Interview : Julien de CHEMICAL SWEET KID

Interview : Julien de CHEMICAL SWEET KID

Entretien par téléphone le 7 mai 2020, avec Julien, chanteur et fondateur du groupe Chemical Sweet Kid

CHEMICAL SWEET KID se situe entre Rob Zombie, Marilyn Manson et Combichrist.

L’esprit torturé de Julien Kidam vous embarque dans un univers electro rock indus délicieusement obscur. Les riffs metal indus flirtent avec les sonorités électroniques et donnent une sonorité occulte et percutante dans une atmosphère où règne l’autodestruction.

Après un premier album “Tears of Pain” en 2011, sort “Broken Wings” un an plus tard, puis “The Speed Of Time” en 2015. La pièce maîtresse “Addicted To Addiction” paraît en 2017 et CHEMICAL SWEET KID revient plus puissant et énergique que jamais, avec son nouvel album “Fear Never Dies” .

Il est sorti le 15 Novembre 2019 sur darkTUNES Music Group et se compose de 16 morceaux incluant deux remixes dont un d’AGONOIZE et le second de NACHTMAHR.

Afin d’apporter une nouvelle touche à sa sonorité, le groupe s’est rendu à Hambourg où les guitares ont été enregistrées par Chris Harms (Lord Of The Lost) qui s’est également chargé du mastering pour donner à l’album ce son puissant et unique.

Membres du groupe

Julien Kidam : Vocals & programming
Gautier : Live Keyboard
Yann : Live Guitar

Tracklist :

01 Shall we begin (1:10)
02 Lost Paradise (feat. Marcus Engel) (4:12)
03 Never again (3:44)
04 Playing with Knives (3:42)
05 Lights out (4:21)
06 Push your Limits (3:32)
07 The Fire within (4:06)
08 Dance with the Shadows (3:58)
09 Ups & Downs (3:37)
10 The Way it is (3:32)
11 Sick of you All (1:28)
12 Forgiven (3:43)
13 Under the Spell (3:50)
14 To the Grave (2:47)
15 Lights out (Agonoize remix) (4:19)
16 Lost Paradise (Nachtmahr Remix) (4:13

https://chemicalsweetkid.bandcamp.com/

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Rock Metal Mag : Tu es à l’origine du groupe CHEMICAL SWEET KID mais depuis ses débuts il a beaucoup évolué d’un point de vue musical mais aussi au niveau de son Line up. Qui t’accompagne aujourd’hui?

Julien : Aujourd’hui il y a Gautier, aux claviers. Il s’occupe aussi des vidéos et de temps en temps on fait des projections vidéos en live. Il s’est également occupé ds lyrics vidéos qui sont sorties dernièrement. Ensuite il y a Yann à la guitare qui a rejoint le groupe tout récemment. C’était en mars juste avant le confinement.

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Julien et Yann

Rock Metal Mag : Comment s’est passée cette collaboration avec Yann?

Julien : C’est un petit peu un hasard. En fait avec Yann, on a fait connaissance, il y a une vingtaine d’années. On était tous les deux dans l’univers un peu Techno Hardcore.

Alors Chemical Sweet Kid a été booké pour un concert en avril et Nico l’ancien guitariste a quitté le groupe en décembre dernier. Donc n’ayant pas encore retrouvé de guitariste, je n’avais pas encore accepté la date. Et la personne qui nous a booké est un ami commun avec Yann, qui était organisateur de soirée à l’époque.

C’est donc lui qui nous a remis en relation avec Yann, pour qu’il puisse nous dépanner sur cette date. En définitif j’ai proposé à Yann de rejoindre le groupe pour d’autres concerts. Il était hyper motivé et donc ça tombait à pic.

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Julien et Gautier

Rock Metal Mag : C’est toi qui compose la musique et les textes de “Fear Never Dies” ? Et comment ça se passe avec les autres musiciens?

Julien : En général, je compose le morceau et j’enregistre les paroles. Une fois le morceau bien construit, je l’envoie au guitariste qui rajoute sa partie guitare et sa touche personnelle. Ensuite je fais le mixe avec la guitare ou alors comme pour “Fear Never Dies” on a enregistré les guitares en studio à Hambourg.

Mais comme on vient de changer de guitariste, ce n’est pas exclu que pour les prochains albums, ou singles, ou EP, on puisse fonctionner différemment. Donc le guitariste envoie un riff et moi je compose le morceau autour de ça.

Comme Yann habite à Berlin, c’est un peu compliqué pour se voir et composer dans la même pièce.

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Rock Metal Mag : L’electro rock indus a toujours été ta musique de prédilection ?

Julien : Alors le groupe existe depuis 2008 et au départ j’étais seul sur scène et c’était beaucoup plus electro. Il y avait des influences comme le groupe belge Suicide Commando qui était un groupe phare de la scène electro gothique.

Donc c’était très electro et au fil des albums, cela s’est de plus en plus rapproché du Metal. Il y a eu ajout de la guitare et aussi une autre façon de chanter et c’est ce qui fait que cela se rapproche plus du Metal.

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Rock Metal Mag : Et même plus jeune c’est d’abord l »electro qui t’a attiré ou tu écoutais d’autres styles?

Julien : Dans mon adolescence j’écoutais beaucoup de Rock et de Metal. Par la suite je me suis plus tourné vers l’electro et la techno. J’étais DJ Techno/Hardcore et je composais des morceaux Techno/Hardcore.

Par la suite je me suis dirigé vers l’Electro/Indus, Electro/Gothique. Et de ce projet je suis revenu vers le Metal qui était vraiment mes premiers amours musicaux.

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Rock Metal Mag : On te cite comme quelqu’un « à l’esprit torturé » . Qu’est ce qui t’as poussé à écrire des textes aussi sombres avec cette ambiance un peu autodestructrice ?

Julien : En ce qui concerne le groupe c’est un projet très personnel, donc je compose et j’écris seul. Beaucoup de paroles viennent d’expériences et de vécu. Elles sont parfois romancées ou non.

Mais c’est vrai que je suis quelqu’un de très angoissé et très anxieux et je le projette dans mes textes. C’est ce qui explique l’aspect un peu sombre. Même lorsque j’essaie de faire un morceau un peu plus joyeux je retombe toujours sur quelque chose de sombre.

Ce n’est pas fait forcément consciemment, mais c’est toujours la direction que je finis par prendre.

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Rock Metal Mag: C’est ce qui explique le titre “Fear Never Dies” . La peur ne meurt jamais?

Julien : Oui voilà. Et puis c’est un peu d’actualité en ce moment.

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Rock Metal Mag : La phrase «Hell is empty, all the demons are here …L’enfer est vide, tous les démons sont ici…» C’est une constatation par rapport au monde actuel ?

Julien : C’est un peu ça. C’est aussi une phrase de Shakespeare, donc ça ne vient pas vraiment de moi. Mais c’est vrai qu’elle symbolise bien ce qui se passe et aussi ma vision des choses en général. C’est pour ça que je me suis amusé à reprendre cette phrase qui est le point de départ du morceau Lost Paradise. Et à partir de là j’ai décliné tout le morceau.

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Rock Metal Mag : Justement sur le premier titre « Lost Paradise » tu a invité Marcus Engel, guitariste de Rabia Sorda. Pourquoi cette collaboration?

Julien : Rabia Sorda est un groupe avec lequel on a pas mal joué et je m’entends très bien avec. C’est Erk qui a le groupe Hocico, plus electro gothique, qui a monté le side project Rabia Sorda qui est un peu plus Rock Metal.

On a beaucoup joué avec eux en Allemagne, en République Tchèque.. Il y a une bonne connexion entre nous. J’ai même fait un remixe d’un morceau qui est sur leur dernier album.

Lors d’un festival à Berlin où Rabia Sorda jouait , j’ai pu discuter avec Marcus. Je lui ai dit que j’étais sur un album et je lui ai demandé si il serait d’accord pour mettre un featuring de guitare sur un de mes morceaux. Il a tout de suite dit ok.

Le temps a passé et lorsque j’ai trouvé un morceau qui semblait lui correspondre je lui ai envoyé avec 2 autres propositions. Il a choisi « Lost Paradise« . Et c’est marrant parce que l’on arrive à sentir sa touche Rabia Sorda.

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Rock Metal Mag : Pour l’enregistrement des guitares et le mastering vous avez choisi le Chameleon Studios Hamburg de Chris Harms chanteur de Lord Of The Lost et Die Kreatur, tu avais déjà travaillé avec lui?

Julien : On avait jamais travaillé ensemble. C’est vrai que jusqu’à maintenant, les guitares étaient enregistrées, par notre ancien guitariste Nico. Donc pour cet album, je voulais quelque chose d’un peu différent, par rapport à l’album précédent (ndlr: Addicted To Addiction : Soundcloud)

Comme on ne va pas changer la façon de jouer de Nico sur un album, j’ai voulu aller enregistrer les guitares avec Chris car j’aime beaucoup ce qu’il fait. Et ça apporte vraiment une petite touche . On sent bien d’un album à l’autre, qu’il s’est passé quelque chose sur les guitares. Et je suis très content du résultat.

En ce qui concerne le mastering, pour les albums précédents, je le faisais, moi-même. Mais j’ai manqué de temps. Et en discutant avec Chris, vu qu’il faisait du mastering, c’est tout naturellement que j’ai pensé à lui. Il pouvait aussi donner quelques conseils sur les mixes que j’avais fait pour les améliorer, avant de passer à l’étape du mastering.

Lord of The Lost est un groupe que j’aime beaucoup. Il devait jouer en première partie de Iron MAiden, je ne sais plus vraiment à quel moment, mais cela a du être reporté à cause de tout ce qui s’est passé ces derniers temps (ndlr : concert du 11 juin 2020 à Warsaw, Pologne, reporté au 11 juin 2021).

On avait joué avec eux à un festival en Allemagne. Je connais bien aussi la personne qui s’occupe de leurs lights, car elle habitait en Alsace et nous avions déjà eu l’occasion de nous rencontrer il y a une dizaine d’années sur une tournée.

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Rock Metal Mag : Lights out a été remixé par Agonoize et Lost Paradise par Nachtmahr, pourquoi as tu choisi ses deux groupes?

Julien : Lights out est le premier single, qui est sorti avant la sortie de l’album. Et pour Agonoize, c’est un groupe que je connais depuis longtemps. Je connais Chris, le chanteur compositeur. On s’était rencontré, en 2014 , lors d’un concert à Berlin. Et depuis 2014/2015, on parlait d’une collaboration. Soit une pièce vocale, soit écrire un morceau ensemble.

Mais comme il a plusieurs groupes, il est toujours très occupé et on avait jamais eu l’occasion de finaliser tout ça. Et j’ai retenté ma chance avant la sortie de Lights Out. Comme il avait un peu plus de dispo il a donné son feu vert pour remixer ce morceau. Donc voilà pourquoi j’ai choisi Agonoize.

Pour Nachtmahr, en fait, c’est un groupe autrichien qui est aussi dans la scène electro gothique. Et Thomas par le biais de labels interposés m’avait demandé il y a quelques années de faire une reprise d’un de ses morceaux.

Du coup on s’est rencontré en soirée au cours d’un festival et pour me remercier il m’a proposé de faire à son tour une reprise d’une de mes chansons. Je lui ai dit que j’avais un album qui sortait bientôt et en fait il était même déjà prêt.

On a donc décalé un petit peu sa sortie, en attendant son remixe. Il a fait très vite et très bien et ensuite c’est moi qui ai fait le mastering du morceau.

J’ai trouvé intéressant que deux groupes purement electro remixent deux morceaux plus Indus/Metal. Le but d’un remixe est que l’auteur se l’approprie. Par contre à mon grand regret il n’ y en a aucun des deux qui a conservé la guitare dans le remixe. Je pense que cela aurait été intéressant mais bon, c’est leur choix.

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Chemical-Sweet-Kid-Fear-Never-Dies-cover.jpg.

Rock Metal Mag : Comment s’est passée la collaboration avec Wendy Saber Core (SaberCore23-ArtStudio) pour l’Artwork qui fait très film d’horreur?

Julien : En fait j’ai un peu galéré pour trouver quelqu’un pour la pochette. J’avais déjà eu des contacts avec d’autres graphistes. Ils s’étaient engagés à réaliser quelque chose et ils m’ont lâché un petit peu au dernier moment, sans vraiment de raison.

Du coup j’ai du rechercher à nouveau et c’est un peu par hasard que je suis tombé sur son travail. C’est vrai que sa pochette fait très film d’horreur, et tout ce qu’il fait en général fait très affiche de film. C’est ce qui m’a tout de suite plu.

j’ai regardé son travail et il avait déjà quelques photos qui me plaisaient. Et de là on est parti sur cette pochette. En plus il est ouvert à la discussion et on a pu faire plein de modifications. Je suis assez perfectionniste et assez tatillon.

Il a fait toutes les modifications sans râler, comme d’autres graphistes auraient pu le faire. Il réalise aussi beaucoup de pochettes de livres. J’aime beaucoup ce qu’il fait et cet aspect un peu glauque.

On arrive pas vraiment à voir si ce sont des dessins ou des créations virtuelles. En fait je crois qu’il book lui-même des modèles et de là il retravaille une photo que lui a pris. Son processus et quand même assez intéressant aussi. C’est un mixe photo/dessin très bien rendu.

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Rock Metal Mag : Vous avez présenté une première vidéo avec le titre Playing with Knife, pourquoi avoir choisi cette chanson ? C’est essayer d’atteindre la lumière mais rester dans la noirceur?

Julien : C’est un peu le symbole de la noirceur qui peut habiter certaines personnes . Playing with Knife c’est un peu la symbolique de l’auto destruction et de l’auto-mutilation avec les couteaux.

Ensuite on a choisi ce morceau pour le clip car même si il est assez sombre dans les paroles, il reste dansant et percutant.

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Rock Metal Mag : Vous allez surement refaire un clip, vous avez déjà un titre en tête ?

Julien : oui mais c’est un peu compliqué en ce moment avec le confinement. Avec les personnes qui ont fait le clip de « Playing with Knife« , on discute depuis le mois de décembre, pour en faire un nouveau.

On devait le réaliser avant la tournée qui devait démarrer en février, mais qui a été reportée. Du coup on a pris un peu plus notre temps pour le clip et lorsque tout commençait à bien se goupiller, on a tous été confiné.

Donc si on refait un clip cela ne se fera pas avant l’été, je pense. Pour le moment on ne sait pas trop où on va aller avec le confinement et le virus. Mais il y avait une volonté de faire un deuxième clip, pour le morceau « Under the Spell« .

C’est un morceau qui symbolise bien toute l’ambiance générale de l’album. Il a un rythme assez lent et lourd mais en même temps assez entraînant. C’est un des morceaux que j’aime beaucoup sur cet album.

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Rock Metal Mag: « Sick of you All » fait plus penser à un petit interlude qu’à une chanson à part entière. Ce titre sert d’introduction à la suite ?

Julien : La mélodie est la même que celle de l’intro. J’ai composé avec des logiciels qui simulent les boites à musique. J’ai créé la mélodie et sur l’intro j’ai pris des Samples un petit peu partout. Donc c’est un mélange de cette mélodie et des samples.

Mais j’avais quand même ces paroles en têtes depuis un bout de temps et je cherchais sur quel morceau les mettre. Et du coup en chantonnant cette mélodie j’ai trouvé qu’elle irait bien avec ces paroles; C’est vraiment le dernier morceau que j’ai composé.

Enfin j’ai repris l’intro en y ajoutant des paroles car je trouvais sympa qu’il y ait une petite coupure. Cela permet aux gens de se reposer un petit peu avant que ça reprenne. C’est bien que dans un album, ça ne bourrine pas tout le temps.

Il faut qu’il y ait plusieurs styles de morceaux. Des titres un peu plus dansants ou plus rapides, d’autres plus mélancoliques, à d’autres moments des petites comptines , des petites ballades. C’est plus intéressant que d’avoir quelque chose qui est fatiguant à écouter. Il y a des albums de certains groupes que je n’arrive pas à écouter en entier.

Ou alors si on prend les morceaux un par un ils sont bons, mais si on les écoute à la suite au bout d’une demi heure 3/4 d’heure on a les oreilles qui fatiguent et je trouve que c’est dommage. C’est la diversité qui fait la richesse d’un groupe.

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Rock Metal Mag: Forgiven est un morceau très sombre « Forgiven but never forgotten ».. « I lost my innocence ». (pardonné mais pas oublié, j’ai perdu mon innocence) C’est une chanson qui te touche plus personnellement?

Julien : Il y a toujours une part de personnel pour 90 à 95 % des morceaux. Je m’inspire toujours d’histoires qui sont arrivées ou qui auraient peut être pu arriver. Je m’inspire de la façon dont certaines personnes réagissent ou auraient pu réagir. Aussi comment moi j’ai réagi ou j’aurais eu envie de le faire.

Forgiven et Forgotten sont aussi deux mots qui vont bien ensemble. On peut très bien pardonner mais pas forcément oublier. Il y a toujours des choses qui restent en tête par rapport à un événement qui a pu se passer par exemple. Pardonner ce n’est pas oublier.

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Rock Metal Mag : Le coté visuel du groupe sur scène a son importance. Est ce que tu prévoies de le mettre plus en avant sur vos prochains concerts?

Julien : Oui. Comme la tournée devait commencer en février, cela fait une bonne année que l’on a travaillé sur les visuels et les décors de scène. avec un petit peu de scénographie. Après on est limité par certains moyens logistiques.

Mais il y aura des choses nouvelles par rapport aux concerts précédents. Seulement, à chaque fois que la scène le permettra, car si elle est très petite on ne va pas pouvoir faire de miracles. On est toujours limité par rapport à la place de la salle et à l’espace de la scène.

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Rock Metal Mag : Quels sont les groupes de la scène Elctro/Indus/Metal qui t’ont le plus inspiré?

Julien : Au départ et surtout sur le premier album, “Tears of Pain” c’était une musique très electro. Les toutes premières influences du groupe, c’est Tamtrum, un groupe français qui n’existe plus maintenant. Ensuite donc le groupe belge, Suicide Commando.

Si on parle plus du dernier album « Fear Never Dies », et parmi la scène Gothique/ Electro Gothique c’est surtout Combichrist. il était très Indus au départ et il se dirige plus vers le Rock/Metal maintenant.

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Rock Metal Mag : Est ce que tu trouves que la Musique Electro-Indus est suffisamment représentée en France ?

Julien : Personnellement je ne trouve pas . Par le passé, il y a 10/15 ans, on avait quand même plus de festivals et de concerts dans ce style. Je pense à un festival près de Paris, le Dark Castle et aussi au Dark Omen qui était organisé par la même personne.

On avait joué au Dark Castle et cela se passait dans un abbaye, donc un lieu assez atypique. Avant c’était dans un château et c’était un super festival mais qui n’existe plus. Il y a beaucoup de festivals qui ont disparu en France.

Et même je me souviens qu’il y a encore 5 ou 6 ans, on jouait beaucoup, dans des petites salles et des petits bars. Il y avait plus de petits concerts pour notre scène mais maintenant je n’en vois plus trop.

En France on est un peu entre deux chaises. Ou trop Electro pour le Metal, ou bien trop Metal pour l’Electro. Je sais qu’il y a une vingtaine d’années Punish Yourself avait bien réussi à faire monter cette scène mais depuis c’est un peu redescendu.

Rock Metal Mag : L’année dernière au Hellfest l’Electro Indus avait une une place plus importante.

Julien : Je sais que Combichrist y a joué . C’est peu être un peu plus en train de revenir car pas mal de groupes d’Electro Indus mettent de la guitare et se rapproche du Metal. Donc la frontière s’amincit quand même entre le Metal, l’Electro Metal, l’Indus Metal..

On se rapproche et finalement on se rend compte que le public est quand même ouvert. Il suffit de voir un concert pour que finalement il accroche.

Mais c’est vrai que nous, on joue principalement en Allemagne. On avait 3 concerts en France mais au mois d’avril , donc voilà. Ils sont reportés à l’année prochaine.

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Rock Metal Mag : Est ce que l’on peut espérer vous voir en concert cet automne ?

Julien : On avait une tournée avec PROJECT PITCHFORK, qui devait débuter en février qui a été décalée en mais puis finalement l’année prochaine. Mais on avait une deuxième partie de tournée qui devait commencer en octobre. Elle devient donc la première partie de la tournée avec eux.

Donc Octobre Novembre on joue en Allemagne avec le groupe allemand PROJECT PITCHFORK. Pour la petite histoire c’est un groupe qui, en 1995, avait Rammstein en première partie. Et c’est assez sympa.

Rock Metal Mag : Je vais écouter ça alors. moi j’aime beaucoup EISBRECHER

Julien : Oui je connais. D’ailleurs j’ai rencontré l’année dernière, Alex, le chanteur, et nous avons beaucoup discuté. Nous avons fait connaissance au à l’Amphi Festival de Cologne où il était en DJ. Il est très gentil d’ailleurs.

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Rock Metal Mag : Le dernier morceau s’achève sur « Chaque jour est un pas de plus vers la tombe. Où allons-nous maintenant? ». Quel est ta réponse à la question?

Julien : Et bien pour l’instant on n’a pas vraiment la réponse. Donc ce morceau se prête bien à l’époque. On sait que le 11 mai, on devrait normalement être déconfiné, mais on ne sait pas ce qui va se passer après.

Tout dépend des gens car il ne faut pas confondre déconfinement et fin du virus. Si les gens recommencent tout, les deux mois que l’on vient de passer n’auront servi à rien.

Voilà, moi je pose des questions mais je n’ai pas forcément les réponses. malheureusement. Et je pense qu’il n’y a pas grand monde qui a les réponses.

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Rock Metal Mag : Si tu as envie d’ajouter quelque chose pour conclure cet entretien

Julien : J’espère que l’on pourra se rencontrer bientôt et que les concerts vont reprendre pour tous les groupes car nous ne sommes pas les seuls à subir les frais de tout ce qui se passe en ce moment. Beaucoup de groupes ont eu leurs concerts d’annulés et non reportés. Nous, on a la chance d’avoir pu les reporter.

J’espère que tout va rentrer dans l’ordre très vite et que l’on pourra tous refaire la fête ensemble en concert.

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Rock Metal Mag remercie Julien de Chemical Sweet Kid et Roger de Replica Promotion.