Live report du Morbidfest à La Machine le 19/12/2025 avec Possessed + Terrorizer + Suicidal Angels + Nightfall + Ater
Possessed + Terrorizer + Suicidal Angels + Nightfall + Ater
Tournée Morbidfest – La Machine du Moulin Rouge, Paris – 19/12/2025
Remerciements à Garmonbozia pour l’accréditation
Par Martine Varago
Le dernier concert de cette tournée Morbidfest, avec Possessed en tête d’affiche, est symboliquement fort pour les groupes. En effet, terminer volontairement une tournée dans une ville apporte toujours des émotions intenses.
Ater : l’ambiance sombre du Chili
Si le premier groupe du Morbidfest monte sur scène de façon assez froide, c’est certainement pour mieux faire ressentir l’atmosphère lugubre et doom qu’il dégage. Originaire de Santiago (Chili), Ater débute son projet en 2010. Le quatuor de metal extrême est formé par le chanteur et bassiste Fernando « Feroz » Bühring et le batteur Matías Acuña. Pour le live, deux guitaristes, Christian Vallejos et Mauricio Gallón, accompagnent le chant guttural et les screams de Fernando.
Le son d’Ater mélange des éléments de death metal, black metal, doom, gothic, avec même des touches progressives, créant une ambiance lourde et oppressante. Ce n’est pas un hasard : le nom Ater fait référence à une nuance de noir mat (terme latin), renforçant l’esthétique sombre de leur musique. Aussi court soit leur set, le groupe quitte la scène aussi froidement qu’il y est entré.
Nightfall : mélodies obscures de Grèce
Le Morbidfest se poursuit avec les Grecs de Nightfall qui arrivent sur les planches de la Machine, le poing levé. Considéré comme l’un des groupes pionniers de la scène metal extrême grecque, Nightfall est fondé en 1991 par Efthimis Karadimas. Dès les premiers riffs, la fosse commence à se réchauffer doucement. Les têtes dodelinent au gré des tempos des morceaux de melodic death metal / black metal, teintés de doom et de metal gothique dans un univers rubis et grenat.
Leur son combine agressivité, atmosphères sombres et mélodies, avec des thèmes souvent introspectifs ou mystiques.
“I Hate”, joué très tôt dans le set, frappe par son côté frontal et fédérateur, tandis que “Darkness Forever” installe une lourdeur mélancolique, parfaitement représentative de l’identité du groupe. Le chanteur, encapuchonné et couteau à la main, renforce cette imagerie obscure et hypnotique pour mieux envoûter le public. Il remercie la salle à plusieurs reprises en français et, avant de quitter la scène, annonce un prochain retour en France — non encore confirmé à ce jour.
Setlist Nightfall
I Hate
Darkness Forever
As Your God Is Failing Once Again
Giants of Anger
The Cannibal
The Traders of Anathema
Seeking Revenge
Witches
Entre chaque changement de groupe, les roadies s’affairent et démontent le matériel. L’un d’entre eux, surnommé Tank, vêtu d’un pull de Noël Slayer, emporte cymbales puis grosse caisse, joyeux comme un lutin. Un quart d’heure plus tard, place au groupe suivant.
Suicidal Angels : la furie thrash grecque
Les Massacre ont annulé leur participation à la tournée européenne Morbidfest pour des raisons médicales sérieuses concernant Kam Lee, leur chanteur et membre central du groupe. C’est donc Suicidal Angels, le groupe grec de thrash old school, qui les remplace. Et ce n’est pas une déception pour le public du Morbidfest.
Le quatuor lance les hostilités au sein de la Machine. Notamment le chanteur Nick Melissourgos approche le public des premiers rangs et incite aux pogos et circle pits. L’énergie est immédiate et le public est happé par les riffs rapides et puissants de Stam et de Nick à la rythmique. Dès “Capital of War”, l’adrénaline monte et le pit s’agite tandis que “Bloodbath” installe une furie thrash totale.
Les spots et les lumières se déclinent en divers rouges du vermillon au cramoisi, parfois grenat, conduisant à encore plus d’excitation. Le morceau “Purified by Fire” conclut leur mini-set sur une explosion de vitesse et de puissance assurée par le batteur Orfeas Tzortzopoulos, avant que le groupe ne quitte la scène sous les applaudissements.
Setlist Suicidal Angels
Capital of War
Bloodbath
Purified by Fire
The Return of the Reaper
When the Lions Die
Terrorizer sème son grindcore
Lorsque vient le tour de Terrorizer, le décor est planté. Trois crânes posés sur des pieds enchaînés s’imposent sur le devant de la scène, installant immédiatement une atmosphère macabre.
Groupe de grindcore formé en 1985 à Los Angeles, Terrorizer est considéré comme l’un des précurseurs du genre. Le set démarre en puissance et sans compromis. David Vincent (basse et chœurs), Brian Werner (chant) et Richie Brown (guitare) se positionnent chacun devant le micro surmonté d’un crâne humain. Fidèles à leur réputation, ils balancent riffs tranchants, blasts ultra rapides et intensité maximale.
Dès « Hordes of Zombies », le public est happé par la violence du son tandis que «World Downfall» expose toute la brutalité technique du groupe. Avec «After World Obliteration», la fosse explose littéralement, alternant headbanging frénétique et circle pits incessants. Au centre de la scène, le batteur Pete «Commando» Sandoval impose un jeu aussi percutant que chirurgical pendant que le chanteur maintient le micro avec une agressivité scénique sans concession.
En fin de set, la tension atteint son paroxysme : il s’acharne à démonter la chaîne enroulée autour de son micro avant d’en jeter les morceaux à un public totalement acquis à la cause. Après une soixantaine de minutes de déferlante sonore, le groupe quitte la scène sous une ovation massive, cornes du diable levées bien haut, confirmation éclatante d’un concert intense.
Setlist Terrorizer
Hordes of Zombies
World Downfall
After World Obliteration
Storm of Stress
Fear of Napalm
Human Prey
Corporation Pull-In
Strategic Warheads
Condemned System
Resurrection
Enslaved by Propaganda
Need to Live
Ripped to Shreds
Injustice
Whirlwind Struggle
Infestation
Dead Shall Rise
World Downfall
Crematorium
Nightmares
Possessed : du death metal culte
La tête d’affiche du Morbidfest n’est rien moins que Possessed, ou tout du moins son chanteur Jeff Becerra, le seul membre fondateur de ce groupe mythique de death metal. .
Originaire de San Francisco, le groupe marque l’histoire du genre avec son album culte Seven Churches (1985), souvent cité comme l’un des tout premiers albums de death metal. Après une première séparation à la fin des années 1980, Possessed se reforme dans les années 2000 autour de Jeff Becerra, devenu paraplégique à la suite d’une agression à main armée en 1989. Le groupe revient sur le devant de la scène avec des tournées internationales et sort l’album Revelations of Oblivion en 2019, confirmant son statut légendaire dans le metal extrême.
L’actuelle formation au Morbidfest se compose de Daniel Gonzalez (guitare), Claudeous Creamer (guitare depuis 2016), Robert Cardenas (basse/choeurs depuis 2012) et Chris Aguirre II (batterie).
Le show démarre par “The Eyes of Horror” et “Tribulation”, avant de jouer l’intégralité de l’album Seven Churches. Ces morceaux montrent immédiatement la brutalité technique et la puissance du groupe, tout en conservant la mélodie et la dynamique qui ont fait sa renommée.
Sur scène, beaucoup d’énergie et d’humanité se dégagent. Jeff distribue bouteilles d’eau et de bière aux fans du premier rang. Il bouge sur son fauteuil roulant, sourit, bondit et sautille : on ressent toute sa passion pour le metal. Proche de ses fans, il reste toujours au devant de la scène, tendant le bras pour accueillir les crowd surfeurs avec joie. “Death Metal” conclut cette date historique, partagé avec Brian Werner et Richie Brown de Terrorizer.
Malgré sa paralysie et après avoir combattu sa dépendance à l’alcool, Jeff continue de se produire en concert en fauteuil, marquant l’histoire du metal par sa résilience et sa passion.
En fin de spectacle, tous les musiciens des groupes précédents montent sur scène pour rejoindre Possessed : une trentaine de personnes sur scène. À 22h20, les lumières se rallument et l’ensemble des musiciens présentés viennent saluer une dernière fois Paris.
Possessed offre un show brutal, bien structuré et respectueux de son héritage lors de cette date spéciale à Paris. Le groupe prouve que, même après 40 ans, leur musique reste vivante, énergique et capable de mobiliser les fans autour des classiques et des nouvelles compositions.
Setlist Possessed
The Eyes of Horror
Tribulation
The Exorcist
Pentagram
Burning in Hell
Evil Warriors
Seven Churches
Satan’s Curse
Holy Hell
Twisted Minds
Fallen Angel
Death Metal
Le Morbidfest referme ses portes sous les ovations du public
https://www.facebook.com/events/668064222970474/
Le Morbidfest était présenté par Garmonbozia :












































