Chronique CD: Meliora de GHOST

Chronique CD: Meliora de GHOST

Papa Emeritus II ayant laissé place à Papa Emeritus III, une nouvelle ère peut ainsi commencer pour Ghost. Et c’est avec un troisième album nommé « Meliora », que le groupe, toujours composé de ses Nameless Ghouls, revient sur le devant de la scène. Fort de deux précédents opus qui ont apporté une vague de fraîcheur et d’ingéniosité musicale, grâce à

Papa Emeritus II ayant laissé place à Papa Emeritus III, une nouvelle ère peut ainsi commencer pour Ghost. Et c’est avec un troisième album nommé « Meliora », que le groupe, toujours composé de ses Nameless Ghouls, revient sur le devant de la scène.

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Fort de deux précédents opus qui ont apporté une vague de fraîcheur et d’ingéniosité musicale, grâce à des mélodies percutantes accompagnées de paroles sataniques, Ghost n’allait pas en rester là.  Avec « Meliora », les suédois balancent un son accrocheur qui met en avant davantage de riffs de guitares sur des morceaux assez variés. Cette production a un son clair et limpide, mais pas lisse comme l’était parfois « Infestissumam », ce qui est un régal pour les oreilles. Les ghouls masquées ont pu librement laisser aller leurs esprits vers le son auquel elles aspiraient.

L’album débute sur « Spirit » , un titre qui pose un décor presque Halloweenesque, digne d’un vieux film d’horreur. L’atmosphère donnée grâce au son d’orgue est lourde tout en étant épurée.
« From The Pinnacle To The Pit » démarre sur de gros accords de basse façon Type O’Negative. Le chant et la mélodie, avec des passages plus heavy, sont parfaitement maîtrisés, et ce, tout au long de l’album. Papa Emeritus III et les nameless ghouls nous emmènent dans un voyage sombre et mystique. Sa voix à la fois cristalline et démoniaque s’harmonise parfaitement.
Le titre suivant, « Cirice » (Église) s’ouvre sur une intro lente et légère, qui laisse ensuite place à de gros riffs très influencés par Black Sabbath. La mélopée puissante est portée par la voix de Papa Emeritus pleine d’émotion. La succession du solo de guitare et du clavier est une merveille. Ce morceau est déjà un futur classique grâce à son refrain entêtant et son rythme entraînant.
Arrive l’interlude instrumentale « Spöksonat » qui est en fait une mise en bouche d’une prochaine chanson du groupe…
Chaque morceau est un vrai plaisir à l’écoute.
« He is », ne déroge pas à la règle. On est comme bercé par l’enchaînement de notes qui forme une belle et douce mélodie, qu’on pourrait croire tout droit sortie d’un film. Placée au milieu de l’album, cette ballade un peu pop folklorique marque une coupure.
Le groupe n’a pas fini de nous impressionner. Le morceau « Mummy Dust » est le plus heavy et le plus bouillonnant de l’album. Il démarre sur un air quasi militaire. A la fois rapide et lent, le titre est ponctué de notes au piano. On retrouve des sonorités progressives que Ghost a transformées en une chose presque occulte. L’influence de groupes comme Pink Floyd ou Yes n’est pas très loin. C’est diaboliquement envoûtant et très réussi.
C’est sûr une intro rappelant Deep Purple, qu’on découvre « Majesty ».Les guitares aux tonalités imposantes semblent dialoguer entres-elles sur un super solo, façon Judas Priest. On a là un morceau magistral et captivant qui mélange un peu plus hard rock et heavy.
L’album s’écoute facilement dans son intégralité et dans l’ordre. La seconde interlude « Devil Church », composée d’un orgue lourd et de chœurs, est astucieusement placée avant « Absolution ». Cet autre morceau montre justement tout le savoir faire de Ghost. Des riffs accrocheurs et efficaces,  disposés entre les couplets pour un résultat renversant.
La messe noire s’achève sur le titre « Deus in Absentia » (du latin qui signifie « en l’absence de Dieu »), qui lui aussi trempe dans le progressif avec un côté un peu plus vintage. Les chants Grégorien terminent brillamment le morceau, ainsi que l’album, avec maestria sans tomber dans le surfait.

« Meliora », cette pépite, se consomme sans modération. Certains titres peuvent paraître simples mais ils sont en fait très complexes. L’album est composé de chansons aux refrains tenaces et à la rythmique saisissante, dans un environnement à la fois inquiétant et rassurant, enjoué et austère, comme le sextuor c’est si bien le faire. La qualité d’écriture est donc remarquable, ceci depuis « Opus Eponymous ». Bien que possédant de multiples influences chipées par ci par là (Metallica, Blue Öyster Cult, Rainbow…), le groupe a su créer la bonne recette pour en tirer le meilleur. Il s’est approprié un son abyssal, voire atypique, un style à la Ghost venant tout droit des entrailles de l’enfer.

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