Interview : Arnaud, Julien et Victor de Magoyond

Interview : Arnaud, Julien et Victor de Magoyond

Entretien avec Arnaud, Julien et Victor du groupe français Magoyond.

Rock Metal Mag a pu s’entretenir avec Arnaud, Julien et Victor du groupe Magoyond à l’occasion de leur journée promotion au Hard Rock Café à Paris avec Roger Wessier de Replica Promotion.

De gauche à droite : Arnaud, Victor, Julien

Magoyond est :

Julien (Le Mago) Escalas : textes, chant, guitare, direction artistique / co fondateur.
Arnaud « Aspic » Condé : basse, orchestrations, instruments additionnels / Production musicale.
Bruno « Nobru » Guerzoni : batterie / direction artistique.
Victor « Vito » Bruzzi : guitare lead, instruments additionnels / Chef Opérateur

Magoyond est endorsé par Skull Strings, fabricant de cordes pour les musiques extrêmes

Magoyond allie de puissantes orchestrations au metal alternatif plus traditionnel. C’est l’un des rares groupes de metal à chanter uniquement en français.

En fonction des chansons, les influences musicales du groupe sont très variées7 : Alice Cooper, Slash, Diablo Swing Orchestra, Rammstein, Avatar, Rob Zombie, Metallica, Periphery, Steel Panther, Tesseract (groupe), Ultra Vomit, Devin Townsend ou bien Two Steps From Hell, Hans Zimmer, John Carpenter et Danny Elfman pour l’aspect symphonique de leur musique.

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Nouvel album ” KrypShow ” sorti en avril 2019.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image0_66737200_1568216646.jpg.

Tracklisting :

CD 1 – Kryptshow

1 Le Chapiteau des Supplices
2 Vegas Zombie (feat. Norieh)
3 Le Manoir de Zack Trash
4 Zone Zero
5 Syndrome
6 Le Magasin des Suicides
7 L’Armée Damnée
8 Le Jour des Vivants
9 Le Croque-Mitaine
10 Kryptshow (Instrumental)
11 Les Fossoyeurs

CD 2 – Les Chroniques de la Crypte

1 Chimera
2 Six Pieds Sous Terre
3 Vegas Zombie
4 Chronique du Magasin #1
5 Le Pudding à l’Arsenic
6 Chronique du Magasin #2
7 Murmures
8 La Rumeur – MONSTER
9 Zombitch
10 Les Zombies
11 Respawn (Noob Special)

12-21. Versions instrumentales des morceaux du CD1.

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Rock Metal Mag : Magoyond existe depuis 12 ans, quel regard avez vous sur le groupe aujourd’hui par rapport à vos débuts ?

Arnaud : On a beaucoup évolué depuis nos débuts.

Julien : En fait le groupe a été crée en 2007 mais officiellement il existe depuis 2009 pour le coté musical. Donc on a une belle évolution. On vient de très loin quand même car lorsque l’on n’ était que deux à faire des trucs sur internet, c’était vraiment fait à l’arrache. On ne pensait pas en arriver là aujourd’hui et surtout avec un produit aussi fini.

Arnaud : Julien faisait des chansons rigolotes et un peu parodiques avec l’ancien bassiste qui s’appelle “yond” (ndlr : Romain, basse) , d’où le nom Magoyond. Et maintenant on a réussi à ficeler tout notre univers et tout ce que l’on voulait faire en un package cohérent. Et nous sommes un groupe de Metal monstrueux.

Julien : Cela nous a pris 4 ans avant de trouver l’aspect des textes, de l’ambiance, pour construire l’univers de Magoyond et trouver la bonne direction. Ensuite, il nous a fallu à nouveau 4 ans pour arriver à ce que l’on est aujourd’hui.

Arnaud : Et pour arriver à comprendre aussi comment le présenter pour que ce soit assimilable.

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Rock Metal Mag : J’imagine que vous êtes tous des grands fans de films d’horreur ou fantastiques depuis très longtemps, C’est une volonté pour vous démarquer d’avoir créer ce concept de Monster Metal ?

Julien : Alors Monster Metal ce n’est arrivé que tout dernièrement car avant on disait que l’on faisait du Rock Zombie. Notre style musical était plus Rock car il fallait que l’on rentre dans une case. Mais du coup, on s’est créé la notre.

Et c’est arrivé, non pas par rapport au films d’horreurs, mais plus par la Pop culture, qui me plaisait. J’aimais bien écrire des choses la-dessus et je suis venu à la musique beaucoup plus tard. Je ne suis pas musicien à la base, alors que Arnaud est musicien professionnel.

Et puis il y a eu des rencontres. Et cela est passé de comment on écrit et on compose une chanson à comment on monte un univers et on rend le tout cohérent. C’est pour cela qu’au début ça partait dans tous les sens, car j’étais seul à composer avec mon petit bagage musical. De là on a étoffé le groupe avec des musiciens très compétents et c’est devenu quelque chose.

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Rock Metal Mag : Toi aussi, à la base tu aimais cet univers Rock Zombie?

Arnaud : Disons que j’ai mis au service du groupe mes compétences musicales pour aider à donner forme au style de l’univers. Diriger un peu d’en haut, quels ingrédients externes aux guitares et à la batterie, on pouvait mettre en place, pour avoir ce son, cette ambiance et cette esthétique.

Julien : L’idée ce n’était pas d’être juste un groupe de rock. C’est un truc que je répète systématiquement quand on compose, c’est l’ambiance. Il faut que ça dégage quelque chose. On écrit vraiment des histoires, donc il faut que l’histoire qui est racontée, soit portée par la musique, par l’ambiance que ça dégage.

Arnaud : A travers chaque morceau, on raconte des petites histoires qui ont chacune leur propre histoire. Et il se trouve que nous le faisons à travers le Metal.

Et du coup, paradoxalement, c’est dur de faire quelque chose de cohérent sur la longueur d’un album en gardant la même patte, la même direction. Pas le même son parce que ça c’est facile, mais faire à chaque fois des histoires différentes, des micro-univers différents tout en gardant la même ligne.

Et ça, on l’a moins réussi avec notre premier album “Pandemia” en 2012 parce que l’on cherchait encore. Il y a un fil conducteur et une histoire chronologique mais c’est tout. Alors que dans “Kryptshow” il n’y a pas de chronologie mais on sent bien qu’il s’agit du même univers. Il y a même des petits éléments thématiques musicaux qui se retrouvent d’une chanson à l’autre, de manière plus ou moins visibles. Mais il y en a plein.

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Rock Metal Mag : On peut dire que Kryptshow est une continuité de Pandemia ?

Arnaud : Tout à fait.

Julien : En fait on dit que Pandemia, pose les bases. C’est la fin du monde et c’est ce qui se passe dans l’album.

Arnaud : Et Kryptshow, c’est l’après, 7 ans plus tard.

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Rock Metal Mag : Et les petits EP entre les deux albums, c’est le fil conducteur?

Julien : Exactement, c’est le cheminement jusqu’à Kryptshow. En fait on s’est cherché, il y a d’autres musiciens qui sont arrivés et nous avons continué de composer la dedans. C’est aussi pour cela que dans Kryptshow, on retrouve des morceaux qui sont dans nos EP. Tout simplement parce que ce sont les premières pierres à la construction de ce nouvel opus. On ne le savait pas encore mais au final on l’a compris.

Arnaud : Le premier venu est l’EP “Z”qui marque l’arrivée de Vito (guitariste) en 2014. Et donc on a directement un son plus Metal qu’avant et un petit peu plus moderne aussi.

Ensuite on a “ZZ” avec Le Croque-mitaine qui était vraiment un essai de ce que l’on peut faire. Une chanson bâtie autour d’une véritable ambiance sérieuse, parce qu’avant nos chansons étaient plutôt rigolotes. Le Croque Mitaine c’est de plus en plus sérieux, plus noir.

Et on a aussi Zone Zero qui reste un peu rigolo, Rock Metal. On voulait tester et faire un single /Clip très efficace et ce n’est pas un exercice facile.

Donc on est arrivé dans Kryptshow avec toutes ces expériences là. On a choisi de remixer certaines chansons qui en valaient la peine comme “Vegas Zombie” et de laisser “Six Pieds Sous Terre” dans l’état, puisque rien a changé. C’était plus un témoin de ce que l’on était en 2014, plutôt qu’une définition de ce que l’on est maintenant.

Julien : Ce groupe est vraiment une histoire. On écrit des histoires mais Magoyond en est une aussi.

Voir : https://www.magoyond.com/discographie/

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Rock Metal Mag : C’est pour cela que avez vous décidé de ressortir votre 1er album Pandemia , 6 mois après la sortie de Kryptshow ?

Julien : En fait, déjà parce que l’on était en rupture de stock. (rires) Et lorsque nous avons fait Kryptshow nous avons fait une campagne de financement participatif qui nous a permis de faire un double album en digisleeve avec une superbe illustration par Arsenic et Boule de Gomme, et un vinyle.

Et lorsque l’on a vu Pandemia dans son boitier cristal, on s’est dit que c’était dommage de le laisser comme ça. Comme nous racontons des histoires il faut que tout notre univers soit cohérent. Donc ça m’a piqué et je me suis dit que nous allions faire une version deluxe de Pandemia avec d’autres bonus comme tout ce qu’il y a sur Kryptshow . Et nous avons rattaché les univers graphiques à ce nous sommes aujourd’hui.

Arnaud : Et aussi parce que je commençais à ne plus pouvoir entendre le vieux mixage de 2012. J’étais très content de mettre un peu les mains dans le cambouis pour faire un petit remastering, pour améliorer un tout petit peu l’homogénéité entre les chansons , un peu le son et que ce soit un peu plus écoutable. Du coup c’est une version remasterisée qu’il y a dans le nouveau CD.

Julien : Ce qu’il faut c’est que les gens qui arrivent aujourd’hui et nous découvrent puissent comprendre que notre univers graphique et notre univers musical, c’est un tout cohérent. Et qu’il n’y a pas un truc qui a été fait en 2012 et qui n’a plus vraiment de rapport avec ce que l’on fait à présent. Là, lorsque l’on a les 2 albums cote à cote, on comprend qu’il y a une cohérence et qu’il y a potentiellement une histoire. On voit les albums plutôt comme des volumes d’une histoire que l’on a a raconter.

Arnaud : On n’ a pas voulu pour autant le remixer profondément parce que ce sont d’autres musiciens qui étaient présents à l’époque. Yond et Mr G (ndlr : Guillaume /guitare) ne sont plus là actuellement, donc on n’a touché à rien. On a juste donné un petit coup de polish aux mix, mais il s’agit vraiment de l’album de 2012.

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Rock Metal Mag : A propos de cette campagne Ulule lancée en janvier 2019 vous avez publié une vidéo de présentation très complète de votre projet et le 13 février vous avez obtenu un score incroyable de 250 %. C’est incroyable un tel succès ! Quel a été votre ressenti avec un tel résultat ?

Arnaud : C’était super impressionnant ! Je me souviens très bien quand cela a été lancé à 19h. J’étais dans l’Est de la France et je revenais en voiture et pendant 2 heures je voyais le score qui montait à 1000, puis 2000 euros. Je me disais, c’est dingue, il y a des gens qui donnent 100, 200 euros.

Cela a été extrêmement vite et c’était incroyable de voir que l’objectif que l’on s’était fixé, avec un palier très raisonnable a été atteint aussi rapidement.

Les gens étaient vraiment là et ont répondu présents à notre appel. Et ensuite cela a continuer d’augmenter et l’on a pu avoir suffisamment de sous pour produire ce double album en finition Deluxe avec tous les raffinements.

On avait un peu peur au début mais on n’a vraiment pas été déçu par la réponse des gens.

Julien : On a un public qui est hyper à l’écoute de ce que l’on fait depuis le début. Comme on a commencé sur internet, on y a fédéré des gens. Les fans qui nous suivent sont hyper fidèles. C’est une de nos grandes forces, et lorsque l’on fait des trucs, les gens nous suivent et ils nous font confiance.

C’est quelque chose d’assez rare d’ailleurs lorsque j’en discute autour de moi avec d’autres groupes ou autres. Habituellement les fans s’en foutent ou ils n’aiment pas quand il y a de la nouveauté. Alors que là, ils sont hyper à l’écoute de ce que l’on a à leur proposer.

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Rock Metal Mag : Et vous apportez beaucoup de soins dans tout ce que vous faites, aussi bien au niveau de la composition que du graphisme. Je vois que vous avez même pris le soin de préparer une jolie table pour présenter et mettre en valeur vos albums et autres goodies .

Julien : Oui on soigne énormément le graphisme et tout l’univers de Magoyond. Il y a deux graphistes, et c’est vrai que cela aide beaucoup. Et on a trouvé le moyen de se démarquer des autres en assumant pleinement le coté comics ou cinématographique de notre musique.

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Rock Metal Mag : Justement, en ce qui concerne les graphistes Arsenic et Boule de Gomme, vous vous connaissiez déjà ?

Julien : Alors, moi, j’ai leurs bouquins depuis plusieurs années. Avant , avec Nobru (ndlr: Bruno: Batterie) on faisait tout. Nous sommes tous les deux graphistes et directeur artistique dans la vie de tous les jours et donc nous faisions tout le graphisme du groupe.

Lorsque l’on a fait Kryptshow, et que l’on est ouvert à toute collaboration, on s’est dit que l’on pourrait demander à des gens qui font des trucs supers, de bosser avec nous. J’ai un petit peu au culot, contacté Arsenic et Boule de Gomme et le feeling est passé super bien, très rapidement.

Ils ont été emballé par le projet et on a pu réaliser un Artwork super. Et ils ont évidemment un univers très porté sur les monstres, donc on se répond bien et c’est génial.

Arnaud : Il fallait trouver des dessinateurs qui savent enrichir leur univers en apportant leur patte mais en restant dans la continuité. Lorsqu’ils nous ont envoyé le croquis, on a eu le coup de coeur direct. C’est exactement l’album et c’est exactement ce que l’on veut faire passer comme message. Du coup, c’était parfait.

Julien : D’ailleurs, ils ont produit Kryptshow avec toutes les illustrations. Je me suis d’ailleurs dit que pour Pandemia, que j’ai réalisé, il fallait que l’on reprennent, avec tout ce que l’on avait créé en 2012, l’essence de ce qu’ils ont créé pour Kryptshow, pour que ce soit cohérent. On a donc repris tous nos éléments et on a refait cette illustration là.

Arnaud : Donc la pochette de Pandemia est un travail de Graphiste et celle de Kryptshow un travail d’illustrateur. On voit un peu la différence.

Julien : Cela reste avec le style que l’on avait en 2012 , c’est donc cohérent et ça se complète bien.

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Rock Metal Mag : C’est très bien car cela montre l’évolution de Magoyond aussi bien musicalement que visuellement. Donc cet album Kryptshow vous avez du le commencer il y a pas mal de temps déjà mais est ce que vous avez gardé le même processus de composition?

Julien : Alors on peut dire qu’on l’a commencé en 2014 avec Six Pieds Sous Terre et Vegas. Sans le savoir d’ailleurs, mais c’est vraiment là que l’on a commencé à bosser sur Kryptshow.

Arnaud : Et d’ailleurs cela ne s’appelait pas encore Kryptshow. Après on a fait Le Croque Mitaine et Zone Zero.

Victor : ( qui est venu nous rejoindre ) Gentiment un an avant je pense, pour poser les idées et tout ça.

Arnaud : Oui voilà, un an environ pour poser les idées et composer les chansons. En fait pour composer, on se met autour d’un ordinateur, on fabrique la chanson, on enregistre jusqu’à ce que la chanson ressemble à quelque chose de cohérent et dont on est content.

Evidemment il reste toujours des petites zones d’ombre que l’on affinera à l’enregistrement. Et puis il y a des chansons que l’on a bouclé à 3 h de la fin des enregistrements. L’avant veille que cela soit envoyé au pressage. Comme pour les paroles du “Manoir de Zack Trash” .

Julien : Oh oui, c’était une grosse difficulté les paroles de Zack Trash . Il y a aussi des chansons comme “Syndrome” que l’on a composé peut être 2 ou 3 ans avant Kryptshow .

Victor : Elles existaient même déjà en 2014.

Julien : Mais on les a vraiment rattaché et on en a fait quelque chose 4 mois avant la fin.

Arnaud : Pour “le Chapiteau des supplices”, le début on l’a fait en février 2013, juste après Pandemia.

Julien : Oui, c’est la première chanson que l’on a composé juste après Pandemia.

Arnaud : Le Riff de début de Syndrome, je l’ai fait en 2011. (rires). Le riff des Fossoyeurs Vito l’a fait peut être en 2010.

Victor : Non, le Riff des Fossoyeurs je l’ai inventé sur place.

Julien : Et on a encore plein de matière. J’ai plein de textes mais pour Kryptshow, on a pris ce qui nous inspirait le plus et ce qui était le plus cohérent avec ce que l’on voulait monter.

Arnaud : Un puzzle monstrueux quoi.

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Rock Metal Mag : Coté inspiration c’est Tim Burton, entre autres?

Julien : Oui , et de plein de choses. J’aime bien lorsque j’ai une idée bien spécifique d’un univers, leur envoyer des trucs par exemple pour le magasin des suicides ou pour “Kraken Palace” dans Pandemia, je leur ai envoyé des vidéos pour faire des trucs dans le même style. Alors généralement, ils soufflent en disant que cela a déjà été fait, donc on ne va pas faire ça.

Arnaud : Alors justement, on ne connait pas forcément ce qu’il nous envoie. C’est le propre du directeur artistique qui nous inspire et comme on ne connait pas les influences, on va les faire dans notre style.

Julien : Cela va même plus loin avec le magasin des suicides. Il y a un livre et un film qui ont été fait. Je n’en ai absolument pas parlé à l’équipe car ils ne connaissaient pas .Moi j’ai lu le bouquin il a quelques années. En rangeant ma bibliothèque j’ai vu le magasin des suicides et cela m’a inspiré une chanson qui n’était pas vraiment en rapport avec le bouquin.

Je ne leur en ai pas parlé et c’est une fois que l’on a terminé la chanson que je leur ai dit qu’il y a un livre qui existait et qu’il y avait cette ambiance. On n’ était pas du tout sur les mêmes codes, donc cela fait plaisir.

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Rock Metal Mag : Vous envisagez de sortir un livre ou une BD de vos récits ?

Julien  : Alors avec Arsenic, on en parle. Mais déjà avec Nobru depuis des années on se dit que cela serait une bonne idée. Sauf que nous n’avons pas les capacités en dessin pour le faire. On peut juste gérer la direction artistique.

Lorsque l’on a rencontré Arsenic et Boule de Gomme, la première chose qu’ils nous ont dit c’est : «  Bon, on la fait quand cette BD , ou ce Graphic Novel? ». Donc là on s’est dit que c’était clairement à envisager. Il faut que ça se fasse maintenant.

On a même envie de faire des clips en animation, car toutes nos chansons pourraient se prêter à l’image. Ce qui nous manque surtout c’est du temps et du budget. C’est toujours le problème. Mais, bon , on a su prendre notre temps pour arriver là, donc on pourra encore prendre du temps pour le faire.

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Rock Metal Mag : En 2016 vous aviez sorti le Pudding à L’arsenic avec une vidéo illustrée par le dessin animé “Astérix et Cléopâtre” de Goscinny et Uderzo en 1968. Vous avez repris ce titre sur votre 2ème Cd pourquoi?

Julien : Alors les gens nous le demandaient. J’ai toujours pensé que c’était une bonne idée de le faire. Arnaud , ne connaissait pas. En fait on ne fait pas beaucoup de reprise. Mais j’ai eu l’idée de prendre cette chanson là, car c’était vraiment une des seule qui pouvait coller dans notre univers.

Arnaud : Et on l’a fait très fidèlement . On a laissé le même tempo, la même tonalité. Du coup on est synchro au dessin animé. C’est une reprise fidèle.

Julien : Et lorsque nous l’avons sorti juste sur internet, on a contacté les ayants droits et ils nous ont dit ok. Et les gens nous ont demandé , quand le pudding serait sur un CD et c’est aussi pour ça que nous l’avons mis en bonus sur Kryptshow. Nous l’avons enrobé avec le magasin des suicides pour qu’il colle encore plus avec les chroniques du magasin, les petits sketchs audio, pour qu’il soit vraiment incorporé à notre univers. Et ça c’est un de nos plus gros succès sur Youtube. Les gens adorent son atmosphère et c’est vraiment super parce que cela touche un peu le coté Madeleine de Proust.

Arnaud : Et puis c’est aussi un peu les restes du coté rigolo que l’on avait avant . Parce que maintenant nos chansons sont beaucoup moins drôles, donc c’est bien d’avoir une chanson un peu détente. Cela fait respirer.

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Rock Metal Mag : Le titre Respawn parle de Noob , c’est quoi exactement une série télévisée ?

Julien : Noob c’est une web série, réalisée par des copains. Ils ont commencé comme nous vers 2007/2008 à faire leurs parodies sur internet. Et puis cela a évolué bien sur. Ils ont fait un Crowd Founding de plus de 1 million 200 000 !! Hallucinant !

En fait j’ai toujours eu envie d’écrire une chanson qui pouvait se rattacher à ça.. On s’est un peu essayé aussi au Metal symphonique, au Power Metal, la dessus. Cela a été une expérience.

Arnaud : C’était très rigolo à faire car ce n’est pas vraiment notre style. On a réussi à inclure au reste de l’album, un truc qui ne collait pas vraiment. Mais quand on était plus jeune je trouvais cela très rigolo, surtout de faire les choeurs aigus. D’ailleurs je me suis pété la voix dessus. (rires)

J’avais fait un riff du début avec l’orchestre, en 2012 et on avait jamais réussi à l’utiliser dans une chanson, parce que cela ne faisait pas assez sérieux par rapport à l’évolution musicale que l’on avait. Et donc avoir une chanson un peu délire avec ce riff, c’était parfait

Julien : J’assume pas le coté trop sérieux d’une histoire. On peut raconter des histoires sombres mais lorsque c’est trop sérieux cela ne me correspond pas. Ce n’est pas moi à l’écriture.

Arnaud : Les trucs trop sérieux, ne sont pas des histoires intéressantes. C’est la vie quotidienne et on s’emmerde. (rires)

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Rock Metal Mag : C’est toi, Julien qui écrit tout ?

Julien : Oui et on corrige certaines choses ensemble.

Arnaud : Je propose des trucs. Parce qu’il écrit aussi des paroles, qui ne sont pas du tout chantables.

Julien : Noob, c’est une des chansons où on s’est le plus marré pour la composer. On voulait tous les clichés du Power Metal, et à chaque fois on tombait tous d’accord sur les trucs à faire en se marrant. Les solos sont extrêmement drôles.

Arnaud : La modulation du solo de clavier est typique du Power Metal des années 90.

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Rock Metal Mag : Sur Vegas Zombie vous avez invité Norieh, comment s’est fait le choix de cette artiste ?

Julien. : Lorsque l’on a composé Vegas Zombie en 2014, on s’est toujours dit, qu’il fallait une voix féminine pour interpréter cette chanson. Je n’ai pas trouvé et donc j’ai tout fait et pour moi la chanson n’était pas assez aboutie.

Donc on est reparti à Zéro, on a fait la rencontre du NEKO LIGHT ORCHESTRA un groupe qui fait énormément de reprises de musiques de films et autres. Norieh, qui a quitté le groupe, en était la chanteuse à l’époque.. On s’est croisé plusieurs fois sur scène, on lui a demandé et ça lui a plu.

Arnaud : On voulait faire parler le personnage de Vegas et on en profité pour rénover l’instrumental en ajoutant du vrai saxophone et du vrai piano, histoire que ça sonne mieux.

Julien : Voilà ce sont beaucoup de rencontres de musiciens en fait, pendant les tournées.

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Rock Metal Mag : Et pour un prochain album vous aimeriez éventuellement inviter encore plus de gens ?

Arnaud : On aimerait mettre un orchestre symphonique .

Victor : C’était déjà en projet sur Kryptshow.

Arnaud : Oui on y avait déjà pensé mais ça coûtait trop cher. Et puis si on veut que ce soit bien fait, ce sont plusieurs journées d’enregistrement. Cela ne se fait pas en une heure.

Julien : Ou un Big Band ou autre. Là Tony Beaufils du groupe Quantice (ndlr : et du Naheulband) est venu faire les solos sur Respawn, on a Norieh qui joue avec nous, on a Arthur qui fait du saxo. C’est sympa mais il ne faut pas que ce soit du featuring gratuit . Norieh elle n’est pas spécialement connue et on trouvait que ça collait bien. On est pas là pour faire du Fan service. Il faut que ça serve à notre univers. C’est comme pour les reprises. Donc pourquoi pas inviter plus de monde. On ne s’interdit rien du tout.

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Rock Metal Mag : C’est vrai que votre musique pourraient facilement s’adapter à des films à grands spectacles, comme Chimera qui est un morceau magnifique.

Julien : Aspic, il y a quelques années à créé un album, qui s’appelle « Coming Soon ».

Arnaud : Il a fait quelques musiques dans ce style et donc on en a mise une qui correspondait bien à notre univers et que l’on a un peu guitarisé .

Julien : C’était une musique épique et on aime bien ce genre là.Cela se prête à notre univers qui est un peu grandiloquent.

Arnaud : Oui et cela peut se sentir sur quasiment toutes les chansons. C’est immense en fait. Ce n’est pas la petite chanson, juste comme ça. C’est vraiment un gros truc avec des guitares énormes tout comme la batterie ; Donc tout est gros et démesuré et on aime bien cultiver ça. On fait vraiment du spectacle.

Julien : J’aime bien le mot cinématographique.

Arnaud : Il n’y a pas les images, mais elles sont dans vos têtes.

Julien : C’est aussi pour ça que c’est difficile de faire des clips derrière, parce que l’on donne notre version de la chanson avec nos moyens.

Arnaud : Et puis le clip serait extrêmement long et complexe. Pour le Manoir de Zack Trash par exemple, on a vraiment imaginé un Manoir très haut de plafond avec un orgue tout en haut et qui joue en permanence toute la chanson durant toute l’histoire. Et c’est vraiment ce qui se passe.

Julien : C’est vrai que quand on écrit et que l’on compose, de se représenter ce que c’est, c’est limite scénarisé .

Arnaud : Story bordé

Julien : Oui voilà, Storry bordé. Sur “Le Jour des Vivants” par exemple, avec la guitare qui commence au début, c’est le survivant seul avec sa guitare.

Arnaud : Mais au lever du jour, il y a le soleil qui se lève et il gratouille un petit peu.

Julien : Après il y a un énorme ras de marée de monstres qui font la fête qui lui arrive dans la gueule. Et à la fin c’est un piège monstrueux. Il fallait que l’on puisse se le représenter pour que l’on puisse le rendre. (rires)

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Rock Metal Mag : Vous avez une imagination débordante, vous en rêvez la nuit ? (rires)

Julien : Cela fait partie du processus de création

Arnaud : Non mais des fois on a des idées. Une nuit comme ça je n’arrivais pas à m’endormir et j’ai eu l’idée du ralenti final pour “Les Fossoyeurs”. Du coup je suis remonté en pantoufles à 4h du mat pour enregistrer la maquette du ralenti final, car on avait pas de fin cohérente jusque là. Et c’est venu comme ça.

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Rock Metal Mag : Et en ce qui concerne les paroles tu écris régulièrement ?

Julien : J’ai des phases. Mais parfois un rien me donne des idées. Je me balade à Disney, il y a des décors, je regarde un film, je vois un titre de bouquin, et ça résonne. Et puis je le note quand j’ai vraiment la foi d’en faire quelque chose.

Et là j’y vais, sinon ça reste dans un dossier en attendant de le ré-ouvrir pour voir ce qu’il y a dedans. Mais il y en a des trucs. 40 versions de la même chanson. Sur une chanson sur un concept il y a dix milles paroles différentes. On attend de voir vraiment avec la musique ce que cela donne.

Arnaud : Des fois paroles et musique matchent directement ou très, très vite. D’autres fois il faut écrire 50 fois les paroles pour que elles matchent avec la musique.

Parce que de base il y a les paroles qui définissent la chanson et l’atmosphère et après il y a la musique qui s’approprie ça. Du coup les paroles elles doivent s’adapter pour survivre. Ou cela se passe très bois ou bien il faut tout changer.

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Rock Metal Mag : En 2017 vous avez fêté les 10 ans de Magoyond et vous avez récemment sorti une vidéo avec les images de 4 de vos concerts, sur le titre L’Armée Damnée . C’est un morceau qui a une importance particulière ou bien c’est celui qui se prêtait le mieux à ce clip ?

Arnaud : Quand on veut faire un clip live avec un mélange de plusieurs salles de la même tournée, avec plein de publics différents et des lieux de plus en plus grands, c’est très logique de le faire sur l’Armée Damnée.

Il présente la corruption progressive de toute l’humanité par les Zombies et c’est un peu ce qui est en train de se passer depuis que Kryptshow est sorti. On convertit de plus en plus de Zombies. (rires) Du coup l’Armée Damnée c’était l’un des meilleurs moyens de rendre un clip intéressant.

Parce d’habitude sur une vidéo live, visuellement il ne se passe rien. Alors que là si, puisqu’il y a de plus en plus de zombies. C’est plus le public l’objet de la vidéo.

Victor : C’est celui qui se prêtait le mieux pour montrer des gens.

Julien : Notre public, c’est notre armée Damnée. C’est un peu une chanson en hommage au public. On dit que les gens font partie de la SPZ, mais au final, ce sont eux les mercenaires. Ce sont eux qui sont devant, qui se tapent, qui chantent. Donc il fallait bien leur rendre ça car sans le public nous ne sommes pas grand chose.

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Rock Metal Mag: En ce qui concerne la « Société Protectrice des Zombies » SPZ qui était fictive au départ, elle est devenue une association bien réelle depuis 2014, comment fonctionne t’elle et auprès de qui ?

Julien : Oui, elle était vraiment fictive au début. C’était un délire dans une chanson, mais lorsque l’on a du devenir semi-pro avec le groupe. Pour les cachets, le merchandising et tout ça il a fallu créer une asso. Donc on a fait la SPZ parce que l’on trouvait ça drôle et en fait personne ne peut y adhérer.

Tout notre public, sont les Zombies et ils se sentent animés par la SPZ. Ils peuvent acheter des badges..etc.. mais ça reste très fermé. On n’a pas encore ouvert ça et cela reste un truc fictif qui nous fait marrer.

Victor : C’est pour gérer le groupe.

Julien : Oui voilà, ça gère le groupe, toutes les dépenses et le chéquier il est au nom de la SPZ. C’est d’abord pour l’aspect légal de Magoyond. Et cela gère aussi d’autres “Side project” du groupe. Par exemple, J’ai fait une bande dessiné à coté et on l’a inclus, pour avoir une structure juridique.

Pour le public La SPZ est cette grande société qui va gérer un peu tous les Zombies, qui va les défendre, ou les tuer. On ne sait pas trop, c’est une espèce d’Acmé dans les cartoons, mais pour nous c’est un truc un peu plus légal.

Arnaud : On joue sur cette ambiguïté là.

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Rock Metal Mag : Le 19 octobre vous serez en concert à L’Espace Icare, mais vous apparaissez aussi sur des conventions des salons, des expos liés au monde du fantastique , comme au Salon Fantastique (Espace Champerret) en octobre / novembre. Vous jouez lors des ces manifestations ?

Julien : Non, ce n’est pas comme à l’Espace Icare où il s’agit uniquement d’un concert, avec merch et dédicaces.

Mais vu que l’on vient d’internet, on a été depuis 2010, énormément convié pour signer des dédicaces et vendre des T-shirt. Donc on a des stands de présentation de notre univers, avec parfois des télés et des casques pour écouter notre musique.

C’est vraiment l’aspect commercial qui prime et on prend soin de la présentation. Quelque fois il s’agit juste de conventions, où nous sommes présents en tant que groupe mais on ne joue pas. Et puis à d’autres occasions on fait les deux, donc on y joue aussi. C’est un petit peu crevant d’ailleurs; Mais voilà, c’est un truc que nous a apporté Internet. C’est être juste là pour être là.

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Rock Metal Mag : Comment vous vous projetez dans un proche avenir?

Julien : On espère que Magoyond va grandir et qu’il y aura un petit décrochage sur les festivals et les écoutes françaises. Parce que le chant français ce n’est pas facile à valoriser.

Arnaud : Les français, n’aiment pas le chant français et ça les saoule. On a eu ce retour déjà. On commence à arriver dans les sphères un peu Metal, et les métalleux n’aiment pas trop quand ça chante en français.

Alors que tout le public Geek, qui n’est pas forcément métalleux ou même mélomane, est très content d’entendre du chant français.

Julien : Donc on espère une vraie ouverture à ce niveau là.

Arnaud : Et que l’on vende un peu même à l’international. Pourquoi pas. Il y a bien Rammstein qui a marché, en chantant en allemand, alors qu’il avait essayé en anglais mais sans succès.

Julien : Il y a une certaine ouverture d’esprit des gens qui apprécient. Il y en a qui entendent 3 phrases et qui disent, c’est du français, je n’aime pas; On a mis les versions instrumentales , peut être que ça leur plaira.

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Rock Metal Mag : C’est pour ça que vous avez ajouté à ce double CD la version instrumentale des 10 morceaux du CD 1 ?

Arnaud : C’est avant tout pour le plaisir, car c’est beau à écouter sans les voix. Mais je pense que même des gens qui sont un petit peu fermés au français, lorsqu’ils écoutent ça en live, ils ne vont plus se demander dans quelle langue c’est. Ils vont juste Kiffer.

Donc il faut que l’on réussisse à être de plus en plus présent sur des grandes scènes nationales Une fois que le public français aura compris que Magoyond est un groupe intéressant qui chante en français, cela va être l’effet boule de neige.

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Rock Metal Mag : Je pense qu’il y a une évolution de ce coté là et qu’il y a plus de groupes qui chantent en français, comme Malemort par exemple, ou Mass Hysteria, Sidilarsen, No One qui sont plus anciens.

Julien : Alors Malemort on en a entendu parlé dernièrement puisque justement on nous a comparé à eux. Sinon il y a aussi Ultra Vomit mais bon c’est une démarche particulière. Sinon c’est vrai que l’ on voit que le Hellfest fait une belle place aux groupes français. Mass Hysteria, prend de plus en plus d’ampleur. Donc peut être que du coup il y a une place pour nous.

Arnaud : On est pas beaucoup sur ce créneau là, à faire du Metal, à la fois un peu moderne, un peu orchestral, un peu grandiloquent et majestueux. Sérieux, mais pas trop et en français. C’est sur qu’il y en a plein en langue anglaise, comme Devin Townsend qui se rapproche relativement de ce que l’on fait.

Julien : Avatar aussi fait des trucs bien au second degré, mais en anglais. Donc on a un créneau à prendre.

Arnaud : Mais en français. Parce que nous ne sommes pas beaucoup et que l’on ne veut pas chanter en anglais juste pour lisser l’univers. On est français, c’est notre langue maternelle et pour raconter des histoires c’est très logique.

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Rock Metal Mag : Vous allez peut être faire un carton à l’étranger ?

Julien : Au Japon, ils adorent ça.

Arnaud : Il n’y a pas toujours besoin de comprendre les paroles pour apprécier les chansons. Les français ne comprennent rien aux paroles en anglais. (rires)

Julien : On va suivre notre chemin sur un nouvel album. Mais on attendra pas 7 ans pour le faire.

Arnaud : Et on espère garder suffisamment de créativité pour continuer à aller dans la même direction, sans ressasser pour autant ce que l’on a déjà fait. C’est réussir à avancer tout en gardant notre patte et sans vouloir juste sortir un album.

On a la chance, ou pas, de ne pas être engagé par une grosse maison de disques qui nous paie à sortir des albums tous les deux ans, au mépris de toute créativité. Du coup on sortira notre prochain album lorsque l’on aura fait quelque chose de bien, qui nous plait et qui nous représente.

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Rock Metal Mag remercie Julien, Arnaud et Victor du groupe Magoyond, Roger Wessier de Replica Promotion et le Hard Rock Café