Chronique : TARJA « In The Raw »

Chronique : TARJA « In The Raw »

Chronique: TARJA "In The Raw" par Khaos.

TARJA : Chronique de « In The Raw » paru le 30 aout 2019 chez Ear Music

Par Khaos

C’est l’une de mes chanteuses favorite que je chronique aujourd’hui. J’admire Tarja depuis de nombreuses années pour des raisons très subjectives, sa voix lors des live me fait à chaque fois vibrer. Elle dégage un charisme qui me séduit. De plus, j’aime bien l’orientation assez libre de sa carrière depuis son départ de Nightwish.

En effet, lorsque je pose ses différents albums sur une table, je peux dire qu’ils n’ont pas la même ambiance, le même sens et une direction artistique rectiligne. Tarja fait au gré de ses envies, tout en s’entourant de personnes compétentes.

Pour ce nouvel opus, Tarja apparaît comme compositrice dans tous les titres mais rarement seule. Elle est souvent soutenue par d’autres, qui au patronyme, doivent être suédois, et aussi son guitariste l’allemand Alex Scholpp.

Si le line up reste assez stable sur scène, les albums laissent place à nombre de musiciens différents. La production est l’œuvre de Tim Palmer, un nom plus que célèbre dans le milieu musical (Pearl Jam, U2, David Bowie…).

Un riff électrifiant composé par Alex introduit le premier titre : Dead Promises. Il avait déjà posé sa patte créative dans le dernier album. Cette fois encore, il surprend et permet une excellente entrée avec un morceau bien entraînant. Nous retrouvons quand même quelques redondances, dans les passages aux vocalises en ah, ah et les riffs de la guitare saturée.

J’avoue qu’à la sortie de ce premier single, je craignais un « déjà trop entendu » général de la part de la finlandaise. Heureusement, à la vue de l’ensemble de l’album le titre passe bien et il paraît que le cerveau humain a aussi besoin de répétitions.

Et puis l’apport du chanteur invité Björn Strid (Soilwork, The Night Flignt Orchestra) apporte une vraie plus-value alors qu’il n’apparaissait pas dans le premier extrait diffusé. Quand à la voix de Tarja, elle est toujours aussi puissante, lyrique plus qu’émotionnelle sur Dead Promises.

Une deuxième invitée se présente au micro puisque c’est Cristina Scabbia (Lacuna Coil) qui vient apporter ses vocalises dans Goodbye Stranger. Les versions live que j’ai pu voir sur internet me laissent penser qu’il passe très bien en live mais sur album, c’est le titre qui me convainc le moins.

J’ai du mal à voir le réel apport de l’italienne car je trouve les deux timbres de voix trop proches. Si l’esprit est assez fun, par rapport à ce qui vient après il ne m’a pas surpris l’oreille.

« Tears In Rain », je le trouve vraiment punchy et agréable. Un petit coté Delain dans le refrain hyper efficace et cette soudaine envie de bondir. De plus, le clip se montre original et même un peu drôle.

On entre ensuite dans une partie plus calme de cet album, avec plusieurs titres qui ne raviront pas les fans de Metal un peu plus rentre-dedans. « Railroads » démarre cet interlude à l’aide d’un mid-tempo, la guitare se montre plus discrète pour laisser une place aux claviers.

La voix de Tarja pose ses atouts avec ces arrangements plus épurés et elle fait preuve de beaucoup de grâce.

Cela prend encore une dimension plus majestueuse avec « You and I », certainement la plus belle ballade qu’elle ait composée. Là, vous pouvez vraiment danser le slow dans un élan de romantisme. Si la composition reste assez simple dans sa construction avec un piano omniprésent, les lignes vocales, en particulier du refrain, vont droit au but et produisent leur effet.

Poursuite de la bise glacée avec le très méditatif « The Golden Chamber : Awaken/Loputon Yö/Alchemy ». En fait il s’agit de trois compositions qui s’enchaînent comme lorsque Tarja propose des intermèdes acoustiques lors de ces prestations scéniques. Piano épuré, claviers programmés et vocalises, une ambiance de musique de film.

Les passages entre les trois partitions s’agencent correctement et le changement d’arpège au piano crée même une rupture assez sympathique. La dernière partie monte quand même en intensité, mais sans violence.

« Spirits of The Sea » s’intensifie un tout petit peu dans le rythme et la distorsion revient par les guitares. C’est un morceau à tiroirs avec plusieurs parties aux ambiances différentes.

Les trois derniers titres font reprendre un peu du poil de la bête. « Silent Masquerade » voit Tommy Kerevik (Kamelot, Seventh Wonder) ajouter sa voix à celle de Tarja.

La jonction rend très bien même si je regrette que le beau gosse suédois soit un peu sous-mixé dans la production. Le piano, massif, rappelle les meilleurs titres de son album précédent « The Shadow Self ». Au niveau du rythme, c’est pas Thrash non plus, ça reste gentillet.

Ma tranche favorite est certainement « Serene » qui suit juste après. Rythme lent mais assez lourd, la batterie cogne plus fort et donne une impression d’opulence. Les riffs arrachent bien et tout cela avec une maîtrise vocale toujours impeccable de la finlandaise.

Encore un qui ravira les foules en version live. Enfin, Shadow Play rappellera aux plus anciens les belles années de Nightwish. Un petit air de Ghost Love Score dans la composition, les claviers claquent, les chœurs raisonnent, ça prend au cœur. Un final comme je les aime.

Pour conclure cet album, je dirais que Tarja s’est avant tout faite plaisir et s’est épanouie. In The Raw est un album plutôt calme qui comporte peu d’occasions de faire du Headbang. Je pense cependant que c’est le registre où elle s’épanouît le mieux.

Lors de certains live notamment au Hellfest et au Sylak, elle avait tenté de plaire au public plus Metal en proposant des setlist axées sur ses titres les plus agressifs. Je n’avais pas trop apprécié ses prestations vocales car je trouvais qu’elle voulait en faire trop, qu’elle forçait. Je ne reconnaissais pas la Tarja que je voyais dans ses concerts (bon sur ces deux fests, c’était par écran interposé mais ça donne une idée).

Avec ce nouvel album, sa voix trouve toute sa place et fait preuve de plus de chaleur. L’album n’en est pas moins très diversifié et à aucun moment je me dis « mais c’est toujours pareil ». C’est un album plus Rock que Metal et je ne classe d’ailleurs plus la belle dans les artistes de Metal Symphonique.

Je pense que cet album ravira les fans et peinera à convaincre plus largement. Toutefois, la fanbase de l’argentine d’adoption est maintenant suffisamment importante pour qu’elle puisse poursuivre sa carrière musicale avec régularité tout en gardant sa liberté créative. A ce jour, j’ai hâte de la voir en live.

https://www.facebook.com/events/2471798193063584/

Tracklist :

Dead Promises
Goodbye Stranger
Tears In Rain
Railroads
You and I
The Golden Chamber : Awaken/Loputon Yö/Alchemy
Spirits of the Sea
Silent Masquerade
Serene
Shadow Play

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