Interview : DESPITE THE END au Black Dog

Interview : DESPITE THE END au Black Dog

Entretien avec Vartan et Ludovic du groupe DESPITE THE END le vendredi 26 juin au Black Dog à Paris.

Les interviews en face à face ayant pu enfin reprendre, j’ai pu m’entretenir avec Vartan et Ludovic respectivement chanteur et guitariste du groupe DESPITE THE END. Cela se passait le vendredi 26 juin 2020 au Black Dog avec Roger De Replica Promotion.

De gauche à droite : Roy (batterie), Victor (Basse), Ludovic (guitare) et Vartan (chant)

Le groupe a sorti son 1er EP « BUTTERFLY EFFECT » le 24 avril 2020

https://music.apple.com/fr/album/butterfly-effect/1503458076

Butterfly Effect : Despite The End
1 Despite the Beginning
2 Into the Past
3 Paralyzed
4 Butterfly Effect
5 We Won’t Obey
6 The Change
7 Despite the End

© Thomas O’Brien

Membres du groupe
Chanteur : Vartan
Batterie : Roy
Guitare : Ludovic
Guitare : Pierre
Basse : Victor

Facebook : https://www.facebook.com/dteoff

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Rock Metal Mag : Est ce que vous pouvez me raconter l’histoire du groupe? Comment vous êtes vous rencontrés.. etc?

Vartan : J’ai décidé de créer le groupe Despite The End en septembre 2019, suite à l’arrêt de mon ancien projet (Too Late). Donc j’avais déjà en tête le nom et la direction musicale. J’ai posé des annonces sur Facebook et autres et j’ai eu des appels de plusieurs personnes et de Ludo.

Sur mon ancien groupe j’avais eu beaucoup de problèmes de motivation donc je n’ai pas fait de Casting avec Ludo, Pierre ou Roy. Je ne leur ai pas demandé de jouer devant moi, Je les ai juste écouté parler. C’est le discours qui m’a convaincu avant même de savoir ce qu’ils allaient faire en musique.

Ludovic : Je confirme toute l’histoire.

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Rock Metal Mag : Donc vous étiez d’illustres inconnus avant la formation?

Vartan : Pas tout à fait puisque Victor vient de Too Late et je connaissais Roy depuis 10 ans. A l’époque du lycée on avait un petit groupe. Mais on ne s’est pas revu pendant très longtemps. Donc c’est vraiment Ludo et Pierre que j’ai “recruté”.

Rock Metal Mag : Roy a une sacrée frappe !

Oui il frappe fort. Quand je me suis mis a recruter pour Despite, je pensais que la chose la plus difficile serait de trouver un batteur. Il faut que musicalement il convienne et que techniquement il soit bon. Donc en général ceux là sont déjà pris.

Finalement Roy était le premier a accepter de venir . Quand j’ai repris contact avec lui, j’ai lancé un pavé dans la marre. Je lui ai dit que bientôt on allait passer 30 ans et qu’il était temps de faire quelque chose sérieusement ensemble. Et en fait il n’osait pas me le dire. Et voilà il est là.

Ludovic : En plus quand il joue il a le smile tout le temps.

Vartan : J’espère que l’on ira loin avec Despite parce que Roy a vraiment du mérite

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Rock Metal Mag : Et toi Ludovic tu étais déjà dans un groupe ?

Ludovic : Alors j’ai eu d’autres groupes avant, mais j’ai eu une longue phase d’abstinence musicale. J’ai fait trois enfants, mais ce qui m’a reconduit à faire de la musique est que je me suis séparé tout simplement.

Mais c’est une bonne chose car je me sens mieux et je refait une bonne chose qui me manquait terriblement. Et je suis très heureux de ça. J’ai perdu ma femme mais j’ai trouvé de nouveaux compagnons de route. Cela prend autant de temps que la vie de couple, si ce n’est plus.

C’est ce que je disais à notre producteur, Jean Michel de My Ouai Production. Le matin je me lève et j’ai envie d’écrire, non pas à mes copines Tinder, mais au groupe. Le soir et le week-end c’est pareil. J’ai envie d’écrire tout le temps de la musique et la motivation est extrême. En plus on a cette chance inouïe avec My Ouai.

Je suis donc le dernier arrivé dans le groupe

Vartan : Mais le recrutement s’est fait vite.

Ludovic : En septembre j’ai commencé avec eux et en octobre on a démarré la composition.

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Rock Metal Mag : Comment s’est fait le choix du nom Despite The End (Malgré la fin) ?

Vartan : Cela a beaucoup de rapport avec les textes que j’écris. Ils parlent toujours de la fin de quelque chose. Que ce soit des sujets écologiques, psychologiques, politiques ou sentimentaux.

Ce sont toujours des situations auxquelles on doit faire face, soit en prenant une décision, soit en les acceptant, soit en changeant complètement. Comme ce sont toutes ces choses que j’écris le plus, il fallait que je trouve un nom qui corresponde le plus aux textes.

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Rock Metal Mag : Pour ma part j’ai trouvé que cet EP se lisait un peu comme un livre avec ses différents chapitres et un cheminement vers une prise de conscience . L’intro c’est le prologue puis il y a le récit du passé ensuite cette paralysie qui empêche de réagir et d’avancer. Puis il y a une progression vers la lumière avec l’effet papillon, une transformation qui permet de briser l’inaction et réagir. Puis la rébellion, une quête de liberté et enfin la lutte pour le changement. le livre se referme avec l’outro en arménien. C’est ça?

Vartan attentif et souriant, acquiesce.

Ludovic : C’est Vartan qui est à l’origine de toute cette structure. Initialement nous n’étions pas d’accord, mais pas tant que ça. Il est à l’origine de toute cette progression et elle est vraiment bien acheminée.

Vartan : Je leur avais donné la liste des morceaux dans l’ordre où on allait les mettre. Ludo m’avait demandé si “Butterfly Effect” ne serait pas mieux avant “Paralyzed“. Je lui ai dit que dans la vision de mon texte et de mes chapitres il fallait qu’elle vienne après.

En plus dans sa construction, Butterfly Effect est au centre de l’album et dans son centre il y a un changement de direction.

Ludovic: En fait, je voulais “Paralyzed” au centre parce que souvent, dans les groupes phares que j’écoute, la chanson “clip”, tout public, est en troisième place. Ou alors c’est psychologique. Mais je ne regrette pas qu’elle soit finalement avant.

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Rock Metal Mag :  Alors pourquoi Paralyzed est le premier morceau proposé en écoute?

Vartan : En fait “Paralyzed” aurait du avoir un clip, mais il n’a pas pu être réalisé à cause du confinement. Il sera fait, finalement, fin août.

Ludovic : C’est la chanson qui parle au plus large auditoire. Elle est Metal mais elle est aussi pleine de mélodie et accessible à un plus large public. Même mes parents qui n’écoutent pas de Metal ont aimé le morceau “Paralyzed“.

Rock Metal Mag : Elle est la chanson la plus représentative du groupe ?

Ludovic : Alors je ne dirais pas ça. D’ailleurs on ne sera peut être pas d’accord sur le choix de celle qui nous représente vraiment .

Vartan : Je pense que la plus représentative du groupe c’est “Butterfly Effect“. On a quelques influences communes mais il y en a d’autres qui sont complètement extrêmes.

Par exemple Victor ou Ludo aiment beaucoup le Thrash Metal. Victor aime aussi le Death et le Black . Moi je suis très Néo Metalcore. C’est vraiment dans cette chanson là que toutes nos influences se sont bien mixées.

Ludovic : Mais aussi dans “We Won’t Obey“, parce qu’il y a eu vraiment le processus de composition entremêlé. Et là on a vraiment la structure qui commence Néo Metal, qui se poursuit sur des riffs Thrash bien incisifs avec la mélodie plus tempérée. Sur Butterfly et sur Obey, on a réellement l’empreinte du groupe.

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Rock Metal Mag : DansWe Won’t Obeyj’ai senti une touche Metal Indus?

Vartan : Oui et je sais ce qui fait penser à ça. C’est le son de la post prod qui est très statique et cela vient de mes influences. On essaie tout le temps de mélanger au maximum nos influences. Je suis toujours convaincu que le mélange est ce qui va toucher un plus large public.

Ludovic: “We Won’t Obey” est le dernier titre composé pour l’EP. On l’a d’ailleurs fini juste avant l’enregistrement et c’est sur celui où l’on a été amené à innover le plus. On a vraiment l’essence du groupe et c’est ce qui va, peut être, être la suite pour l’album.

A l’avenir ce sera les mélanges de Néo et Thrash dans une même chanson. Un morceau qui met des claques et qui en même temps a la mélodie et les riffs rapides et incisifs. On a bien réussi à mélanger les styles d’une certaine façon.

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Rock Metal Mag : Alors justement, comment s’est passé la composition de cet album? C’est toi Ludovic qui amène le Riff ?

Vartan : Alors cela dépend des morceaux mais c’est vrai que c’est lui qui amène la plupart des riffs . Moi j’amène du chant. Des fois ça match, d’autres fois non. Par exemple pour “Butterfly Effect” j’ai eu l’idée du refrain que j’ai enregistré. Je leur ai envoyé et ensuite tout s’est déroulé derrière.

Ludovic : En fait le process est que, avant de rentrer dans Despite, j’avais déjà toute une bande de riffs. Mais j’ai continuer a en créer d’autres. Je n’arrête pas et je suis d’ailleurs une usine à riffs. Parfois Vartan a du mal à suivre (rires)

J’en propose beaucoup, beaucoup beaucoup et je dis riff 1, riff 2, riff 15 etc… et dans tous ceux que j’envoie je lui demande lequel lui parle le plus. Au final pour “Paralyzed” c’est ce qui s’est passé. Et à partir du moment où il me dit que ça le botte, je déroule et je propose une structure.

Pour “Into The Past” , je l’avais écrit avant d’arriver dans Despite et on l’a modifié ensemble.

Pour “Butterfly Effect“, comme l’a dit Vartan, il avait déjà trouvé les paroles.

Pierre, lui, s’inspire beaucoup plus des paroles de Vartan pour composer. Il s’inspire de ce que veulent dire les paroles, du sentiment et du ressenti des textes pour écrire la musique.

Par exemple pour Butterfly, Pierre a fait toute la première partie. Ensuite j’ai pris le relais sur la seconde partie. C’est ce qui explique un peu ce changement d’univers, d’un coup, au milieu de la chanson.

Donc en fait tout ça se complète assez bien. Comme on voulait sortir un EP assez rapidement lorsque l’on a démarré le groupe, on avait pour objectif de composer quasiment un morceau par mois. On avait prévu de faire l’EP sur 5 mois.

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est butterfly.jpg.

Rock Metal Mag : Qui est l’auteur de cette jolie pochette ?

Vartan : Alors j’ai pas trop de talent en tant que dessinateur, mais j’avais l’idée de la pochette en tête. Donc j’ai demandé à des graphistes qui m’ont fait plusieurs propositions. Et c’est celle que j’ai choisi.

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Rock Metal Mag : Quelle est l’idée alors qui se cache derrière cet effet papillon ?

Vartan : La première idée que je voulais exprimer c’est que toutes les erreurs qui s’accumulent, petites ou grandes, et auxquelles ont ne fait pas face, vont devenir de gros problèmes. Un peu comme l’effet papillon qui part d’un petit battement d’ailes et qui peut devenir un ouragan. Donc c’est cette analogie entre ces deux choses que j’ai voulu montrer.

Ludovic : D’ailleurs au delà de ça, sur le passage qui est très épique, il y a tout un discours sur l’environnement et l’écologie. Et ce qui est marrant, c’est que sans se connaître, on a tous des convictions politiques, écologiques similaires. C’est pour cela que la mayonnaise prend vraiment aussi bien, car on s’entend très bien sur tous ces sujets.

Vartan : Pour être totalement honnête, je ne me voyais pas faire autre chose que de la musique un peu revendicatrice. Je suis arrivé dans le Metal tardivement par rapport à certains puisque j’avais déjà 17/18 ans. Mais je me suis pris la claque avec System Of A Down.

Pour moi, c’était vraiment une claque car avant SOAD, lorsque l’on parlait d’un arménien, on se demandait où se trouvait l’Arménie. Et eux lorsqu’ils sont arrivés ils ont tout dévasté avec leur musique et leur coté revendicateur.

Donc je ne m’imaginais pas ne pas transmettre ce que ce groupe m’a transmis. Je ne peux pas faire autrement. Cette ouverture d’oeil et d’esprit qu’il m’on apporté à cet age là, il fallait que à mon tour je les retranscrive.

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Rock Metal Mag : Et donc avant de baigner dans la musique Metal vous écoutiez quels styles?

Vartan : Beaucoup de musique arménienne et puis un peu de variété. Ce qui passait à la radio, de la dance. (rires) En fait j’écoutais ce qui passait.

Ludovic : Alors moi, je suis tombé dans le Metal très petit. Cela fait partie des premiers trucs que j’ai écouté. Mais j’ai commencé d’abord avec Les Forbans, Michael Jackson et tout ça et puis au collège je faisais des compilations Hard and Dance. C’était l’époque Dance Machine. Donc j’écoutais autant ce genre de truc que de Metallica, Guns N’ Roses..

C’est ma soeur qui m’a fait tomber là-dedans quand j’avais 11 ou 12 ans. Et elle m’a offert la K7 du Black Album de Metallica pour mes 12 ans, en 1992. Et de là je me suis mis a acheter les autres K7 de Metallica. Donc voilà le Metal c’est …

Rock Metal Mag : C’est vital !! (rires)

Ludovic : Oui voilà, c’est vital. (rires) Elle m’a fait écouter les Guns, je voulais jouer comme Slash et c’est à partir de là que je me suis acheté ma première guitare. Je voulais absolument jouer de la guitare. Même si je ne joue pas comme Slash mais je fais de la guitare.

Mais je n’écoute pas que du Metal mais aussi beaucoup de rock français. Je peux même écouter Lady Gaga aussi. Pas tout, bien sur, mais dans Star is born je trouve qu’il y a des bons morceaux. Il y a Jean Jacques Goldman que j’adore et qui est un super compositeur.

J’ai une dominante Metal mais par le Metal je suis ensuite arrivé sur la musique classique. Parce que Metallica, puis Dream Theater et beaucoup de Metal Prog, ensuite les guitares virtuoses qui m’ont emmené au classique. Et le classique qui m’a amené au Jazz, au Blues…

Voilà, donc c’est quelque chose de très personnel et je ne sais pas si on ira dans cette voie là. Mais cela se ressent un peu sur l’EP avec la Post Prod d'”Into The Past” et sur les couplets on entend un peu des notes groove jazzy.

Sur la fin de l’EP on a cette notion arménienne , ce mélange de culture. Sur “Butterfly Effect” on a un passage épique. On en a pas encore beaucoup parlé mais il va y avoir probablement des marques d’influences d’autres musiques par la suite.

Vartan : Tout en essayant de garder l’équilibre.

Ludovic : Et tout en restant Metal

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Rock Metal Mag : Vous avez repris “Snuff” de Slipknot c’est une sorte d’hommage envers ce groupe qui fait partie de vos influences ?

Vartan : Alors Slipknot fait carrément partie de nos influences. Après l’arrêt de mon ancien projet et en attendant, je voulais m’amuser à faire des cover sur une chaîne youtube personnelle. Et comme Despite The End est arrivé assez vite et que j’étais en train d’enregistrer la cover, autant la faire pour le groupe.

Pour moi, Corey Taylor c’est LE TOP chanteur. Lui et Chester Bennington vont être irremplaçables. Donc c’était un hommage à la voix de Corey Taylor, ainsi qu’un hommage au groupe, mais aussi une bonne façon de faire une entrée en matière pour Despite The End.

Le Snuff de base est beaucoup plus calme que le notre. C’était important de montrer que dans l’EP il y aurait de l’énergie.

Ludovic : Pour compléter ce que tu dis, j’ajoute que c’est le choix de Vartan. On l’a tous super accepté parce que l’on aime tous cette chanson. Et le choix de Snuff plus qu’une autre chanson de Slipknot beaucoup plus vénère, c’est d’abord pour la beauté du chant. Mais c’est aussi la notion de vouloir toucher un large public et donc ouvrir la porte Metal à des personnes qui n’en écouteraient pas.

C’est aussi ce que l’on veut essayer de faire avec notre propre musique.

Vartan : Concrètement c’est ce qui s’est passé pour moi. J’ai commencé avec System Of A Down et Linkin Park et c’est eux qui m’ont fait rentrer dans des trucs plus durs comme Lamb Of God, Static-X, entre autres.

Donc si nous, Despite The End on peut faire faciliter l’entrée dans le Metal à certains qui nous écoutent, on aura tout gagné.

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Rock Metal Mag : Un seul mot d’ordre pour Despite The End, ne jamais perdre l’équilibre entre technique et mélodie ? C’était votre plus gros challenge pour ce premier EP?

Vartan : Dès le début, je leur ai dit que je ne voulais pas partir dans des musiques extrêmes.

Ludovic : Le challenge ce n’était pas tant la technique mais plus la mélodie. On est tous d’accord sur ce coté mélodique. Coté technique, on pourrait tous faire des choses simples ou compliquées mais ce qui compte c’est que cela serve le morceau.

Que ce ne soit pas du bruit pour du bruit. Je ne dis pas que le Black ou le Death ne sont pas bien, mais ce n’est pas notre créneau. On veut, à la manière de Snuff, que ce soit mélodique, agréable à écouter et parfois très rageux et très rentre dedans. Et après circle pit pour tout le monde.

Vartan : C’est surtout, ne pas cibler qu’une seule partie du public et s’ouvrir vers un public plus large.

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Rock Metal Mag : Votre base d’influences groove Metal , Thrash, Néo et Metalcore principales réunit déjà un vaste auditoire si je peux dire.

Ludovic : La complexité pour Despite a été de réunir ces influences justement parce que nous n’avons pas tous le même bagage et le même style de Metal. Vartan est très Metalcore et Néo, moi je suis très Thrash, prog etc.., Victor est dans le Death Old School et Roy est plus dans le Rock/Punk.

Donc on est sans cesse dans la concession. On se concerte souvent pour savoir si ça rentre dans notre univers ou pas. Je propose beaucoup de riffs qui ne sont pas à rejeter définitivement mais plutôt mis de coté peut être pour la suite. Il faut les maturer un peu.

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Rock Metal Mag : Vous avez surement commencé la composition de nouveaux morceaux ?

Vartan : Le confinement nous a fait faire un truc inédit, et donc on a composé à distance. Parce que avant le confinement on se voyait toujours pour composer même si on cherchait des idées chacun de notre coté.

On a appris à composer sans se voir et la première chanson réalisée pendant le confinement est pratiquement finie. Et là on va commencer à enchaîner. Par contre pour le futur projet de l’album, on a pris la décision de l’enregistrer tout au long de l’année qui vient.

On va s’adapter au système actuel au niveau des sorties. C’est à dire que l’on va faire du single par single jusqu’à l’album complet . Il fera peut être 11 ou 12 titres, mais on aura surement déjà sorti 6 ou 7 singles avant.

C’est une façon de faire parler de nous toute l’année prochaine et pas une seule fois en septembre. Aujourd’hui il y a énormément de groupes qui sortent de partout. Par exemple sur Instagram ou Facebook, on vous propose 15 groupes différents.

En fait si on ne sort qu’une seule fois un truc, on passe vite aux oubliettes.

Ludovic : Heureusement, on a la chance d’avoir My Ouai qui soutient tout ça

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Rock Metal Mag : Alors comment avez vous été amené à travailler avec My Ouai Production ?

Vartan : En fait l’association, My Ouai Production, j’en fait partie. C’est une association qui aident les enfants à se sortir de leur handicap. Moi, je travaille à l’atelier du courrier, une entreprise adaptée aux travailleurs handicapés. Donc, comme je baigne la dedans il était tout naturel qu’avec My Ouai, créé par Jean-Michel KAMPF, on fasse un bout de chemin ensemble.

Faire émerger un nouveau groupe aujourd’hui coûte beaucoup plus d’argent qu’il en fait gagner, mais c’est une maison de production qui a fait un pari comme une autre maison de production, sauf que celle de My Ouai est sociale et solidaire. Si un jour on fait un concert dans une salle, tous les bénéfices sont reversés entre le artistes et l’association.

Ludovic : On a cette chance d’avoir Jean Michel de My Ouai qui soutient notre musique, finance le tournage des clips, l’enregistrement de l’EP. Mais en plus la finalité de l’asso parle à tous dans le groupe. On avait tous envie d’avoir une participation à quelque chose de social.

C’est magique parce que non seulement on fait de la musique, on se fait plaisir et on fait plaisir aux autres, mais en plus cela donne des sourires aux gosses.

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Rock Metal Mag : Vous serez au Gibus le 10 octobre, est ce que vous avez pu planifier d’autres dates pour 2021?

Vartan : Malheureusement pas encore. Avec le Covid c’est difficile de planifier des dates. La reprise de beaucoup de dates enchaînées va se faire plus sur 2021. Je pense que l’on va beaucoup insister pour trouver une tournée en première partie afin de promouvoir l’album qui va sortir.

En fait le 10 octobre devait être le 25 avril, le lendemain de la sortie de l’EP.

Ludovic : Cela ne s’est pas fait mais cela nous sert presque, en fait, vu le nom du groupe.

Vartan : Au mois de janvier j’avais prévu que “Paralyzed” sortirait le 20 mars, Butterfly telle date et l’EP le 24 avril. Et on sort Paralyzed la semaine où la France se retrouve en confinement.

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Rock Metal Mag : On va conclure avec la signification du dernier morceau Despite the End, récité en arménien ?

Vartan : Il y a une belle anecdote sur cette chanson. Déjà, la guitare est un riff de Ludo.

Ludovic : C’est un truc que j’ai écrit il y a très, très longtemps. Avant je jouais dans le groupe de Brutal Death, Deep In Hate, avec Nicolas Bastos à la batterie. J’étais guitariste pour leur premier album et j’avais écrit ce truc là pour le groupe et il ne l’avait pas retenu.

Quand je l’ai fait écouté à Vartan il a trouvé ça cool et voulais que ce soit sur l’EP.

Vartan : Oui et lorsqu’il l’a joué j’ai tout de suite pensé soit à une intro, soit à une outro. C’est quelque chose qui était très efficace et je me suis senti inspiré dessus.

Ensuite j’ai décidé de le faire en arménien mais l’anecdote est que je parle arménien mais pas suffisamment proprement. Donc j’ai écrit un texte en français et j’ai demandé à ma mère de le traduire.

Elle m’a envoyé par WhatsApp, un audio de toutes les bonnes prononciations. au moment où je asse avec l’ingé son, il met les prononciations de ma mère et moi je les répète, etc…

Et en réécoutant, à un moment donné je lui ai dit que l’on allait laisser la voix de ma mère. Donc voilà, ce sont juste des enregistrements de ma mère qui sont en fond.Ce n’était pas prévu à la base.

Ludovic : Du coup c’est hyper fort, non seulement pour toi mais aussi pour ta mère.

Vartan : Alors le texte dit : Regarde le ciel une dernière fois, plein de fumée et de cendres. L’homme a construit et bâtit de ses mains avant de tout détruire aussi de ses propres mains. Reste avec moi pour l’éternité. Merci Poète d’être resté avec moi malgré la fin.

En arménien cela se dit mieux. Mais en fait cette phrase a un double sens. Ce “merci Poète d’être resté avec moi jusqu’à la fin” c’est pour remercier l’auditeur d’avoir été jusqu’à la fin de l’EP.

En fait ils auraient tous voulu que je mette la traduction, mais ..

Ludovic : J’aurais bien aimé que juste le Despite The End prononcé en arménien tu le dises Despite The End pour finir l’EP.

Vartan : Je me suis dit justement que les auditeurs allaient chercher par eux même à savoir .

Ludovic : Le riff de guitare de cet outro sera peut être le riff de départ du nouvel album. Il servira d’intro, comme Despite The Bigining

Vartan : C’est une façon de continuer à raconter l’histoire.

Rock Metal Mag : En tous les cas c’est une très jolie fin et l’on a hâte de découvrir la suite ..

Despite The End Full EP Butterfly Effect

Notre chronique : https://rockmetalmag.fr/despite-the-end-butterfly-effect/