien sûr, je l’adore, mais aussi Ginger Baker, et Mitch Mitchell qui jouait avec Hendrix. Buddy Miles était bien aussi mais je préfère Mitch, c’est mon gars !
Elad: J’aime tous les vieux groupes de rock, de jazz et de Rythm’n’blues. Chuck Wayne par exemple, ou encore John Paul Jones. J’adore les musiciens des années 60 car ils jouaient différemment, ils avaient quelques chose en plus et j’essaie de jouer de cette manière.

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RMM: Quel est votre meilleur souvenir pendant un concert ?
Adam: Deep Puple !
Elad: J’ai rejoint le groupe il n’y a même pas un an, et juste après ça, JD m’a envoyé un sms “hey on va ouvrir pour Deep Purple le mois prochain au Ryman Auditorium”. C’est une des meilleures salles à Nashville et probablement la meilleure du pays et pour moi, du monde ! C’est vraiment un endroit génial, le plus cool du monde. On l’appelle la “Mother Church”. C’est là où la musique country a démarré. Tout le monde a joué sur cette scène et Deep Purple est un de mes groupes favoris donc j’en tremblais de joie. Et puis, le groupe a été génial avec nous. Les gars nous regardaient jouer pendant les balances… Des mecs qu’on admirait nous regardaient jouer. J’arrivais pas à croire ce qu’il se passait !
Adam: Et c’est amusant car après les balances, ils sont venus nous voir. Ian (Paice) m’a serré la main en me disant “salut, je suis Ian” et moi j’étais là comme un gamin “oooh mooon dieu, oui je sais qui tu es mec” (rires). On a parlé batterie et il m’a dit qu’il aimait la mienne, c’était dingue. Ce fut un moment vraiment spécial pour nous.

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RMM: Et enfin, qu’est ce qui va suivre pour le groupe ?
Adam: On va tourner toute l’année, quasiment non-stop. On aura un peu de temps en août où on pourra écrire pour le prochain album, même si on a déjà plein de chansons de prêtes. Puis après on préparera l’enregistrement. On est très impatient à propos de ça. En attendant ça va être, les tournées, les tournées, et encore les tournées…
Elad: On ne fait que bosser. Je n’ai même plus de maison, plus d’adresse, je stocke mes affaires dans un endroit… mais j’aime ça.

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RMM: Merci à vous pour cette interview.
Elad et Adam: (en français) Merci beaucoup !

Merci à Olivier Garnier de Replica Promotion.

Photos du concert ICI