Live report du FURIOSFEST 2026 : 21-22-23 août
FuriosFest 2026 : une sixième édition étendue à trois jours
Par Martine Varago
Remerciement à Christophe Bourry et Elodie Briffard pour l’accréditation
FURIOSFEST — JOUR 1 : LA TERRE DU CANTAL TREMBLE SOUS LES RIFFS METALLEUX
La terre du Cantal est plus connue pour ses vaches et ses délicieux fromages que pour ses sons métalleux. Mais pourtant, le Furiosfest, nouvelle édition rallongée à trois jours, vient de faire trembler les terres cantaliennes.
Installé au pied de la falaise de la ville haute de Saint-Flour, sur la base du stade de l’Ader, ce festival à taille humaine accueille cette année plus de 2 000 passionnés venus des quatre coins de la France pour trois jours de son et de sueur.
Cette première journée du Furiosfest accueille six groupes aux styles de metal variés. Dès 16 heures, le coup d’envoi est donné.
C’est à Monolyth, quintet de la région parisienne, d’avoir l’honneur d’offrir un bon metal melodeath, influencé par Soilwork et In Flames, pour n’en citer que quelques-uns. Même si le public est encore clairsemé sur la pelouse du stade, le show, assuré notamment par l’un des deux guitaristes, Julien Dijoux, mérite une belle écoute. Entre groove catchy et riffs acérés et heavy, le tout porté par la voix habitée d’Amaury, le headbanging commence.
Puis, le quartet Darken prend d’assaut la même scène, réglée à la bonne hauteur pour les spectateurs et les photographes. Initialement actif entre 1987 et 1989 et auteur de deux démos à l’époque, Darken revient d’entre les morts en 2021 et concrétise ce retour avec son premier véritable album, Welcome to the Light. Ils jouent un heavy rock qui délecte nos oreilles. Pour les musiciens, retrouver le côté live est un vrai plaisir.




Il est déjà 18 heures lorsque Lucie Sue et sa bande montent sur les planches. Toujours avec son côté provoquant, Lucie Sue lance le premier gentil wall of death du festival. Lucie chante toujours son morceau favori, « Hush », avec humour, une chanson sur les enfants qui n’en finissent pas d’en découdre avec leurs parents. L’ambiance du Furiosfest monte d’un cran avec leur énergie et leur humour décalé.










À peine cinquante minutes de set se sont-elles écoulées que l’on quitte déjà Lucie. Même si la programmation laisse le temps d’aller boire une bière entre deux, la régie assure le prochain passage.
Venu tout droit de Milan, le quartet Sick ‘N Beautiful doit convaincre. Et c’est vite fait. Véritable prestation théâtralisée, Sick ‘N Beautiful apparaît masqué. Herma la chanteuse, belle diva della commedia dell’arte, dévoile corps, grâce et voix pour le plaisir des festivaliers et des photographes. Ils apportent avec eux leur univers, leur style et cette incroyable énergie qui transforme la scène en véritable fête. Un show théâtralisé qui marque les esprits.














L’heure bleue pointe en fin de leur set, d’une durée d’une heure, avant de continuer avec High Parasite. Le projet explore une approche théâtrale du metal sombre, combinant atmosphères gothiques, riffs doom, éléments rock et chant puissant. Tout de blanc vêtu, le chanteur Aaron Stainthorpe anime le devant de la scène. Il est aussi connu pour avoir été le chanteur et membre fondateur de My Dying Bride, groupe majeur du doom metal britannique. La musique aux influences multiples nous laisse quelque peu perplexes.
Une petite heure de pause pour aller se régaler de hamburgers, d’aligot local, de crêpes, de chichis et de glaces avant de reprendre.
Place à la première tête d’affiche du Furiosfest. Et ce n’est pas des moindres puisqu’il s’agit de Tagada Jones, groupe punk rock français du Gros 4. Pour cette soirée, le quartet nous concocte un beau spectacle. Un jongleur et une jongleuse de feu débutent, puis Tagada Jones les rejoint. Une combinaison de feu qui irradie toute la fosse. Entre pogos et prestation scénique hyper vitaminée, on est au nirvana.
Avec un son parfait, des jeux de lumières délicatement choisis et le déroulement organisé des six groupes, la première soirée du Furiosfest s’achève vers une heure du matin.
FURIOSFEST — JOUR 2 : LORDI, TÊTE D’AFFICHE, LES GAGNANTS DE L’EUROVISION 2006
Dès 14 heures, le ton est donné. Le groupe Faith in Agony, originaire de Grenoble, a l’honneur d’amorcer le samedi de cette édition 2026 du Furiosfest. Fondé il y a onze ans, ce quatuor délivre un rock alternatif au chant intense de Madie.






Place ensuite à Hrothgar, le quartet de death metal mélodique, qui fait monter la tension. Sur scène, les quatre musiciens déploient une énergie incroyable, abordant les thèmes des Vikings et de la mythologie nordique. On ressent les influences d’Arch Enemy, Amon Amarth et In Flames.





Sous un soleil déjà brûlant, Voorhees débarque avec toute la puissance de son death metal old school. Inspirée par Jason Voorhees, le principal personnage des films d’horreur comme Vendredi 13, cette formation originaire de Metz impose son univers. Sa présence scénique et la voix ample du chanteur emportent la foule. Des centaines de cornes du diable pointent sur le champ.
Fidèle à sa programmation, le Furiosfest invite toujours des groupes de stoner. Le ton devient donc plus rock avec 7 Weeks, trio originaire de Limoges. Dans un mélange de stoner, grunge et rock alternatif, il balance riffs et mélodies sans concession. De plus, pour nous surprendre, il nous offre son premier single en live, « Shake Me », qui sort sur le prochain album, Going Back Home, le 18 septembre 2026.






Peu de temps après 18 heures, c’est au tour de Zuul FX de retourner la scène avec leur metal indus incendiaire. Avec des influences comme Machine Head, Fear Factory ou Slipknot, revendiquées haut et fort, il ne faut pas s’étonner que Zuul FX enflamme la fosse. C’est un concentré d’intensité émotionnelle, brute et viscérale, avec des slammers à foison.
Sur le devant de la scène, c’est au tour de Sun, Karoline Rose et de sa brutale pop d’arpenter les planches. Formation aux textes coup de poing, influencée par la pop et le metal, Sun Brutal Pop laisse une forte empreinte à chacun de ses passages. Sa chanteuse et guitariste est le centre d’intérêt principal, entre ses riffs, ses cris et sa longue chevelure tournoyante. Un vrai raz-de-marée sonore.








À la tombée de la nuit, Green Leaf, groupe de stoner rock suédois, monte sur scène. Pour l’avoir vus en trio sans leur chanteur Arvid Hällagård au Backstage By the Mill à Paris récemment, qu’allait il donner en version complète ?
Porté par l’élégance électrique, le quatuor propose un voyage psychédélique dopé au fuzz. En bonus, le guitariste Tommi Holappa offre un solo inédit à la six-cordes au moyen d’une bouteille de bière qu’il ingurgite entre deux riffs. Une performance solide, magnétique, à l’image de leur réputation sur la scène européenne. Green Leaf fait vibrer le Cantal ce soir-là.







Enfin, le clou du spectacle arrive à partir de 22 h 30. La nuit d’un noir profond ouvre ses portes au power metal suédois de Lordi. Ces Finlandais de Rovaniemi, connus pour avoir gagné l’Eurovision 2006 avec leur chanson « Hard Rock Hallelujah », arrivent sur la Furiosfest Stage, anonymes derrière leurs masques. Lourdement vêtus d’armures inspirées du monde du metal et de l’univers nordique, ils impressionnent. Dans une fraîcheur nocturne bienvenue, Lordi clôture ce samedi soir avec maestria.













FURIOSFEST — JOUR 3 : LE METAL SOUS TOUTES SES FORMES POUR FINIR EN BEAUTÉ
Après deux journées riches en riffs, en découvertes et en décibels, le Furiosfest entame déjà sa dernière journée. Mais pas question de lever le pied. Pour ce troisième et dernier jour, la programmation reste fidèle à l’ADN du festival : du metal sous toutes ses formes, des découvertes et des groupes capables de retourner la scène.
C’est Tellure, duo clermontois, qui ouvre cette dernière journée. Une formation à deux qui prouve une nouvelle fois qu’il n’est pas nécessaire d’être nombreux pour envoyer du lourd. L’espace se remplit rapidement des premiers festivaliers venus profiter jusqu’au bout de cette édition 2026.
Place ensuite à Jiro, formation française de metalcore. Les riffs se font plus agressifs et les breakdowns viennent secouer la fosse. Le groupe impose progressivement son énergie, dans un style taillé pour le live. Les premiers circle pits apparaissent et le public répond présent.





Le festival continue avec White Sofa, qui vient mélanger les genres avec une fusion metal et rap. Une proposition qui permet de casser les codes et d’apporter une nouvelle couleur à cette septième édition. Les rythmes hip-hop se mêlent aux guitares saturées et donnent au public un cocktail aussi surprenant qu’énergique.








Puis vient le tour de Supernaughty. Le groupe poursuit cette programmation éclectique avec une prestation qui maintient la pression sur la fosse. Les festivaliers commencent à sentir la fatigue des trois jours, mais les riffs et les décibels ont encore largement de quoi les faire bouger.





La tension monte encore d’un cran avec Cage Fight. Le combo britannique livre un metal hardcore brutal et sans concession, accompagné de la sublime chanteuse française Rachel Aspe. Les musiciens ne laissent que peu de répit au public, tandis que les mouvements de foule se multiplient devant la scène. Un invité surprise, Hyro Da Hero, de son vrai nom Hyro Lewis Frazier, le chanteur américain de Hyro The Hero accompagne au chant la fascinante Rachel. Un duo explosif ! Le Furiosfest retrouve ici toute sa dimension physique : ça saute, ça pogote et ça hurle.














Vient ensuite Hyro The Hero, véritable concentré d’énergie qui mélange metal, rap et hip-hop. Avec son charisme et son flow, il prend rapidement possession de la scène. Hyro, plein d’énergie, saute, danse, virevolte tout en chantant. Le public se laisse embarquer et la fosse se transforme une nouvelle fois en véritable terrain de jeu.






Puis, place aux Britanniques de Florence Black. Leur hard rock puissant vient apporter une nouvelle dose de mélodies et de gros riffs. Le groupe confirme que le Furiosfest sait aussi faire parler la poudre avec un rock direct et efficace.
La fosse est désormais bien remplie et l’ambiance ne faiblit pas. Et parce qu’un festival de metal ne serait pas complet sans un hommage aux légendes, une reprise de « Ace of Spades » de Motörhead vient mettre tout le monde d’accord. Dès les premières notes, les souvenirs remontent et les poings se lèvent. Un moment fédérateur qui résonne particulièrement fort dans la nuit sanfloraine.
Il est désormais temps d’accueillir la dernière tête d’affiche de cette édition 2026 du Furiosfest. Né en 1988 et originaire du Royaume-Uni, Paradise Lost vient clôturer trois jours de metal dans le Cantal.
Figure majeure du metal britannique, le groupe impose son univers sombre et puissant. Après les découvertes, les pogos, les changements de styles et les nombreuses surprises de cette édition, le public retrouve une formation emblématique pour terminer le Furiosfest en beauté.
Trois jours, des dizaines de groupes, des milliers de décibels et un public toujours au rendez-vous. Une programmation riche, variée et audacieuse, une ambiance survoltée mais bienveillante, un cadre unique entre ville médiévale et décors naturels : le Furiosfest continue de grandir, sans rien perdre de son âme. Ce qui fait la fierté de son organisateur, Christophe Bourry.






























