NO ONE IS INNOCENT : INTERVIEW

NO ONE IS INNOCENT : INTERVIEW

NO ONE IS INNOCENT était en promotion à La Machine à Paris et nous avons pu nous entretenir avec le chanteur Kemar

Rock Metal Mag
a eu le plaisir de s’entretenir avec Kemar
du groupe NO ONE IS INNOCENT,
le 31 mai à la Machine à Paris

Kemar, chanteur du groupe, NO ONE IS INNOCENT a bien voulu répondre à quelques questions au sujet de « Propaganda »

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Album studio  : « Propaganda » sorti le 8 juin 2015 ( 6ème album) chez Verycord

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Album Live : « Barricades Live » sorti le 13 mai 2016 chez Verycord

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Rock Metal Mag : le maître mot de No One Is Innocent est la résistance ! Vous avez toujours brandi cet étendard et encore plus avec les évènements tragiques de 2015. C’est ton coté rebelle qui t’as poussé vers la musique pour écrire des textes très engagés ?

KemarNotre engagement il ne date pas que de ces évènements, on est pas des militants, mais il y a des causes dont on s’est rapproché et que l’on a défendu, comme les luttes contre le front national, la lutte pôur défendre les sans papiers, d’autres mouvements pour défendre l’écologie. Notre parcours il est marqué par des rencontres de gens qui ont la même attitude que nous sans faire forcément de la musique. C’est pas que je me sens rebelle mais vu la musique que l’on fait dans ce pays tu es considéré comme un rebelle. Que ce soit la notre ou celle de Tagada Jones ou les Mass, ou les autres. Donc juste parce qu’on fait cette musique là, on est vraiment des rebelles en France! En fait j’ai eu vraiment envie d’écrire des textes engagés quand j’ai créée le groupe et le jour où je me suis dit,  je vais l’appeler « No One Is Innocent ».  Pourtant on me l’a reproché parce quà cette période l’anglais étais mal vu. Enfin donner un nom de groupe en anglais. Et puis c’était non seulement en anglais mais c’était trop long ! Mais moi, j’étais persuadé qu’au delà de la signification de ce que veut dire No One Is Innocent et qui me correspond parfaitement, et par rapport à ce que j’avais envie d’écrire, on allait se souvenir de No One. Voilà, tu vois, dans ma piaule je l’avais écrit sur le mur et j’étais focalisé sur No One. C’est un nom qui est complètement intemporel, qui nous renvoie quelque chose et qui nous sonne trè bien par rapport à ce que l’on raconte dans nos textes. Et puis ce nom, d’album en album, il te fait comprendre ce que tu es en train d’écrire. C’est à travers ce nom de groupe que tu sais pourquoi, depuis tant d’années tu écris ces morceaux là.

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Rock Metal Mag : Tes textes sont percutants et plein de rage, et on sent que tu es passionné et que tu mènes un combat quotidien contre toutes les injustices sur Terre. Est ce que tu passes beaucoup de temps à composer tes paroles ?

KemarOuais, je suis passionné parce que derrière il y a mes gars. Je ne le serais pas avec une contrebasse et un clavecin. Moi si j’arrive à croire à ce que je raconte, c’est parce que je l’écris très bien, et quand je l’interprète c’est que le batteur va jouer de façon à être, aussi, interactif sur moi, ou le gratteux avec un riff qui va me mettre en transe, et inversement. Quand moi je balance ce que j’ai à balancer, ça joue aussi sur l’humeur des mecs. On est un groupe totalement intéractif et tout le monde est concerné par tout le monde. Pour l’écriture des textes c’est effectivement très long, parce qu’il y a énormément d’exigence. J’écris avec mon ami et co-auteur Emmanuel de Arriba, en général 7 à 8 titres dans l’album. On écrit ensemble depuis « Revolution.com« (ndlr : 3ème album sorti en 2004). Il y a des choses pour lesquelles je vais avancer tout seul et puis il y a des thèmes que j’aime travailler avec lui parce que déjà on se connait depuis le lycée, et aussi parce qu’ il est auteur et fan de Rock’n’roll. Dans la bande d’ailleurs, c’est peut être le plus fan d’AC/DC. Et puis quand on écrit des thèmes comme ça, le fait qu’il y ait un « ping pong » entre deux personnes, permet d’aller en profondeur des choses. On est complémentaire et surtout on ne se satisafait pas l’un et l’autre de ce que l’on a écrit rapidement. Il peut y avoir des phases de génie, mais on est hyper critique sur notre boulot, l’un envers l’autre, et c’est ce qui donne la force des textes. Des fois on peut se prendre la tête une semaine sur deux phrases, tu vois, c’est à dire que l’autre en face est complètement obsessionnel, moi, je le suis un peu moins, et ce coté obsessionnel m’entraîne à être hyper exigent.

Rock Metal Mag : les critiques sont constructives.

KemarExactement ! Alors on fonctionne comme un vieux couple, et les mecs, quand ils me voient arriver en tournée avant la composition d’un album, il me disent :  » houlala, t’étais avec Manu toi ! » (rires)

Rock Metal Mag : Mais comment se passe la composition d’un album ?

Kemar : Une chose est claire, c’est la musique qui draîne le texte. Tu vois, le texte de Djihad Propaganda ne pourrait pas être sur la musique de Charlie et le texte de Charlie ne pourrait pas être sur la musique de Silencio. Mon obsession personnelle est que lorsqu’on travaille les instruments, je les écoute 20, 30, 40 fois, et c’est l’intensité de ce que dégage le titre qui va me donner le thème. Bon, je te cache pas que dans les tirroirs, évidemment il y a des trucs dont t’as envie de parler, mais ça veut pas dire non plus que c’est comme au supermarché. On peut s’interdire de parler d’un truc, si jamais, à un moment donné, la musique ne fait pas jaillir le thème. Et tu vois l’intensité d’un titre comme Djihad Propaganda, a provoqué une telle transe pendant la compo que forcément le titre s’est imposé. Pour Charlie, c’est un gros coup de poing de colère. Dans les couplets de Silencio il y a un coté un peu nostalgique. Je me suis embarqué dans le coté nostalgique de ce que pouvait être un gouvernement socialiste et tout ce qu’il aurait pu nous amener, et combler nos attentes, tu vois, et puis à un moment donné il y a : » Mais Merde, putain, pourquoi vous nous l’avez pas donné !! ». Tu vois comment ça se construit ? tu prends tel instrument et tu te dis, tiens ça c’est un passage sur lequel j’aimerais bien raconter quelque chose la dessus. Et quand ça s’énerve je me dis, est ce que c’est cohérent ?  Et lorsqu’on me dit :Putain, quel énergie quand vous chantez tous ces trucs là, et là je répond que l’écriture est tellement cohérente, qu’à un moment donné cette énergie elle se décuple. Tu vois, ça triche pas ! Et on est communicatif parce qu’il y a eu tout ce boulot là avant.Et si tu donne à tes zicos, la force d’un texte qui va illustrer la musique, alors c’est ça quoi , c’est…….

Rock Metal Mag : Génial !

KemarOui mais alors c’est du taf, et aussi de la souffrance, et c’est aussi des gros, gros moments de doute. C’est pour tout ça que ça met autant de temps , parce que c’est toujours l’écriture des textes qui demande le plus de temps.

Rock Metal Mag : Est ce que tu te remets souvent en question sur ce que tu écris?

KemarComplètement, tout le temps. Faut pas croire mais on en a chié pour écrire Propaganda avant d’arriver à Barricades. Et les gars me disaient : « Alors, putain, ça arrive ? ». mais constament ! Bon, maintenant, ils comprennent un peu plus. Ils sont impatients mais ils le montrent moins. Ils savent que ça demande du temps et de l’exigence. Ce qu’il y a de génial, c’est qu’à un moment donné tu te retournes sur ce que tu as fait et que tu te dis : « Putain, c’était bon ça ! ». Et tu baisses pas la tête parce que tu es fier de ce que tu as fait.

Rock Metal Mag : Je t’ai vu aux deux concerts d’AC/DC les 23 et 26 mai 2015 au stade de France, et ça m’a fait un bien fou ! Franchement c’était extra et j’ai adoré. 

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Rock Metal Mag : Barricades est d’ailleurs sorti le vendredi 13 mai 2016, jour du concert d’AC/DC à Mareille, C’est une pure coincidence?

KemarAlors c’est un pur hasard très drôle ! En fait on devait le sortir fin avril et puis on l’a reporté pour une histoire de promo et on ‘est mis d’accord pour le 13 mai. Tout d’un coup on a réalisé et on s’est dit que le vendredi 13 c’était bien. Pour nous c’était deux moments magiques avec la sortie de Barricades et le concert d’AC/DC. Ce qu’on a vécu au stade de France avec eux, on peut pas faire mieux.

Rock Metal Mag : Vous avez quand même eu la chance de faire un concert en ouverture de Motorhead et ça aussi c’est magnifique !

KemarMoi, si tu veux, à part ne pas avoir vu Bob Marley, ça c’est un gros regret, tout comme Hendrix. Franchement quand je vois ce qu’on a fait avec No One, c’est là que tu te dis que tu peux continuer. Voilà, la force elle est là et ça donne envie de continuer, au delà du fait que l’on bosse la musique, les textes, on est constament en train de rêver et faire de la musique c’est rêver.

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Rock Metal Mag : « Barricades » est sorti presque 1 an après « Propaganda ». Est ce qu’il était déjà en prépartaion ou est ce que le choix de faire ce Live est venu plus tard ?

KemarAlors c’est une décision qui est arrivée fin septembre. Heureusement que nous avions nos amis avec nous, comme Julien Reymond, le réalisateur monteur du DVD, notre Label, pour nous soutenir et pour nous aider, parce que nous étions en pleine tournée et il y a plein de choses auxquelles on a pas pu partriciper, sauf après où moi, j’ai participé au montage avec Julien. Par contre le jour du concert, on occulte complètement le fait qu’on est en train de tourner un DVD, parce qu’il y a des choses tellement plus importantes pour nous, comme réussir ce concert que l’on joue chez nous, avec des gens de Charlie Hebdo qui viennent, l’instant T, 15 jours après les attentats. Donc face à ses gens là on a la responsabilité de faire un concert qui va marquer les esprits. Donc on pense plus à ça qu’aux caméras qui se balladent partout dans la salle.

Rock Metal Mag : Vous avez bien marqué les esprits des gens cette année !

KemarOuais, c’est une année remplie d’évènements et de choses tragiques, sur lesquels , musicalement on a su rebondir. Et à notre niveau on a essayé de replacer la musique dans le contexte du moment et en nous disant, la musique elle est là pour dire des choses, défendre la liberté d’expression, la laicité, et à travers notre musique, qu’on aime ou qu’on aime pas, on vient défendre nos idées.

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Rock Metal Mag : Comment s’est fait le choix des 19 titres pour ce Live parce qu’il y a des morceaux de 1994 comme la peau ( « No one Is Innocent » 1er album éponyme) ?

Kemar :  Notre principal souci était que tous les albums de No One soient représentés par au moins un titre voire deux.

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Rock Metal Mag : Est ce que tu as un titre préféré ?

KemarAh, bonne question………pas facile……………Je te dirais Charlie, parce qu’à ce moment là il y a tous nos pôtes sur scène, Il y a Marika et coco qui viennent de parler juste avant, et c’est pas parce que c’est le dernier titre du concert, mais on est tous ensemble pour dire la même chose, voilà ! il y a Nico de Tagada Jones qui chante avec moi, il y a Fred Duquesne, le guitariste de Mass Hystéria, le réalisateur de notre album qui et là aussi, il y a Nikko Bonnière, le guitariste d’Eiffel, Fred mariolle, les mecs de Bukowski, et nous on est là pour chanter notre titre et ça c’est vraiment un moment qui restera gravé pour toujours. Parce qu’en plus on ne joue pas un morceau anodin à ce moment là.

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Rock Metal Mag : Par rapport au Line Up, c’est la 4ème formation de No One, est ce que tu penses que cette fois-ci le groupe va se stabiliser ?

Kemar :Alors c’est la première fois qu’il y a un second guitariste, donc ça change pas mal de choses. Et si on nous dit que Propaganda est un des meilleur No One c’est aussi grâce à ça je pense. Avec cette formule, on a trouvé un équilibre que l’on avait peut être pas avant. Et surtout avec la personnalité de Popy, avec qui j’ai énormément de complicité dans la compo, comme avec Shanka aussi. Mais c’est pas habituel d’avoir autant de complicité avec les deux guitaristes. On est comme un couple qui a trouvé son équilibre.

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 Rock Metal Mag : la tournée 2016 a démarrée le 4 mars, est ce qu’il y a un concert qui t’as plus marqué qu’un autre?

KemarOui, alors il y a le festival 7ème vague à Bretignolles sur Mer. Comme on a l’habitude de faire monter du monde sur scène, là, c’était le débordement total ! Mais un débordement comme jamais on en a vécu un dans toute l’histoire de No One. On a du avoir genre 300 personnes sur scène et ils ne voulaient plus descendre de la scène. Donc au 3/4du titre, le morceau s’est arrété, puisqu’il y a des mecs qui sont tombés dans la batterie et ensuite les gens ne voulaient plus sortir. On a du arreter le concert, même s’il nous restait deux titres à jouer, mais on avait dépassé l’horaire et on a du tout stopper. Après il faut se dire que nous on fait des concerts pour qu’il se passe des choses comme ça aussi. Et même si on était un peu bousculé en sortant de scène et en rentrant dans la loge, on s’est dit que si on fait des concerts c’est pour pour qu’on ait des choses à se raconter, pour qu’il y ait de l’innatendu, de l’improbable, de l’impensable, de l’action, voilà. Nous c’est pour ça qu’on vit. Quand on monte sur scène, on fait comme si c’était notre dernier concert, c’est notre devise et on a pas besoin de se le dire. Donc ce festival nous a vraiment marqué.

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Rock Metal Mag : Le dimanche 19 juin vous êtes sur la Mainstage à Clisson au Hellfest, c’est une première pour No One ?

KemarAlors pour moi comme pour nous tous, c’est une joie immense, parce qu’on l’a fait un ou deux fois en tant que spectateurs et là, maintenant, monter sur la grande scène à 3 h de l’après midi, c’est un moment magique pour nous. On continue dans le rêve. On est comme un groupe qui a sorti un album qui a marqué énormément de personnes et en fait si on est programmé avec des groupes comme AC/DC et si on est au Hellfest et encore sur d’autres festivals, c’est peut être parce que c’est un album qui a beaucoup marqué les esprits. Et puis, moi, perso, ce qui me fait réellemnt plaisir c’est de jouer au plus grand festival Hippie de France.

Rock Metal Mag : Tu le considères comme un festival Hippie ?

KemarOui bien sur, c’est le Woodstock du Metal, le Hellfest. Et c’est ça qui est incroyable. Malgré depuis le début, toutes les interrogations et les crachats qu’ils ont reçu, les menaces, parce qu’on peut y voir débouler des mecs habillés en Satan , ou avec des cornes sur la tête, et y écouter des musiques extrêmes, le festival est encore là et il fait plus de monde et les gens se sont finalement ravisés sur le Hellfest. Mais ce ne ont pas des Babos, ce sont des Hippies. Les babos ce sont des gens avec une éspèce de flegme et qui en ont rien à foutre de rien, alors que le Hippie, il et quand même concerné et il a une concience. Et puis chapeau bas à Ben, vraiment ! Moi j’ai connu le fury fest et franchement avoir construit ce truc c’est hyper fort ! Et c’est prouvé, c’est le festival qui réunit le plus de monde en France parce qu’il est mythique. C’est le festival qui a une vraie éthique dans le choix des artistes, dans l’imagerie. Il est Rock, Pop et s’ouvre un peu au hardcore ; c’est pas que du metal. Tu vois quand il ya des groupes comme les Wampas c’est signe que les mecs sont ouverts et malins, drôles au second degré.

Rock Metal Mag : en conclusion quel serait ton principal slogan aujourd’hui ?

Kemar : Résistance et Rock’n’Roll

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Rock Metal Mag remercie Kemar
et Roger de Replica Promotion pour nous avoir permis de réaliser cette interview
à La Machine du Moulin Rouge à Paris