Live report du concert de We Came As Romans + Brand of Sacrifice + Heaven’s Gate au Trabendo le 1er octobre 2025
We Came As Romans + Brand of Sacrifice + Heaven’s Gate
Le Trabendo, 1er octobre 2025
Remerciements à Live Nation
Texte et photos par Martine Varago
Soirée Metal Extrême au Trabendo : entre fureur, technique et émotion
Heaven’s Gate : fureur maîtrisée
Le Trabendo accueille trois groupes américains de musique extrême ce soir. Dès les premiers riffs et les martèlements de la batterie, on ressent déjà l’énergie du groupe hardcore.
Tony Foresta au chant est en pleine forme : voix cinglante, pleine d’énergie, alternant cris furieux et vocaux plus gutturaux selon les morceaux. Il engage le public souvent, le pousse à participer, à hurler les refrains, à même parfois pousser les pogos. Mike Gorup à la guitare enchaîne les riffs tranchants, les solos rapides, sans s’égarer. On sent l’influence du crossover (punk/metal extrême). Ça découpe sec. Le son est tranchant et brut.
Côté rythmique, Jeff Howe à la basse assure, mais la rondeur dans les moments plus sombres, les breakdowns notamment, devient plus massive grâce à la basse mise en avant. Paul Mazurkiewicz à la batterie est particulièrement remarquable : les blast beats alternés avec des rythmes plus martelants donnent un contraste très puissant.
Heaven’s Gate livre un set explosif, marqué par une puissance sonore maîtrisée et une forte présence scénique. Le public, énergique et engagé dès l’ouverture, sème une ambiance électrique, très communautaire, fidèle à l’esprit hardcore. Un joyeux noyau de pogoteurs accompagne le groupe au fur et à mesure que défilent les morceaux.
Il fait très chaud au Trabendo et l’interaction forte avec le public, entre cris, pogos et sueur collective, amplifie cette atmosphère lourde. Heaven’s Gate confirme qu’il est bien plus qu’un projet : c’est une machine live taillée pour la scène. Hardcore pur et sans filtre. Pour ceux qui aiment quand ça cogne fort.
Brand of Sacrifice : brutalité et immersion



Il est déjà 20h30 lorsque le second groupe, Brand of Sacrifice, démarre.
Groupe canadien originaire de Toronto (Ontario), formé en 2018, issu de la dissolution de The Afterimage, il déverse un deathcore technique, mêlant breakdowns très lourds, avec des passages très agressifs et parfois de la mélodie. Signé depuis décembre 2023 chez Nuclear Blast Records, les membres principaux de Brand of Sacrifice sont Kyle Anderson (chant), Liam Beeson (guitare), Michael Leo Valeri (guitare), Andrew Kim (basse, depuis 2023) et Chason Westmoreland (batterie, depuis 2023). Ils s’inspirent des mangas tant dans l’imagerie que dans l’atmosphère sombre de leur musique.
Le groupe débute avec un morceau énergique, souvent issu de Lifeblood ou du récent EP Between Death and Dreams, pour chauffer le public. Kyle alterne entre growls gutturaux, cris très graves, parfois des cris de cochons, en s’appuyant sur une présence scénique frontale, expressive. Les guitares assurent les riffs techniques au tempo rapide. Le batteur envoie fort sur les blast beats et maintient des rythmes très dynamiques. La foule continue de pogoter gentiment. Le chanteur crée quelques liens avec le public, soit par des hurlements guidés, soit par des appels réponses.
Un concert de Brand of Sacrifice est une expérience immersive : brutalité, intensité, mais aussi soin dans l’atmosphère et les ambiances. Le groupe prouve qu’il maîtrise autant la destruction sonore que les moments qui en donnent le poids. Quelques rares moments plus calmes ou ambiants : interludes avec des nappes de chœurs, contrastes qui servent les transitions vers des explosions musicales. Pour ceux qui aiment le deathcore qui ne se contente pas d’être agressif, mais cherche à transporter mélodies et explosions musicales.
We Came As Romans : émotion, énergie et maîtrise scénique
La soirée est déjà bien entamée puisque la tête d’affiche arrive sur l’estrade du Trabendo à 21h30.
Originaire de Troy, Michigan (États Unis), formé en 2005, le groupe a commencé sous le nom This Emergency, puis a changé pour We Came As Romans. Groupe de metalcore / post hardcore, les cinq musiciens Dave Stephens (chant, scream), Joshua Moore (guitare solo), Lou « Brian » Cotton (guitare rythmique), Andy Glass (basse) et David Puckett (batterie) poursuivent leur projet malgré le décès de l’un des membres majeurs, Kyle Pavone (chant clair, claviers, synthétiseurs) en 2018.
Le Trabendo est archi-comble lorsqu’ils y apparaissent, l’un à la suite de l’autre.
Les deux premiers titres phares « ALL IS BEAUTIFUL… » et « bad luck » sont issus de leur dernier album ALL IS BEAUTIFUL… BECAUSE WE’RE DOOMED sorti en août dernier. Ce n’est pas un hasard si certains riffs nous rappellent Architects. Le public, très impliqué, mix de fans hardcore / metalcore, s’en donne à cœur joie entre pogos et crowd surfings.
Puis d’autres morceaux phares comme « Plagued » (de leur album Darkbloom) poursuivent cette ambiance frénétique. Les lumières sont travaillées : jeux de stroboscopes, lasers, variété de couleurs et néons accompagnent merveilleusement bien cette atmosphère sonore. Le quintet revient sur son dernier album avec «Red Smoke» où la batterie frappe très fort, mais le son reste équilibré pour que les moments mélodiques ressortent malgré la lourdeur. Puis il joue «Wasted Age» dans une énergie purement punk/hardcore. Le bassiste, le plus en forme de tous, ne cesse de virevolter, faisant danser sa quatre cordes autour de lui. Un jeu de scène fort et bien maîtrisé.
Une intro plus cool sur « Learning to Survive » pour apaiser l’ambiance survoltée. Beaucoup écoutent et connaissent les paroles, les refrains, ce qui crée une communication émotionnelle sensible. L’un des morceaux souvent joués live est « Darkbloom », premier morceau de l’album Darkbloom (2022). Le mélange efficace entre la puissance brute des moments metalcore heavy et les passages de chant clair donne de l’espace, de la respiration.
Le trio fermant le set de We Came As Romans — « B2tm », « No Rest for the Dreamer » et « Black Hole » — ne laisse aucun répit ni au groupe ni aux fans. Mosh pits, pogos s’enflamment dans la fosse. L’émotion est notamment palpable durant les refrains de « No Rest for the Dreamer » où certains reprennent en chœur les paroles.
Enfin, le rappel arrive avec un moment intense : le chanteur de Brand of Sacrifice accompagne le quintet sur un titre clé, « Darkbloom ». C’est finalement le titre explosif « Daggers » qui clôt le show.
We Came As Romans en concert, c’est une expérience qui combine énergie, émotion et mélodie.
Leur spectacle visuel et leur son sont bien calibrés : le mix rend bien, les guitares lourdes n’écrasent pas tout, le charisme des musiciens agrémente parfaitement leur metalcore. Mais à quand un grand live avec des effets visuels plus efficaces et plus extravagants ? Pour l’heure actuelle, le combo mise sur la musique et délivre le plein d’énergie.
Setlist We Came As Romans
All Is Beautiful…
Bad luck
Plagued
Red smoke
Cold Like War
Wasted Age
Culture wound
Learning to Survive
Where did you go?
Darkbloom
One by one
B2tm
No rest for the dreamer
Black Hole
Encore:
Darkbloom (avec Brand of Sacrifice)
Daggers



























