Interview avec Swan de Black Rain

Interview avec Swan de Black Rain

Entretien au Hellfest 2019 avec Swan chanteur/guitariste de Black Rain

Le groupe français Black Rain est de retour avec un nouvel album « Dying Breed » sorti le 13 septembre via Steamhammer/SPV.

Rock Metal Mag : Quel est ton ressenti par rapport à votre passage sur la Main Stage du Hellfest ?

Swan : Ça s’est très bien passé ! Ce n’était pas aussi stressant que ce que je pensais et surtout je ne m’attendais pas à voir autant de monde. Ils étaient nombreux à chanter les paroles. Techniquement tout s’est bien déroulé donc il n’y a pas eu de stress supplémentaire par rapport à ça. C’était vraiment bien et davantage de plaisir qu’autre chose.

Rock Metal Mag : Votre nouvel album sonne comme un retour aux sources, notamment grâce aux retrouvailles avec Chris Laney. Comment ça s’est déroulé ? Est-ce que vous étiez restés en contact ?

Swan : On n’était pas vraiment resté en contact avec Chris. On a dû s’envoyer quelques messages de temps en temps mais pas plus que ça. Retravailler avec lui c’était un truc auquel on pensait depuis longtemps et puis sur les albums précédents on était avec Jack Douglas car il nous contactait directement pour essayer de faire des choses avec le groupe donc c’est ce qu’on a fait. Là par rapport aux nouvelles chansons, on voulait vraiment retrouver un son plus suédois qui correspond plus au groupe.

Rock Metal Mag : Est-ce que votre processus de création a évolué, de même que votre façon d’enregistrer ?

Swan : Forcément comme tous les groupes d’aujourd’hui. Il y a moins d’argent dans la musique et je connais peu de labels qui paient pour envoyer des groupes en studio donc il faut faire avec les moyens du bord. Ça marche très bien d’ailleurs, ce qui nous arrange beaucoup car on ne vit pas au même endroit. Je ne vis pas en France, le guitariste vit vers Dijon et les autres sont basés à Paris, c’est donc plus pratique de faire avec les techniques modernes dont nous disposons. C’est comme ça que ça se passe maintenant et ça se passe bien. Là nous sommes satisfaits et peut-être qu’à l’avenir on retournera tous en studio pour enregistrer mais pour le moment on est content du résultat.

Rock Metal Mag : Du coup comment ça se passe pour les répétitions ?

Swan : On joue ensemble depuis plus de 10 ans donc on se connaît bien et bien sûr, ça implique du travail personnel à faire en amont. Après on se rejoint en répétition avant les concerts donc ça varie suivant les concerts. Si on joue plusieurs dates, on va peut-être faire seulement 2 répéts avant et si on joue moins souvent, on va essayer de répéter plus mais en général on se rejoint juste avant les concerts.

Rock Metal Mag : Qu’est ce qui te manquait concrètement dans le son que vous aviez avec Chris, en dépit des sonorités « suédoises » ?

Swan : C’est quelque chose d’assez spécial car c’est plutôt dur à définir. Il est vraiment bon pour mixer des groupes comme le notre, c’est à dire typé années 80. Il sait faire mixer avec ces influences là et faire sonner la caisse claire comme ça, la balance entre tous les instruments. Il y a vraiment quelque chose de typique en Scandinavie et c’est un truc qu’ils font mieux en Suède qu’ailleurs. Je pense qu’on aurait dû retourner avec lui plus tôt mais c’était aussi positif d’expérimenter d’autres horizons. Je ne sais pas si nous ferons la même chose pour le prochain album mais ça reste probable même s’il n’y a rien de décidé. En tout cas ça marche toujours très bien avec lui.

Rock Metal Mag : La pochette est plutôt « dark ». C’était l’idée de départ ?

Swan : L’idée de départ c’était d’avoir des squelettes qui représentent le groupe et pour le coup, qui soient vraiment typés années 80 au niveau des couleurs, du grain et des dessins. On n’a pas voulu faire quelque chose de dark mais c’est vrai que ce n’était pas les couleurs que nous a sorti l’artiste. On a changé le panel de couleurs et je pense que c’est l’aspect général qui te fait dire ça (rires).

Rock Metal Mag : Pensez-vous que votre style musical s’essouffle un peu et que vous êtes en quelque sorte la dernière génération ?

Swan : Disons qu’il y a eu une espèce de « Revival » de toute cette vague qui faisait beaucoup de musique influencée par les années 80. C’était il y a déjà 10 ans en arrière. Le temps passe vite ! Donc oui aujourd’hui je peux te dire que ça s’essouffle plus ou moins. Il y a énormément de groupes qui ont essayé de le faire depuis 10 ans et nous sommes un des rares ayant survécu aux années. On a vu énormément de groupes à côté de nous qui sont nés et qui sont morts 1 an après. Aujourd’hui on est une poignée à survivre et je ne sais pas si le style en lui même s’essouffle mais en tout cas c’est le cas pour le « revival » qu’il y a eu 10 ans en arrière !

Rock Metal Mag : Vous existez depuis longtemps mais l’industrie musicale est un milieu parfois impitoyable. Est-ce que tu as déjà eu envie de tout arrêter ?!

Swan : Oui ça a déjà dû me passer par la tête. Il y a toujours des moments un peu difficile dans un groupe. Aujourd’hui ce qui est difficile pour un groupe c’est qu’il est quasiment impossible de vivre pleinement de ta musique, faut dire ce qui est. Ceux qui en vivent sont très rares, à part les vieux noms. Ça demande une organisation très spéciale que tu dois gérer différemment. Tu ne peux pas avoir un groupe et avoir une vie de famille comme tout le monde. Maintenant nous avons chacun notre métier à côté. On arrive à s’organiser pour faire en sorte que le groupe survive mais c’est sûr qu’on s’organise différemment par rapport aux concerts par exemple. On essaie de tout regrouper au même moment car on ne peut pas être sur la route pour deux concerts par mois, ce n’est pas possible vu qu’on ne vit pas tous au même endroit.

Rock Metal Mag : Et quels conseils donnerais-tu aux musiciens qui se lancent dans cette aventure ?

Swan : Je ne sais pas s’il y a vraiment des conseils. C’est bien de rêver, après il faut connaître tous les aspects de l’industrie. La musique ça coûte très chère et c’est beaucoup de travail. Ça peut paraître assez ingrat. De toute manière ceux qui commencent et qui ne sont pas vraiment passionnés arrêteront très vite. Il feront autre chose (rires) !

Rock Metal Mag : De quoi es-tu le plus fier dans ta carrière ?

Swan : D’être toujours là aujourd’hui (rires) ! On a fait des gros concerts, des grosses premières parties. On a joué un peu partout en Europe, et même au Japon. On a fait vraiment beaucoup de choses par nous même et je pense que je suis fier de l’ensemble en général et je suis particulièrement fier que le groupe soit encore en vit aujourd’hui. C’est vraiment pas facile de garder 4 personnes ensemble après tant d’années dans ces conditions donc je suis assez content de l’issue des choses.

Rock Metal Mag : Est-ce que le groupe a déjà collaboré avec d’autres artistes, et si ce n’est pas le cas, est-ce que vais aimeriez le faire ?

Swan : Non, mais pourquoi pas, si les conditions sont réunies et si c’est quelque chose d’intéressant. Il faut voir ce que ça donne. Avoir des guitaristes en invités, c’est un truc qui me dit pas mal. Faire des vidéos avec d’autres artistes qui collaborent sur une chanson, ça peut être intéressant oui. Ou encore écrire une chanson avec quelqu’un d’autre mais ça devra être quelque chose de différent. Si tu fais un truc avec un autre artiste mais que ce n’est pas différent de ce que tu fais habituellement, ça n’a aucun intérêt. Il faut que ça sorte de ce que l’on a l’habitude de faire.

Rock Metal Mag : Pour finir et comme nous sommes sur un festival, quel serait ton line up de rêve ?!

Swan : C’est une question assez difficile. J’essaierai de regrouper tous les groupes qui m’ont influencés pendant mon enfance, donc il y aurait forcément AC/DC, Metallica et Guns’n’Roses en même temps, ce qui est déjà quasiment impossible (rires). J’essaierai de reformer Motley Crüe et il y a sûrement plein de groupes que j’oublie mais ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit pour un festival de ouf !

Black Rain se compose de: Swan: voix/guitare, Max 2: lead guitar, Matthieu de la Roche: basse et Frank F: batterie

1 1 Commentaire