Entretien avec TYLER BRYANT et CALEB CROSBY

Entretien avec TYLER BRYANT et CALEB CROSBY

Entretien avec TYLER BRYANT, chanteur / guitariste et CALEB CROSBY, batteur du groupe Tyler Bryant & The Shakedown Arrivant tout droit des Etats-Unis, Tyler et Caleb, bien qu’un peu fatigués par le voyage, ont eu la gentillesse de répondre à nos questions à Paris. Petite histoire du groupe: Originaire du Texas, Tyler Bryant commence à gratter une guitare

Entretien avec
TYLER BRYANT, chanteur / guitariste
et CALEB CROSBY, batteur du groupe
Tyler Bryant & The Shakedown

Arrivant tout droit des Etats-Unis, Tyler et Caleb, bien qu’un peu fatigués par le voyage, ont eu la gentillesse de répondre à nos questions à Paris.

Petite histoire du groupe:

Originaire du Texas, Tyler Bryant commence à gratter une guitare dès l’âge de 6 ans. Il ne tarde pas à être repéré, et Eric Clapton l’invite alors à Chicago pour participer à l’édition 2007 du festival Crossroads Guitar.

A tout juste 17 ans, Tyler débarque à Nashville, Tennessee. C’est aux côtés de Caleb Crosby, Graham Whitford et Noah Denney qu’il fonde les Shakedown. Dès lors, le groupe réalise plusieurs EPs, puis un premier album qui parait en 2013. La bande joue avec de grands noms comme Aerosmith, Guns N’Roses, AC/DC ou encore Deep Purple.

TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN représente sans aucun doute l’avenir du rock US. Leur deuxième album au titre éponyme, sorti le 3 novembre dernier, confirme le talent incroyable de ce quatuor authentique.

Rock Metal Mag: Vous voilà donc tous les deux à Paris pour cette journée promotionnelle. Où sont donc Noah et Graham ?!

Caleb Crosby: Nous les avons viré (rires) !

Tyler Bryant: Tu as en face Tyler Bryant & The Shakedown dans son intégralité !

Caleb: Je suis les Shakedown à moi seul.

Tyler: Haha ! Non, en fait nous retrouverons Noah et Graham à Eindhoven au festival Helldorado. Nous assurons donc la promo et c’est aussi plus simple pour transporter le matériel… Hier Caleb a annoncé à Graham que ce serait finalement lui qui voyagerait dans l’avion avec son nouveau drumkit (rires) !

Caleb: Oui j’ai acheté un nouveau kit avec lequel je voulais absolument jouer ici, mais c’était compliqué de le faire expédier. On a déjà eu des problèmes avec le transport de nos instruments. Ce sont des sacs imbriqués les uns dans les autres et je ne me voyais pas prendre le train avec ça. Il était là « Quoi attend, on va voler avec ça ? Nous devons en discuter » (rires) !

Tyler: Honnêtement je ne sais pas où sont Graham et Noah à l’heure actuelle, mais j’espère qu’ils seront là pour le premier concert.

Caleb: Et bien il doit actuellement être 6h à Nashville, donc je pense qu’ils sont au lit, mais ils doivent prendre l’avion assez tôt. Nous devrions les voir demain soir !

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Rock Metal Mag : Lorsque « The Wayside » est sorti, il devait initialement s’agir d’un album, mais finalement c’est un EP de 6 titres. Est-ce que l’on retrouve les autres chansons sur votre nouvel opus ou s’agit-il seulement de nouvelles composions ?

Tyler Bryant : Non, ces morceaux sont tous nouveaux, et il y a toujours 7 autres chansons qui sont finies mais qui ne sont pas sorties. Nous espérons que ces titres qui n’ont pas pu se retrouver sur « The Wayside » sortiront enfin l’année prochaine. Le nouvel album est quant à lui composé entièrement de nouveaux morceaux, dont certains que nous jouons déjà en live.

Caleb Crosby : Oui ces titres auraient pu fonctionner sur « The Wayside » mais nous nous sommes dit que nous pourrions faire quelque chose qui pourrait se suffire à lui-même. C’est assez cool car pas mal de personnes savent que des chansons qui devaient figurer sur l’EP ne sont pas sorties, pour les raisons que tout le monde connaît… Et nous savons que les fans attendent ça !

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Rock Metal Mag : Oui car en voyant les titres du nouvel album je me suis demandée où était passée « Wash Me Holy » vu que vous aviez l’habitude de la jouer en live !

Caleb : Oui en effet c’est l’une d’entre-elles et c’est d’ailleurs une de mes préférées. Beaucoup de personnes nous posent des questions à propos de ce morceau et de quelques autres. Mais tout ça va enfin arriver prochainement !

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Rock Metal Mag : Vous avez aussi fait une vidéo pour le titre « Don’t Come Cheap » mais il ne figure sur aucun album ou single.

Tyler : Ah c’est trop drôle ! En fait, cette vidéo à été faite dans mon sous-sol, où nous avons d’ailleurs enregistré l’album. C’est le seul enregistrement existant pour cette chanson car nous ne l’avons jamais mis sur un album, mais cette version est vraiment cool. Je l’adore ! Peut-être que nous devrions l’enregistrer à nouveau, car pas mal de gens nous le demande.

Caleb : Ouais ! Il y a eu une période où on la jouait en live et c’était cool, mais ensuite on s’est mis à la zapper.

Tyler : On en a eu marre !

Caleb : C’est amusant car c’est vraiment quelque chose que l’on nous demande beaucoup.

Tyler : Et nous n’avons pas joué « Wash Me Holy » depuis un moment aussi…

Caleb : Nous devrions peut-être rejouer tout ça sur cette tournée… Il y a beaucoup de personnes qui nous ont découvert à travers la vidéo de « Don’t Come Cheap » et ils viennent à nos concerts dans l’espoir de l’entendre !

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Rock Metal Mag : L’enregistrement de votre premier album « Wild Child » (2013) a été un peu chaotique. Comment ça s’est passé cette fois-ci ? C’était plus facile ?

Caleb : Oui nous avons pu tout gérer et c’était bien plus facile. Nous l’avons fait en une seule fois et tout s’est bien passé.

Tyler : Tu ne peux jamais savoir à l’avance si ça va bien fonctionner avec un nouveau producteur. Nous avons bossé avec ce mec appelé Rick Beato à Atlanta, et il a fait de bons albums. Il est très talentueux. En fait, nous avions fait une version de « Ramblin’ Bones » avec lui pour « The Wayside » lorsque nous pensions encore qu’il s’agirait d’un album. Nous avons eu le sentiment qu’il arriverait à mieux capturer l’essence des Shakedown, plutôt qu’avec Vince Powell, avec qui nous avons beaucoup travaillé auparavant. En plus de ça, nous avons eu notre contrat avec Republic Records et la tournée avec AC/DC, donc le groupe était très occupé… Nous voulions faire ressortir un coté plus agressif et je pense que tu peux l’entendre dans les paroles. Nous nous sommes réunis autour de la table de ma cuisine et nous avons choisi nos morceaux préférés en nous disant que nous ferions un album par nos propres moyens. Nous pensions que nous n’avions besoin de personne et que nous serions capable de le faire. Nous nous en sommes convaincus mutuellement, même si c’était un peu effrayant au début. D’ailleurs « Don’t Mind The Blood » est la première chanson que nous avons enregistré pour l’album. Au final tout s’est passé beaucoup plus facilement qu’avec n’importe quel autre disque. Nous avons travaillé d’arrache pied. J’en faisais même des cauchemars ! Je rêvais des arrangements… Tu dois faire prise après prise et choisir le meilleur… Je ne pensais pas que faire tout par nous même demanderait autant de travail .

Caleb : Mais tu sais quoi ? Nous préférons fonctionner comme ça ! Quand nous faisons nos démos, nous sommes extrêmement méticuleux.

Tyler : Oui nous pouvions passer 20h sur une démo… Nous avons passé 3 jours sur la démo de « Jealous Me » ! J’ai passé 3 jours seul avec Graham et sa guitare pour cette chanson.

Caleb : C’est la démo sur laquelle nous avons passé le plus de temps d’ailleurs. Parfois tu te rends compte qu’il n’y a pas besoin d’en faire autant mais tu le fais quand même. Ça fait juste partie de notre processus. Nous bossons beaucoup et je pense que nous apprenons énormément de cette manière.

Tyler : La majorité des démos que nous avons fait ces deux dernières années étaient du « fait maison ». Caleb vivait avec moi dans notre « Bombay Palace »…

Caleb : Mais nous nous sommes séparés !

Tyler : Ouais. Et donc il avait son studio et j’avais le mien, et nous avons vécu comme ça pendant quelques années.

Caleb : Pendant au moins 4 ans. C’est dingue !

Tyler : Nous composions des chansons tous les jours. Nous avons appris comment utiliser ProTools et tout l’envers du décor d’un enregistrement. Ça s’est avéré être très utile et l’enregistrement de ce nouvel album nous a forcé à en apprendre davantage. Après tout ce que nous avions expérimenté en studio avec d’autres personnes, nous voulions à présent savoir comment faire un album par nous-même. De cette façon, nous pouvons faire nos propres albums lorsque nous le désirons. Avec ce disque, nous reprenons en main les rênes de notre carrière, parce qu’on ne peut pas sortir un EP et tourner pendant deux ans. Nous avons besoins de sortir de nouvelles choses car nous écrivons beaucoup de musique. Il y a déjà eu 15 nouvelles chansons d’écrites depuis la sortie de cet album. Il a tellement de morceaux…

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RMM : Et vous avez travaillé avec John Fields, qui vient d’un milieu très éclectique. Comment avez-vous fait ce choix ?

Tyler : Oui c’est vraiment éclectique, on peut le dire !

Caleb : C’est drôle car je crois qu’il y a quelques interviews qui sont sorties disant qu’il avait co-produit l’album, mais en fait c’est faux. Nous avons nous même produit l’album et il a fait le mixage. Ça fait un moment que nous sommes amis. Il vient d’un milieu très pop, même s’il y a beaucoup de groupes qu’il n’apprécie pas. Il a rencontré de gros succès, notamment avec des groupes de rock que nous aimons, mais comme tu l’as dit ça reste très éclectique. En fait, j’adore les mecs comme ça qui peuvent presque tout faire. C’est un gars avec un esprit assez rock et c’est même un batteur. Quand j’ai entendu son premier mixage sur un de nos morceaux, j’ai eu le déclic que c’était lui qu’il nous fallait ! Il a vraiment fait du bon boulot. Nous voulions quelque chose d’un peu plus commercial dans le mixage, avec des chœurs plus en avant et un son de grosse caisse puissant. Tout nos précédents albums ont été enregistré de manière live. Là, nous étions à nouveau tous ensemble, mais séparément avec nos instruments.

Tyler : Nous écoutons des groupes comme les Foo Fighters, Royal Blood ou encore Queens Of The Stone Age. Tous ces groupes qui font du rock’n’roll à l’heure actuelle en 2017 et avec lesquels nous aimerions jouer. Nous n’avons besoin de personne pour sonner rock et nous voulions quelqu’un qui comprenne le rock moderne. Nous écoutons aussi Free ou Humble Pie mais là, nous étions plus dans l’expérimentation avec des synthétiseurs et d’autres instruments que nous avons approché d’une nouvelle manière. Nous étions en Israël avec les Guns n’Roses quand Graham lui a envoyé « Backfire » et 3h plus tard il nous a envoyé un mixage et c’était bon !

Caleb : Nous avons passé quasiment tout l’été sur la route avec les Guns, ce qui nous a beaucoup occupé. Cette tournée a durée 7 semaines et à la fin je ne voulais même plus écouter nos compos. J’en ai finalement écouté quelques unes dans le bus et je les trouvais bonnes mais il manquait un truc. Et c’est Graham qui a supposé qu’on devrait tout envoyer à John pour voir ce que ça donnerait. Donc, quand j’étais à l’hôtel à Tel Aviv, je lui ai envoyé et sur le chemin du retour, alors que nous volions vers la maison, il nous a renvoyé ce qu’il avait fait. Nous étions assis sur des sièges différents, mais nous avons tous pensé pareil ! C’était super ! Il a fait le mixage si rapidement et pourtant c’était top. C’était facile. Nous sommes très impatients de travailler à nouveau avec lui à l’avenir.

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RMM : Cet album parle de ce qu’il se passe dans le monde mais aborde aussi des histoires personnelles. Quelles chansons a été émotionnellement la plus difficile à composer ?

Tyler : Je pense que c’est « Into The Black ». Noah est arrivé avec cet accord de guitare et il avait une idée de riff, alors je l’ai enregistré avec mon téléphone. Nous n’avons pas souvent l’occasion d’écrire ensemble car quand nous ne sommes pas sur la route, nous faisons chacun nos trucs. C’est très difficile de nous avoir tous les 4 dans une pièce quand nous ne sommes pas en tournée. Nous avions 5 jours pour composer et nous avons écrit 5 chansons. La première était « Manipulate Me », le lendemain « Into The Black », le jour suivant nous avons écrit une chanson vraiment pourrie, et ensuite « Don’t Mind The Blood », puis « Easy Target » le dernier jour. Donc pour en revenir à « Into The Black », je voulais vraiment développer le riff de Noah. Sa nièce était née peu de temps après la mort de son père. Je suis allé un peu plus tôt au studio pour travailler ce riff et à la fin de la journée nous avons commencé à écrire les paroles. Chanter cette chanson tout en pensant à ce cycle de la vie me rendait émotif. C’était vraiment un morceau difficile, c’est pour ça qu’on ne l’a pas enregistré. On l’a capturé depuis la démo d’origine.

Caleb : Nous aimons beaucoup cette chanson et la manière dont elle a vu le jour, mais nous essayons de ne pas trop ressasser. C’est ce qui la rend si spéciale.

Tyler : Noah a fait toutes ces harmonies magnifiques.

Caleb : Oui, si tu écoutes seulement les parties d’harmonies sans le reste… c’est dingue ! Et ensuite tu écoutes avec la voix et c’est encore plus beau. Nous ne pouvions pas enregistrer ça, alors nous avons pris la démo.

Tyler : Ouais… Je pense encore souvent au papa de Noah et à sa nouvelle petit nièce. J’étais content que nous puissions écrire ça tous ensemble. C’est quelque chose d’important, bien plus important qu’être jaloux parce qu’un gars a parlé à ma copine par exemple.

Caleb : Honnêtement, c’est pour ça que ça clôture l’album, pas seulement parce que c’est la chanson la plus douce, mais aussi à cause des paroles. Quand j’écoute l’album du début à la fin, j’adore la manière dont ça se termine avec cette chanson pour diverses raisons.

Tyler : « Don’t Mind The Blood » n’était pas évidente non plus, d’une façon plus agressive… L’inspiration initiale vient d’une femme en chaise roulante se battant dans une manifestation. Le fait de penser à quelqu’un d’assez passionné pour se battre envers quelque chose qu’il défend, c’est une image puissante… Ça pourrait être politique ou un tout autre symbole, comme quelqu’un qui dirait « j’aime le rock et je vais passer 10 ans dans un van et dans des hôtels, loin des gens que j’affectionne, parce que j’ai ce rêve et que je veux me battre pour y arriver ». Donc cette idée là « I don’t mind the blood if it gets the job done » (trad: Peu importe le sang si le boulot est fait), c’est un peu une façon de dire que je survivrais malgré tout. C’est assez similaire avec « Heartland » ou encore « Backfire » qui est tout aussi mordante.

Caleb : Nous parlions de ça dans une autre interview, mais c’est drôle comment la plupart de ces morceaux peuvent se rapporter à ce nous vivons dans le monde actuellement. C’est assez parallèle à nos vies. Nous faisons ça depuis 10 ans avec Tyler. Nous passons beaucoup de temps ensemble et ces chansons ont d’une certaine manière un double sens pour chacun d’entre nous.

Tyler : C’est ce que j’aime avec les chansons. Si je reprends « The Wayside » par exemple, cette chanson a pris un autre sens maintenant comparé au moment où je l’ai écrite. Toutes ces chansons que nous jouons depuis un petit moment ont pris une forme différente et j’adore ça.

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RMM : Et vous avez récemment enregistré une vidéo pour « Backfire ». Comment ça s’est passé ?

Tyler : C’était amusant ! Nous l’avons fait le lendemain du concert célébrant la sortie de l’album.

Caleb : Nous sommes arrivés super fatigués à l’entrepôt.

Tyler : Fatigué par le show et encore trempé ! J’avais l’impression de ne plus pouvoir bouger à la fin du tournage de « Backfire ». Tu dois concentrer toute ton énergie et la garder. Nous avons dû jouer la chanson 20 fois…

Caleb : Tu dois penser à tellement de choses alors qu’il y a toutes ces caméras devant ta tête. Je crois que le résultat va être super. Les premières prises que j’ai vu avaient l’air très bien. On a fait quelques petits trucs drôles.

Tyler : Nous détestons faire des clips vidéos !

Caleb : Oui car c’est toujours un peu bizarre… Et nous détestons aussi les photo shoots. Il y a un côté rock’n’roll dans le fait de ne pas aimer ces trucs ! Quand nous avons filmé la vidéo, nous l’avons fait une première fois en jouant à une vitesse doublée. C’était très drôle. Le réalisateur m’a demandé de me placer et de réellement jouer avec la vitesse accélérée ! Au début je ne savais pas si je pourrais faire ça… Mais ça va être super cool ! Il y aura un effet de ralenti sur certaines prises de vue. Nous sommes très impatients de voir ça !

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RMM : Qu’avez vous appris de vos tournées avec de grands groupes comme AC/DC ou Guns N’Roses ?

Tyler : Que les chansons sont les choses les plus importantes. Tu peux être un bon guitariste ou un bon chanteur, si tu n’as pas les bonnes chansons, alors ça ne marchera pas. C’est pour ça que tu peux voir 60 000 personnes danser sur « You Shook Me All Night Long », « Dream On » ou encore « Paradise City » et « Won’t Be Fooled Again ». C’est la chanson en elle même qui fait tout. Quand nous avons commencé à enregistrer cet album, nous écrivions sur des sujets qui nous tenaient à cœur. La manière dont tu occupes la scène est aussi importante. Il n’y a pas d’espaces vides lors d’un concert d’AC/DC. Ils jouent avec les lumières et ce genre de choses. Le budget prime sur ça car il y a une énorme production mise en place pour que ces shows voient le jour. Sur cette tournée avec eux, c’était une des rares fois où nous avions l’occasion d’avoir un ingénieur lumières. Le fait d’avoir quelqu’un qui assurait le visuel pendant nos concerts, c’était une nouvelle étape pour nous.

Caleb : Ça apporte vraiment quelque chose en plus, visuellement parlant. C’est bien quant tu as le budget pour faire ça… Nous avons appris tellement aux côtés de ces groupes sur la manière de structurer nos shows, de faire de bonnes transitions et même sur la manière de composer des chansons.

Tyler : Même pour les musiques d’intro, celles qui sont jouées avant que le groupe ne monte sur scène. Cet élément permet déjà de poser l’ambiance.

Caleb : C’est intéressant car beaucoup de personnes ne se soucient pas de ça, c’était notre cas pendant un moment, mais en fait, ça a toute son importance ! Nous avons fait environ 33 concerts avec AC/DC, plus de 20 avec les Guns et…

Tyler : …Nous ne voulons pas entendre Britney Spears dans la salle avant que l’on monte sur scène !

Caleb : Parle pour toi (rires) !

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RMM : Sans transition. Est-ce que Nashville vous a choisi ou c’est vous qui avez choisi cette ville ?

Tyler : Je pense que j’ai choisi Nashville.

Caleb : Moi aussi. Je m’y suis installé lorsque je suis allé à l’université et deux ans plus tard, cela m’a conduit à la rencontre avec Tyler grâce à des amis communs.

Tyer : Ç’est dingue la vitesse à laquelle Nashville s’est agrandit. C’est en train de devenir énorme.

Caleb : Je pense que d’une certaine manière, je n’aime pas voir ce changement, mais il y a quand même plus de facteurs qui font qu’en réalité j’aime ce changement, car je pense que çela devient meilleur. L’atmosphère musicale est aussi en train de prendre un tournant, mais c’est amusant car je pense que nous sommes des acteurs de ce changement. Nous plaisantons souvent sur le fait que Nashville ne sait pas qui nous sommes alors que nous y vivons, bien que nous soyons plus souvent sur la route. Il y a une scène musicale incroyable dans cette ville alors que ce n’était pas vraiment le cas il y a encore 7 ans. Il a d’excellents artistes qui émergent ou qui sont davantage sous les feux des projecteurs alors qu’ils font ça depuis des années, mais c’est seulement maintenant qu’ils ont la reconnaissance qu’ils méritent. C’est assez cool à voir.

Tyler : C’est connu pour être Country mais il y a beaucoup de groupes de Rock qui vivent là-bas. Ils ne sortent jamais de cette ville et il y a des groupes comme nous, qui sommes tout le temps sur les routes. Les Guns y ont joué il y a peu et certains gars de leur équipe m’ont demandé quels étaient les endroits cool à visiter, mais je ne sais même pas ! Quand je rentre à la maison, je vais juste à l’épicerie du coin. Je suis tout le temps dans mon studio quand nous ne sommes pas en tournée (rires).

Caleb : Je le connais tellement bien… Parfois je l’appelle pour lui dire qu’il fait beau et qu’on pourrait faire un tour pour prendre un peu de vitamine D ! En général il me répond qu’il n’a même pas vu le soleil parce qu’il a bossé jusqu’à 6h du matin et dormi jusqu’à 13h ou plus.

Tyler : C’est de cette manière que notre album a été créé!

Caleb : Oui bien sûr ! C’est comme ça que beaucoup de nos chansons ont été écrites.

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RMM : A ce propos… Dites moi une chose que vous aimez et une chose que vous n’aimez pas chez l’un et l’autre ?!

Tyler : Je vais te dire un truc que je déteste à propos de Caleb… Quand il t’appelle au téléphone et qu’il attend 30 secondes pour dire bonjour !

Caleb : Tyler avait l’habitude de faire un truc… d’ailleurs il le fait toujours, mais c’était plus régulier quand je vivais avec lui. Je rentrais à la maison et je posais mon verre sur la table ou ailleurs puis j’allais faire un tour avant de revenir, et à mon retour, le verre n’était plus là où je l’avais laissé. En fait, il l’avait pris pour le mettre ailleurs. Mais le plus ennuyant dans tout ça, c’est qu’il va oublier où il a posé le truc (rires) ! C’est comme ça avec tout.

Tyler : Toi des fois tu laisses l’eau couler quand tu te brosses les dents. Il s’en va et il laisse couler l’eau !! On peut continuer comme ça longtemps (rires) ! Mais pendant que l’eau coule par exemple, il peut te sortir en un instant un super coup de batterie et c’est un truc que j’adore. L’autre jour, nous venions d’écrire une chanson avec Graham, et Caleb passait à la maison pour récupérer quelque chose, alors je lui ai demandé de jouer un truc vite fait et en seulement une ou deux prises ça sonnait très bien.

Caleb : Et ce que j’aime chez Tyler, c’est la passion qu’il a pour ce qu’il fait. Ça fait longtemps qu’on fait ça et nous nous soutenons mutuellement, mais il arrive toujours à me pousser encore plus loin. Il veut toujours faire mieux, être meilleur.

Tyler : Je pense que c’est mutuel.

Caleb : Oui bien sûr, mais le fait d’avoir un frontman qui ne se repose pas sur ses acquis et qui n’est pas fainéant, c’est quelque chose d’important dans un groupe.

Tyler : Ce qui est bien aussi, c’est que si tu n’as personne avec toi dans le coin, au moins tu as ton groupe et c’est un peu comme être dans un gang ! Le monde pourrait être contre nous, nous serions toujours ensemble en train de faire notre musique.

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RMM : Qu’est ce qui va suivre pour vous ?

Tyler : Beaucoup de tournées… Début 2018 nous allons tourner aux États-Unis avec Blackberry Smoke. Ça va être amusant. Ensuite nous reviendrons ici, probablement en été.

Caleb : Oui c’est cool car maintenant nous venons durant l’été et l’automne. On va essayer de faire en sorte que ça continue sur ce rythme là.

Tyler : Et on doit aussi faire un nouvel album…

Caleb : Oui. Quand nous rentrerons à la maison pour Noël, nous allons continuer d’écrire. Je pense qu’on fera les premiers essais en janvier.

Tyler : Oui nous avons une session d’écriture de prévue. Je viens de signer un nouveau contrat pour mon statut de compositeur, parce que j’écris aussi beaucoup de choses à côté de ce que je fais avec le groupe, comme des trucs un peu plus country. J’essaie de trouver un autre bercail pour mes chansons qui ne peuvent pas finir sur un album des Shakedown. Je veux me focaliser un peu plus sur ça et devenir un meilleur parolier.

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Merci à Tyler et Caleb ainsi qu’à Olivier de Replica Promotion.

Interview de 2016 avec Graham Whitford: ICI

Crédit photo promotionnelle: Jenna L.R