Kreator, Carcass, Exodus, Nails au Zenith

Kreator, Carcass, Exodus, Nails au Zenith

Live report de Kreator, Carcass, Exodus, Nails au Zénith de Paris, 24 mars 2026

Kreator, Carcass, Exodus, Nails
Zénith de Paris, 24 mars 2026

Remerciements à Live Nation pour l’invitation
Texte et photos par Martine Varago

Kreator + Carcass + Exodus + Nails - Zénith de Paris

Giboulées d’acier : le printemps s’habille de noir et de sang

Nails nous cloue au sol

Pour cette occasion particulière, le Zénith ouvre ses portes dès 17h30 afin de permettre au premier groupe, Nails, de se produire dès 18h20. Venant de Californie, il démontre que Los Angeles est toujours aujourd’hui une ville pleine de créativité et de potentiel.

À peine l’obscurité tombée, on entend la basse et la batterie résonner. Les vibrations se dispersent dans le sol, telles un tremblement de terre. La première partie commence avec « Suffering Soul ». Le bassiste de Nails, John Gianelli, brandit sa basse en l’air tandis que le guitariste, Leon del Muerte, assure la transition. Le trio infernal salue le public.

Les poings se lèvent dans la foule sur le morceau « Wide Open Wound », au tempo plus lent, entre andante et moderato. Le public acquiesce et apprécie. Le rythme plus rapide reprend de plus belle sur « Made to Make You Fail », puis « I Don’t Want to Know You » après cette phase plus lente devant une fosse relativement attentive et calme.

Une bonne quarantaine de minutes se déroule avant que le plateau soit débarrassé efficacement. Soudain, on voit apparaître la batterie d’Exodus. Après une petite vingtaine de minutes d’attente, la musique de Queen nous replonge en 1977 avec le tube « We Will Rock You » pour patienter.

Nails membres :

Todd Jones (chant, guitare)
Leon del Muerte (guitare)
John Gianelli (basse)
Taylor Young (batterie)

Setlist de Nails

Suffering Soul
Lacking the Ability to Process Empathy
Conform
Scum Will Rise
Violence Is Forever
God’s Cold Hands
Wide Open Wound
Made to Make You Fail
I Don’t Want to Know You
I Will Not Follow
I Can’t Turn It Off
Endless Resistance
You Will Never Be One of Us
Unsilent Death

 Nails

Exodus, un véritable assaut sonore

Derrière, au fond de la scène, le backdrop du douzième album d’Exodus, Goliath, (sorti le 20 mars 2026 chez Napalm records) nous plonge dans une ambiance dystopique, rappelant les gratte-ciels de New York dans un monde déchu. Originaire de Californie, la naissance du groupe remonte à 1981. Il est initialement composé de Kirk Hammett, Tom Hunting, Paul Baloff et Gary Holt.

Le quintette californien entre en scène et, immédiatement, Exodus assène ses hymnes « 3111 » et « Bonded By Blood », véritables décharges d’adrénaline portées par des riffs acérés et une déferlante de blasts. C’est reparti pour un tour : les rituels des concerts de metal démarrent : cornes de diable, crowd surfing, pogo et circle pits.

Dans cette ambiance très metal, le batteur, Tom Hunting, se lève debout sur sa batterie, soulève son T-shirt et bombe le torse. Le chanteur, Rob Dukes, fait chanter le public et ponctue ses phrases de “fucking”. Puis survient l’embryon du futur classique de Metallica, un motif incisif que Kirk Hammett maniait déjà bien avant de rejoindre les Four Horsemen. Bien que Kirk soit un membre fondateur, sa participation effective à l’exécution de ces power chords reste un sujet controversé.

On demeure toutefois étonnés qu’Exodus joue en second juste avant Carcass, et on a droit à seulement 45 minutes de prestation scénique. On arrive quasiment à la fin du set, le chanteur fait un signe de la main pour demander de former un mur de la mort. Les fans s’exécutent et Exodus termine un peu avant 20 heures.

Line-up Exodus :

Rob Dukes (chant)
Gary Holt (guitare)
Lee Altus (guitare)
Jack Gibson (basse)
Tom Hunting (batterie)

Setlist d’Exodus

3111
Bonded by Blood
Deathamphetamine
Blacklist
Promise You This
A Lesson in Violence
The Toxic Waltz (Raining Blood intro)
Strike of the Beast

Carcass scalpe la scène

Place à Carcass ! Au bout d’un quart d’heure, un nouveau backdrop en noir et blanc représentant des têtes accolées prend possession du décor et le quatuor anglais de Liverpool se met en place.

Le bassiste-chanteur, Jeff Walker, brandit sa basse et la pose sur sa cuisse gauche pour nous faire de belles démonstrations sur sa quatre cordes, une pratique qu’il exécute tout au long du show. Le guitariste à droite sur la scène, Bill Steer, se met davantage en avant et le chanteur de sa voix la plus rauque et diabolique fait chanter quelques phrasés « In Cold Blood » du refrain de « Unfit for Human Consumption » ( Surgical Steel, sorti en 2013). À côté du batteur, Daniel Wilding, apparaît une silhouette qui se fait discrète et joue du jam block (cloche à vache) de façon ponctuelle.

Le chanteur remercie le public en français. Carcass martèle ses titres à coups de motifs incisifs et de phrasés hargneux depuis les rêves enterrés « Buried Dreams » jusqu’au dernier morceau « Heartwork ». Après cinquante minutes de riffs tranchants et de roulements de batterie, Carcass, cette force infectieuse, termine son set.

Un grand rideau blanc descend sur le devant de la scène pour cacher les futurs préparatifs de décor de scène.

Line-up Carcass

Bill Steer (guitare, chant)
Jeff Walker (chant, basse)
Daniel Wilding (batterie)
Ben Ash (guitare)

Setlist de Carcass

The Living Dead at the Manchester Morgue
Unfit for Human Consumption
Buried Dreams
Incarnated Solvent Abuse
No Love Lost
Carnal Forge
Dance of Ixtab (Psychopomp & Circumstance March No. 1 in B)
Genital Grinder
Exhume to Consume
Corporal Jigsore Quandary
Heartwork

Kreator, le concasseur allemand diabolique

On patiente en musique : « Run to the Hills » d’Iron Maiden et «Eve of Destruction» de P.F. Sloan retentissent dans nos oreilles. Et pour le plaisir de nos yeux, un défilé d’images historiques de la démocratie en Grèce à la révolution française allant jusqu’aux guerres mondiales, est projeté sur le rideau blanc. Connu pour être féru d’histoire et pour l’ utiliser comme un miroir pour critiquer la société actuelle, Mille Petrozza le démontre d’emblée.

Derrière, se dessinent, en ombres chinoises, les silhouettes de Kreator. Soudain, apparaît une guillotine géante qui descend jusqu’en bas et splash, le rideau tombe, finissant dans les bras des préposés.

Dès l’intro de « Seven Serpents », la fosse est chauffée à bloc. Un véritable décor théâtral est planté sur la scène : des pendus accrochés en haut, des créatures diaboliques géantes et un superbe backdrop démoniaque, Kreator affiche un show à l’américaine avec pyrotechnie et confettis.

Le trio Mille Petrozza (chant, guitare), Sami Yli-Sirniö (guitare) et Frédéric Leclercq (basse) joue au milieu d’une tempête de feux pyrotechniques. Dès le troisième morceau « Enemy of God » titre éponyme de leur album sorti en 2005, cela grouille férocement dans la fosse et le premier mur de la mort se lance entre déferlantes d’acier et martèlements de batterie.

Le spectacle se poursuit avec deux porteurs de flambeaux et Petrozza lance à tue-tête son fameux « Hate Über Alles », accompagné des mantras saturés des guitares. Le morceau «Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite) », introduit par quelques phrasés mélodiques, sème le chaos.
Pour les aficionados avertis, on sait que Frédéric, le français multi-instrumentiste, aime parfois lâcher sa basse pour la six-cordes et c’est sur le titre « Loyal to the Grave » qu’il nous démontre son aisance musicale.

Et voilà les images de la révolution française qui nous reviennent en tête sur « Violent Revolution » (album sorti en 2001) avant que Kreator ne conclut son show avec « Pleasure to Kill » (1986), un grand final. Le choix des ces deux derniers peuvent se comprendre. D’une part, « Violent Revolution » est l’album du grand retour. Après une décennie d’expérimentations plus ou moins bien reçues dans les années 90, ce titre marque la renaissance de Kreator en tant que leader du thrash moderne. D’autre part, « Pleasure to Kill » représente l’hymne du Big 4 allemand. Il incarne la violence brute, juvénile et chaotique des débuts.

En les jouant à la fin, Mille Petrozza boucle la boucle : il rend hommage aux racines de leur style initial. Si tu cherches de la finesse et de la dentelle, tu es clairement au mauvais endroit. Entre thash et death metal, le déchaînement printanier commence bien.

Line-up Kreator

Mille Petrozza (chant, guitare)
Sami Yli-Sirniö (guitare)
Frédéric Leclercq (basse)
Jürgen “Ventor” Reil (batterie)

Setlist de Kreator

Seven Serpents
Hail to the Hordes
Enemy of God
Satanic Anarchy
Sergio Corbucci Is Dead
Hate Über Alles
People of the Lie
Betrayer
Krushers of the World
Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite)
Satan Is Real
Loyal to the Grave
Mars Mantra
Phantom Antichrist
Endless Pain
666 – World Divided
The Patriarch
Violent Revolution
Pleasure to Kill

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Kreator