Live report de Villagers of Ioannina City + My Diligence au Trabendo le 20 mars 2026
Villagers of Ioannina City + My Diligence
Le Trabendo, Paris
20 mars 2026
Remerciements à Sanit Mils pour l’accréditation
Texte et photos par Martine Varago
Une palette sonore forte en rock psyché au stoner folk
My Diligence hypnotise le Trabendo
Fer de lance de la scène heavy psych belge, My Diligence ouvre la soirée. Les lumières s’éteignent et nous plongent dans l’obscurité. Le trio belge s’installe sur la scène. Le guitariste et chanteur, Cédric Fontaine, se colle à ses deux amplis, dos tourné au public. De l’autre côté, le second guitariste Peeters, et, au beau milieu, proche du public, on peut admirer le batteur. Pour une fois, on aura le plaisir de shooter son jeu, et sans restriction.
Le titre « Death » lance l’ambiance. Les harmonies et les riffs massifs de leur post metal progressif à la fois élégant et brutal nous envoûtent immédiatement. Le second morceau « Horses », également tiré de leur quatrième et dernier album Death.Horses.Black., prolonge ce voyage entre rêve lucide, transe et abîme. Les trois musiciens sont habités.
Quand arrive le troisième titre « Resentful » (Sun Rose, 2018), plus personne n’a les pieds sur terre tellement ils nous embarquent dans leur monde psychédélique. Le set propose des compositions longues, sombres et hypnotiques. Dès les premières frappes sur « On The Wire » au tempo plus rapide et saccadé (The Matter, Form and Power, 2022), Gabriel Marlier, le batteur, montre ses prouesses techniques. Avec les deux morceaux suivants tirés du même album, l’atmosphère change.
On retrouve ce côté heavy, pesant et introspectif sur « The Matter, Form and Power » tandis que « Sail To The Red Light » nous fait naviguer sur les vagues sonores et planantes jouées par les guitares plus espacées. « Allodiplogaster Sudhausi » ou le ver nématode omnivore est une véritable ballade stoner au pays de Dune. Le trio conclut son set sans essayer de réveiller les fans hypnoptisés. Seules les lumières de la salle se rallument et nous font émerger comme après avoir pris un dopant.
Ce soir, le show distillé par le trio bruxellois reste implacable et intense.
A peine terminé, les musiciens se pressent pour démonter le matériel. C’est speed, le plateau doit être débarrassé et on sent le stress palpable dans les mains affairées.
Line-up
Cédric Fontaine, guitariste chanteur
François Peeters, guitariste
Gabriel Marlier, batteur
Setlist My Diligence
Death
Horses
Resentful
On The Wire
The Matter, Form and Power
Sail To The Red Light
Allodiplogaster Sudhausi
Une odyssée psychédélique signée Villagers of Ioannina City
L’obscurité retombe de nouveau lorsque, tout droit venus de Grèce, surgit Villagers of Ioannina City . Depuis 2007, ce quatuor de la scène rock hellène a l’originalité d’incorporer des instruments folkloriques grecs comme la clarinette grecque (kaval), la cornemuse (tsampouna) dans une fusion aussi mystique qu’explosive.
Villagers of Ioannina City réussit le pari fou de marier le rock psychédélique lourd avec le folklore ancestral des montagnes grecques. Et ce soir, après avoir conquis les plus grandes scènes européennes du Hellfest aux tournées à guichets fermés, le quatuor revient sur scène avec une performance envoûtante et libératrice, entre transe tellurique et rock céleste.
Villagers of Ioannina City démarre son set par « Age of Aquarius » puis « Skaros » des albums Age of Aquarius (2019) et Riza (2014), nous subjuguant par son stoner psychédélique.
Durant les quarante premières minutes jusqu’à « Ti Kako », le public dodeline de la tête, bercé par le son des riffs d’Alex. Au fond de la scène, le batteur Aris Giannopoulos est perché sur une petite estrade, l’homme le plus folklore du groupe, Konstantis Pistiolis, interchangeant la clarinette et la cornemuse au gré des chansons. De plus, il assure les chœurs, ce qui complète la gamme vocale d’Alex. Le bassiste Akis Zois, lui, se fait plus discret.
Quand « Venceremos » envahit l’atmosphère, une nouvelle énergie se dégage, plus rock, plus rapide, et les fans se réveillent et pogottent au milieu de la fosse. Villagers of Ioannina City révèle un seul titre de son nouvel opus Venceremos (à paraître au printemps 2026 chez Napalm Records). Et on l’attend avec impatience. S’ensuivent dans un rythme aussi effréné « For the Innocent » et une reprise surprenante « Anarchy in the UK », des Sex Pistols. La tension redescend avec « Zvara », un retour aux sources natales avant de finir leur « Requiem ».
La musique étant un art, on ne peut pas toujours cataloguer le son d’un groupe ni l’enfermer dans un genre unique pour se rassurer. My Diligence et Villagers of Ioannina City nous en ont fait la démonstration éclatante ce soir, sur la scène du Trabendo.
Line-up Villagers of Ioannina City
Alex Karametis : guitare, chant
Akis Zois : basse
Aris Giannopoulos : batterie
Konstantis Pistiolis : clarinette, cornemuse, choeurs
Setlist Villagers of Ioannina City
Age of Aquarius
Skaros
Dance of Night
Arrival
Father Sun
Millennium Blues
Ghost in the Sky
Ti kako
Venceremos
For the Innocent
Anarchy in the UK
Zvara
Rappel :
Requiem









































