Interview avec Matthew Ward de MASON HILL

Interview avec Matthew Ward de MASON HILL

Découvrez l’interview de Matthew Ward, bassiste du groupe Mason Hill. Par Gaelle C.

Le groupe écossais, MASON HILL a sorti son premier album “Against The Wall” le vendredi 5 mars 2021 via 7Hz Recordings (ADA/ Warner).

Créé en 2013, le groupe arpente les scènes du Royaume-Unis et sa musique dynamique fait rapidement mouche auprès du public. Un EP éponyme voit finalement le jour en 2015. Les écossais rencontrent ensuite de nombreux obstacles qui les amènent à sortir leur premier 12 titres 6 ans plus tard.

Rock Metal Mag s’est entretenu (à distance) avec le bassiste Matthew Ward, afin de parler de la longue création de “Against The Wall” qui leur a donné du fil à retordre.

Mason Hill est:
Scott Taylor (chant)
James Bird (guitare)
Marc Montgomery (guitare)
Matthew Ward (basse)
Craig McFetridge (batterie)

________________________________

Rock Metal Mag : Comment gérez-vous le nouveau confinement au Royaume-Unis ?

Matthew Ward : Communiquer avec le groupe n’est pas trop compliqué car nous utilisons les technologies dont nous disposons. Évidemment, nous ne pouvons ni répéter, ni donner des concerts, comme c’est le cas pour tout le monde dans l’industrie de la musique à l’heure actuelle. Nous bossons chacun sur des trucs, sans pour autant être ensemble dans la même pièce. Ce n’est pas génial mais ça pourrait être pire.

********

Rock Metal Mag : Oui vous ne pouvez pas travailler correctement, ce qui rend les choses difficiles.

Matthew Ward : En effet, nous ne pouvons même pas aller en studio. Nous espérons pouvoir y aller prochainement. Nous verrons bien comment ça va se passer dans les prochaines semaines… espérons que le mois de mars amène un peu de positivité pour que nous puissions à nouveau nous réunir afin de jouer de la musique.

********

Rock Metal Mag : Comment as-tu rencontré le reste du groupe ?

Matthew Ward : J’ai rencontré le groupe quand celui-ci était déjà formé. Craig, James et Scott faisaient déjà partie de Mason Hill. Ils étaient en ouverture d’un groupe avec qui je jouais à Glasgow nommé Attica Rage. Ils nous ont volé la vedette ce soir là ! Les gars cherchaient un nouveau bassiste, alors j’ai envoyé un message quand j’étais dans un état d’ébriété très avancé. En fait, je ne me rappelle même pas l’avoir envoyé !

Personne ne m’a répondu pendant deux ou trois semaines. Au bout de ces trois semaines, j’ai enfin eu un retour. Ils m’invitaient à venir répéter avec eux. C’est comme ça que je les ai rejoints quand j’avais 16 ans. Ensuite, nous avons trouvé Marc, le deuxième guitariste. Il était roadie à cette époque là. Marc adorait Mason Hill et il cherchait justement un groupe à rejoindre. Ça tombait bien puisque nous cherchions aussi un guitariste !

********

RMM : Est-ce que la connexion musicale a été immédiate entre vous ? Vous saviez d’emblée quelle direction vous vouliez prendre ?

Matthew : Oui je pense. Notre style a un peu évolué. Au début, c’était surtout du rock classique. C’est ce que l’on entend sur notre premier EP de quatre titres. Notre album, quant à lui, a un son plus moderne. Nous partageons tous la même vision de la musique et la direction que nous voulons prendre. Cependant, cela nous a pris cinq années pour en arriver là où nous en sommes musicalement. Nous avons trouvé la bonne voie et le changement reste léger. Tu peux toujours entendre l’influence de nos débuts, mais c’est plus moderne.

********

RMM : Parlons de ce premier album qui était très attendu par vos fans. Scott a dit “C’est la culmination de cinq années de sang, de transpiration et de larmes”. Peux-tu m’expliquer le processus de création de cet album ?

Matthew : Cet album a pris bien plus de temps que ce que nous avions anticipé. Il y a une blague que l’on avait l’habitude de faire à nos fans qui nous demandaient tout le temps la sortie de l’album pendant nos concerts. Mark et moi répondions qu’il arriverait en 2021, sans prévoir tout ce qui allait se passer. Ça paraissait loin et c’est ce qui rendait la chose drôle. Pour nous, il n’y avait aucune raison pour que l’album sorte aussi tard (rires) ! Malheureusement, nous avons rencontré beaucoup d’obstacles. Avec tout ça mis bout à bout, l’album a fini par réellement sortir en 2021 !

Nous avons commencé à travailler dessus il y a plusieurs années avec un label différent. Nous nous sommes séparés du label, ce qui nous a permis de réévaluer ce que nous avions entre les mains. Les chansons étaient dans un esprit très «classic rock». Nous avons réalisé que ce n’était pas la direction que nous voulions prendre, même si nous avons gardé des éléments rock.

Nous avions donc besoin de temps pour reconsidérer chaque chanson sur l’album. En gros, nous avons tout réécrit. Les noms des chansons sur l’album final restent très proches de leurs noms originels, mais les morceaux en eux-mêmes ont beaucoup changé. Nous avons mûri et nous sommes contents du résultat. Les chansons sont bien plus fortes que lorsque nous pensions les dévoiler il y a trois ans. Évidemment, le covid n’a rien arrangé et a encore retardé la sortie.

L’album devait paraître en septembre 2020, mais nous avons dû prendre la décision de repousser la sortie. Le mois de mars nous semblait idéal. Nous espérions ainsi pouvoir donner des concerts en 2021 pour défendre l’album. Nous avons encore besoin d’attendre pour voir si cela sera possible. Et puis, nos fans méritent d’avoir enfin cet album. Ils ont suffisamment attendu !

********

RMM : Donc les chansons sont en quelque sorte toutes nouvelles. Vous n’avez vraiment rien gardé des anciennes ?

Matthew : C’est un peu un mixe de tout ça. Il y a vraiment des morceaux que nos plus anciens fans ne reconnaîtront pas. Il y a des nouveautés, mais nous avons aussi gardé la structure de certains titres qui seront peut-être davantage identifiables. C’est un travail de longue haleine qui nous a pris environ deux ans sur un processus de 5 ans. Le changement est massif, c’est vrai. Cela peut être intéressant pour les gens de réécouter ce que nous faisions avant. Ils pourront voir ce qui a été modifié. Nous sommes connus pour réécrire nos morceaux encore et encore, parfois jusqu’à cinq ou six fois. Ce sera nouveau pour tout le monde, les anciens fans de Mason Hill, comme les nouveaux.

********

RMM: Et comment s’est déroulé l’enregistrement final ?

Matthew : Par chance, la majorité des titres ont été enregistrés en novembre 2019 ! Les instruments ont été enregistrés sans aucun problème. Nous avons dû attendre le mois de mars pour enregistrer le chant. Scott s’est envolé pour New York juste avant que la situation ne devienne dingue. Nous regardions les infos tous les jours, car on n’était même pas certains que Scott pourrait rentrer à la maison. Il est arrivé à New York en espérant pouvoir découvrir la ville, mais il n’y avait déjà plus personne dans les rues. Tout était fermé et il ne pouvait pas sortir. Ce n’était pas vraiment le rêve qu’il imaginait. On était désolé pour lui. Au moins, l’enregistrement du chant était génial. Nous étions très satisfait donc c’est une vraie réussite de ce côté là.

********

RMM : Est-ce que vous participez tous à l’écriture des paroles ?

Matthew : En général, c’est Scott qui s’en charge à 90%. Mais parfois, nous apportons notre petite touche personnelle. Dans ce cas là, nous envoyons ce que l’on a fait à Scott et il réécrit les paroles à sa façon. Il aime vraiment écrire et il a besoin de ressentir ce qu’il chante, donc c’est plus facile comme ça.  Et ça ne nous dérange pas.

********

RMM : Comment est née l’idée de mettre un prologue et un épilogue sur l’album ?

Matthew : Ce n’était pas le plan initial. La chanson « Reborn » qui ouvre l’album était à la base utilisée en ouverture de nos concerts. C’était le cas pendant plusieurs années. James a décidé de retravailler cette partie musicale en ajoutant des éléments électro. A partir de cet instant, cela nous a semblé évident qu’il nous fallait ce morceau pour introduire l’album. Notre manager ainsi que l’ingé son Chris Sheldon, qui a bossé avec les Foo Fighters et Biffy Clyro, ont ensuite eu l’idée de clôturer l’album par un autre petit morceau. Nous avons adoré l’aperçu. Cela me fait penser à Pink Floyd, et d’autres artistes dans le genre. C’est d’ailleurs un de mes groupes préférés. L’idée tombait donc à pic ! C’est un peu comme si la boucle était bouclée. Il y a un début et une fin à l’album. Nous sommes vraiment satisfaits du résultat.

********

RMM : Vous avez récolté environ 15 000 livres sterling en seulement 2 jours grâce à une campagne sur Kickstarter. C’est assez dingue ! Est-ce que cet engouement a été un booster de motivation, ou au contraire une source de stress ?

Matthew : Avant de démarrer cette campagne, nous étions justement très nerveux. Le financement participatif est parfois stigmatisé par certaines personnes. On ne voulais pas simplement demander de l’argent à nos fans. On a donc mis l’album en prévente sur le site. Quand on a vu que l’engouement était massif, on a été surpris par tout ce soutien. A ce moment là, cela nous a motivé.

Ce n’était pas une expérience effrayante, au contraire. Les retours étaient tellement nombreux. On ne s’y attendait pas du tout ! Sur cette plateforme, si tu n’atteins pas la somme fixée, tu ne touches pas l’argent. Arriver à notre but en seulement 2 jours était un vrai soulagement.

Nous ne pourrons jamais remercier assez nos fans pour leur contribution. L’album ne sonnerait clairement pas de la même manière si toutes ces personnes ne nous avaient pas soutenu. C’est génial de voir que les gens croient en Mason Hill !

********

RMM : Est-ce que vous appréciez de faire des vidéos pour vos chansons ?

Matthew : Hum… oui et non (rires). C’est parfois très long à réaliser. Pour notre dernier clip « D.N.A », le tournage a duré environ 12 heures ! On devait porter des lentilles de contact très épaisses pendant 6 ou 7 heures. C’était désagréable au possible. Personne dans le groupe n’en avait porté avant ce jour là. Un gars nous a donc aidé avec les lentilles, car il devait y avoir des gros plans sur nos yeux. On ne pouvait pas se louper. On a un peu souffert pendant plusieurs heures, mais on s’est quand même bien amusé. Il y a d’ailleurs une vidéo sur YouTube où l’on nous voit en train de pleurer à cause des lentilles (rires). On s’est bien marré à regarder ça plus tard.

********

RMM : Et quel genre de clip vidéo aimes-tu voir ou filmer ? Plutôt celui qui ressemble à un film, celui qui est humoristique ou celui qui montre simplement le groupe en train de jouer ?

Matthew : En ce qui concerne les vidéos du groupe, nous aimons raconter des histoires. Nous essayons de faire ça le plus souvent possible. On l’a déjà fait deux fois. Mais nous essayons toujours de nous renouveler visuellement. Moi j’aime beaucoup voir les groupes jouer dans les clips. Ce n’est pas toujours évident de retranscrire toute l’énergie d’un concert. Mais j’aime aussi les vidéos qui sont montées comme des films et qui raconte quelque chose.

Les Foo Fighters arrivent très bien à mélanger tous les styles dans leurs vidéos. C’est fait sur un ton humoristique tout en suivant un scénario. Ce groupe tire vraiment son épingle du jeu par rapport aux vidéos rock que l’on voit. Ces musiciens là, ils ne se prennent pas trop au sérieux. Nous essayons d’en faire de même. Il faut trouver le juste milieu entre le fait de ne pas se prendre au sérieux et le fait de garder un esprit rock.

********

RMM : Vous avez une grande variété d’offres relative à votre vinyle/album. On y trouve différentes couleurs, photos et même une piste bonus. C’est vous qui décidez ça ? Et pensez-vous qu’il est nécessaire de nos jours d’avoir un tel choix de produits?

Matthew : Tout ce qui concerne les designs et les packagings repose entre les mains du label et du management. C’est eux qui ont décidé d’avoir autant de choix et de formats pour ceux qui sont collectionneurs. C’est très palpitant ! A l’adolescence, j’aimais déjà collectionner différents albums et toutes les éditions spéciales que je pouvais trouver. On découvre parfois des livrets avec des photos inédites, des paroles etc. Je suis un mordu de ça et de tout ce qui peut se collectionner. Quand on a appris que nous avions nous aussi l’opportunité de faire des éditions variées, nous avons immédiatement dit oui. Nous avons donc bossé sur plusieurs designs et nous sommes fiers du rendu final. On adore !

********

RMM : Mason Hilll a déjà joué avec pas mal de groupes (Airbourne, Toseland…) ! Quelle est ta meilleure expérience à ce jour ?

Matthew : Personnellement, je pense que mon expérience favorite s’est passée à Glasgow, en Écosse. Nous avons joué dans la mythique salle nommée Barrowlands. C’est un lieu iconique ici. Je crois même que cela fait partie des endroits culturels incontournables en Europe. Il y a tellement d’histoire dans cette salle. Tu peux vraiment ressentir ça quand tu t’y trouves.

C’est là que 90% de mon argent passait quand j’étais ado ! J’y ai vu mes héros fouler la scène. Se retrouver sur cette même scène, dans une salle complètement comble était surréaliste. Tu te retrouves de l’autre côté de la barrière. Tu n’es plus dans le public, car tu l’as en face de toi. C’est absolument génial. C’est un moment fort qui sera difficile à surpasser.

********

RMM : Et quel serait le line-up de tes rêves ?!

Matthew : Si tu demandais à tout le monde dans le groupe, tu aurais des réponses vraiment très différentes ! Quant à moi, je dirais Mason Hill évidemment. Nous devons être sur l’affiche ! Ensuite j’ajouterais Megadeth comme principal groupe d’ouverture, puis Metallica en tête d’affiche.

********

RMM : Avez-vous pu donner quelques concerts ou est-ce que tout est fermé depuis l’année dernière ?

Matthew: Le dernier concert de Mason Hill remonte à l’année dernière. Quand nous avons quitté la scène, nous n’imaginions pas que ce serait notre dernier concert avant un bon moment. Maintenant ça semble irréel quand nous visionnons les vidéos de ce show. On n’avait aucune idée de ce qui était en train de se passer ! On espère pouvoir remonter sur scène dès que nous y serons autorisés. La plupart des musiciens pensent que ça ne se fera pas avant la fin de cette année 2021. Je le pense aussi. Nous croisons les doigts !

********

RMM : Les concerts en live stream sont la solution de secours. Est-ce que le groupe a tenté l’expérience ? Que penses-tu de cela ?

Matthew : J’adore l’idée, même si le groupe n’a fait aucune performance en live stream. Avec le confinement actuel que nous traversons au Royaume-Unis, nous ne sommes même pas en mesure de jouer dans la même pièce. On cherche des alternatives. On tente de s’adapter et de bosser sur la possibilité de faire un live stream plus tard. C’est important pour nous de se connecter aux fans. On veut le faire musicalement et pas seulement répondre à des questions en étant chacun chez nous sur Twitch. Ce qui est certain, c’est que nous bossons sur ça pour rendre la chose possible.

La situation actuelle met certains groupes de côté, voire dans l’ombre. Mais il y en a d’autres qui s’en sortent très bien avec les live streams et c’est super. On espère que le public répondra présent aux concerts quand ils reprendront. En attendant, l’internet reste le seul moyen pour interagir avec les gens. Avec Mason Hill, on va essayer de proposer du nouveau contenu après la sortie de l’album.

________________________________

Merci à Matthew Ward et à Replica Promotion.

FACEBOOK de Mason Hill
Site web de Mason Hill