Ego Kill Talent : Interview avec Jonathan et Theo

Ego Kill Talent : Interview avec Jonathan et Theo

Entretien réalisé en février 2021 via Zoom par Gaelle

[English version below the french one]

Entretien avec Jonathan Correa (chant) et Theo Van Der Loo (basse) du groupe Ego Kill Talent.
L’album “The Dance Between Extremes” est sorti le 19 mars 2021.

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Formé en 2014 à São Paulo,  le quintet brésilien Ego Kill Talent mélange habilement les genres, alliant ainsi une musique heavy avec un brin de pop. Mené par Jonathan Dörr Correa au chant, le groupe tire son épingle du jeu en interchangeant les instruments entre eux. De ce fait, nous retrouvons Theo Van der Loo à la guitare et à la basse, le batteur Jean Dolabella, qui a officié pendant 5 ans chez Sepultura et qui joue aussi de la guitare, Niper Boaventura à la guitare et à la basse et Raphael Miranda à la basse, mais aussi derrière les fûts.

Le quintet a déjà fait parlé de lui avec un premier EP sorti en 2015, suivi par un premier album studio au titre éponyme paru en 2017.

“THE DANCE BETWEEN EXTREMES” est donc la seconde pépite de la formation brésilienne. Il vient clore une trilogie complétée par deux autres EPs sortis précédemment . “The Dance Between” dévoilé en décembre 2020, précédé de la première partie “The Dance” sortie en juillet 2020.

Comme pour beaucoup d’artistes, la pandémie a chamboulé les plans du groupe, et notamment la sortie de l’album final. Nous en avant donc discuté avec Theo et Jonathan, à l’occasion d’une interview longue distance !

Ego Kill Talent: leur album The Dance Between Extremes

 

Rock Metal Mag: Parlons de votre musique. Quand avez vous commencé à travailler sur la trilogie qui mène à la sortie de l’album The Dance Between Extremes ?

Theo Van Der Loo : Si nous prenons en compte les premiers morceaux que nous avons écrits il y a de nombreuses années… cela fait longtemps! En fait, certaines chansons de cet album ont été écrites quand nous bossions sur notre premier disque, comme la chanson «Life». Nous avons commencé à composer ce titre, avant même de sortir nos toutes premières chansons. Nous les avons construites au fil des ans. Je pense que c’est une excellente façon d’écrire des chansons. Vous les écrivez quand cela vous vient à l’esprit, pas quand vous êtes pressé de le faire parce que vous avez besoin d’un album. Nous avons également composé quelques morceaux lorsque nous étions à Los Angeles en studios.

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Rock Metal Mag: Oui justement, l’enregistrement s’est déroulé aux 606 Studios (propriété des Foo Fighters). Pourquoi avoir choisi ce lieu à Los Angeles plutôt qu’un studio au Brésil ou ailleurs ?

Theo Van Der Loo: Je pense que c’était la combinaison de plusieurs choses. Premièrement, nous souhaitions depuis longtemps enregistrer l’album aux États-Unis pour diverses raisons. L’une d’elles, qui est probablement la plus importante, est que nous pensions qu’il serait bon pour le groupe d’être en dehors du Brésil afin de nous concentrer pleinement sur l’album. Etre également dans l’ambiance californienne, différente de nos atmosphères habituelles serait surement une bonne chose.

En même temps, on parlait déjà avec des labels et des agences afin de signer des contrats pour l’album. Donc, il serait plus facile d’être à L.A pour les réunions et pour amener des personnes en studio par rapport aux décisions que nous prendrions. Le studio 606 est un lieu époustouflant. C’est tout simplement incroyable ! Il y a les collègues des Foo Fighter et ils ont des consoles très intéressantes. Lorsque vous avez l’opportunité d’enregistrer là-bas, vous la saisissez ! Cette proposition venait en fait des Foo Fighters. Ils ont dit: «Pourquoi n’enregistrez-vous pas au 606? ». Nous étions heureux qu’ils nous le proposent et nous avons bien sur accepté de le faire.

Jonathan Correa: Oui, tout a commencé lorsque nous avons tourné avec eux au Brésil. Nous y avons donné cinq concerts dans différents stades avec les Foo Fighters et Queens Of The Stone Age. Cela a commencé comme ça, puis cette opportunité de studio est apparue ! C’était une expérience géniale.

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RMM: On peut supposer que le titre “The Dance Between Extremes” est lié aux aléas de la vie. Comment vivre entre les extrêmes et créer son bonheur pendant une pandémie ?

Theo Van Der Loo: En fait, le titre de l’album nous est venu à l’esprit avant la pandémie!

Jonathan Correa: C’est bizarre d’ailleurs!

Theo Van Der Loo: Oui, c’est vrai. Mais en fait, cette danse entre les extrêmes, nous la vivions tous bien avant la pandémie. Ce virus n’est que l’un des extrêmes. Comme vous l’avez dit, le titre fait référence à la vie en général. Nous dansons tous entre le bonheur et la tristesse, l’amour et la peur. Je suppose que nous nous battons avec cela depuis le début de l’humanité.

Maintenant, la pandémie est un autre mouvement dans cette danse et nous essayons tous de faire de notre mieux. C’est vraiment difficile pour nous, car nous aimerions être en tournée. Nous gérons cela en sortant des chansons, mais aussi avec l’album qui arrive. Pour le moment, nous essayons d’atteindre les gens avec nos chansons, aussi loin que nous le pouvons.

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RMM: Qui écrit les paroles ? Et est-ce que ça vient d’abord en anglais ou en portugais ?

Theo: C’est une question intéressante! Je ne pense pas que quiconque nous l’ait demandé auparavant.

Jonathan: Oui. Nous écrivons ensemble et nous faisons tout ensemble. C’est quelque chose de vraiment cool. Nous avons beaucoup de conversations sur des tas de sujets comme la philosophie, la physique quantique, ou encore la spiritualité. Tout ce dont nous parlons, nous essayons de le mettre en paroles. Parfois, quelqu’un apporte une idée et nous travaillons dessus. C’est vraiment une tâche collective.

Theo: Et par rapport à l’écrire en portugais ou en anglais, je pense que les paroles en elles-mêmes viennent en anglais. Lorsque nous discutons du sens du morceau, c’est en portugais. Nos discussions en portugais nous guident vers le thème d’une chanson. Mais ensuite, lorsque nous commençons à poser ça sur le papier, c’est directement en anglais. Pour moi, c’est comme un puzzle. Habituellement, nous avons déjà une mélodie et quand Jonathan arrive avec sa mélodie chantée, il travaille sur la phonétique. C’est ainsi que nous trouvons les bons mots, avec la sonorité et juste en fredonnant la mélodie.

Nous aimons chercher des mots qui correspondent à cette mélodie fredonnée. En même temps, cela apporte également le direction que nous voulons prendre pour la chanson. C’est un exercice très difficile ! Et plus particulièrement parce que nous nous soucions vraiment de ce que nous disons. Nous nous soucions des paroles, mais pas parce que nous nous prenons trop au sérieux. C’est simplement parce que nous aimons quand cela signifie quelque chose et que nous pouvons nous identifier aux mots. Alors oui, c’est un processus intéressant et stimulant.

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RMM: Quel a été le plus gros challenge, et le point culminant de cet album ?

Jonathan: Je pense que le moment le plus difficile s’est passé après l’enregistrement. Il fallait replanifier notre emploi du temps et replanifier la sortie de l’album. Nous avons dû repenser nos plans et découper l’album en trois, à cause de la pandémie. Je crois que c’était vraiment le plus gros challenge. L’enregistrement était vraiment cool parce que nous adorons être en studio.

Nous aimons expérimenter en studio ainsi que toutes les bonnes vibrations qui en découlent. Essayer de trouver de nouveaux sons et de nouvelles couleurs pour les chansons, c’est vraiment excitant. Donc, le défi majeur s’est axé autour de la façon dont nous pouvions sortir notre musique et comment gérer la situation.

Theo: Pour le point culminant, c’est difficile de répondre car il n’y en a pas eu qu’un seul. Je vais dire qu’écouter l’ensemble de l’album a été le meilleur moment. Lorsque nous écrivons les chansons, lorsque nous les choisissons pour l’album et aussi lorsque nous mettons les morceaux dans le bon ordre, nous prêtons vraiment attention à chaque détail. Lorsque nous prenons des décisions pour l’album, nous voulons le faire de la meilleure manière qu’il soit. Si vous pouvez simplement vous arrêter un instant et écouter l’album dans son intégralité, avec la vision que vous en aviez à la base, c’est incroyable.

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RMM: Aviez-vous beaucoup de chansons au début de l’enregistrement ?

Theo: Oui! C’est intéressant parce que, comme je l’ai dit, certains morceaux de cet album étaient déjà écrits lorsque nous faisions le premier album. Et maintenant, j’ai l’impression que les idées que nous n’avons pas utilisées sur le tout premier opus, sont arrivées sur celui-ci. Il y a des idées que nous avions et qui n’ont pas fini en chanson.

Certains groupes écrivent 15 chansons pour en choisir 10 à la fin, mais nous ne fonctionnons pas comme ça. Ce que nous faisons, c’est que lorsqu’une idée arrive, nous allons jusqu’au bout. Nous faisons de notre mieux pour développer notre source d’inspiration afin de créer la meilleure chanson possible. Nous travaillons très dur sur chaque idée.

Quand nous avons seulement le début d’une chanson, ou juste un riff, nous pensons parfois qu’il vaut mieux le garder pour un autre album. Peut-être pourrons-nous l’utiliser dans deux ans et retravailler l’idée avec un état d’esprit différent. Mais quand on va au bout avec une idée et une chanson, généralement ça finit sur l’album.

Jonathan: C’est comme un vieil amour. C’est toujours de l’amour, même si cela change avec le temps. On adore un riff de guitare et une fois qu’on l’aime, on va probablement l’utiliser.

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RMM: John Dolmayan (System of a Down), Roy Mayorga (Stone Sour) et le skateboarder Bob Burnquist apparaissent sur l’album. Comment sont nées ces collaborations ?

Theo: Il y a différentes histoires derrière ces collaborations. L’une d’elle concerne Roy de Stone Sour. Il y a cette chanson intitulée «Silence». Quand nous étions en studio avec Steve, notre producteur, il a mentionné que ce serait sympa d’avoir une machine électronique qui reproduit le son d’une batterie au début du morceau. Nous avons adoré l’idée! Je me souviens qu’ils avaient une boîte à rythmes aux studios 606, mais ce n’était pas le son que Steve recherchait. Il souhaitait retrouver la sonorité des années 80. Alors, il a appelé un ami qui avait une collection de boîtes à rythmes. Son ami est venu le lendemain matin et c’était Roy Mayorga ! Nous ne savions pas qu’il viendrait.

Et sur cette même chanson, nous avons aussi Bob Burnquist. C’est un bon ami à nous, et ce, depuis de nombreuses années. Un week-end, nous avons fait une pause pendant l’enregistrement. Nous sommes allés chez lui, à environ deux heures de L.A. Le groupe a vraiment passé un bon moment là-bas. Nous avons découvert qu’il possédait un tas de percussions et c’est ainsi que nous nous sommes souvenus qu’il jouait des percussions. Il a en quelque sorte fait comprendre qu’il voulait être sur l’album. Pour nous, il faisait déjà partie de la famille et il faisait partie de notre histoire alors, nous avons adoré l’idée. Après cela, il s’est rendu au studio et il a enregistré les percussions sur le morceau «Silence».

Ensuite, nous avons cette autre chanson avec John de SOAD, qui sera un single après la sortie de l’album. John est un ami de longue date. En fait, c’est la première personne en dehors de nos familles, qui a vraiment écouté notre groupe, au tout début. Il nous soutient depuis le début et nous avons une relation étroite avec lui. Nous avons donc écrit une chanson ensemble. Et ce n’est pas comme s’il jouait seulement de la batterie dessus. Non, nous avons composé tous le morceau ensemble.

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RMM: Ego Kill Talent est l’acronyme du dicton “Trop d’égo tuera ton talent”. Comment gérez-vous l’égo de chacun au sein du groupe et le succès lié à votre musique ?

Theo: Tout d’abord, je pense que ce qui est important avec le nom du groupe, c’est qu’il nous rappelle que nous avons tous un ego. Pas seulement les musiciens. Tout le monde. C’est comme une condition pour être sur cette terre. Même si certaines cultures apprennent à ne pas suivre leur ego, c’est toujours là. L’ego est une chose commune pour nous tous. Le nom du groupe vous rappelle que vous avez le choix. Vous avez le choix d’écouter votre ego et de le suivre, ou non. Ce n’est pas comme si vous pouviez enterrer votre ego pour le faire disparaitre. Nous nous en préoccupons tous.

Jonathan: Et nous échouons parfois!

Theo: Ouais, ça fait partie du truc. Il ne s’agit pas seulement du succès du groupe. Vous pouvez ne pas être dans un groupe et ne pas avoir de succès dans votre vie, alors votre ego peut aussi souffrir. Ce n’est pas seulement quand ça va bien, mais aussi quand ça va mal. Je pense qu’en fin de compte, c’est une question de souffrance. Certaines personnes réussissent très bien, mais cela ne veut pas dire qu’elles sont heureuses.

Et en tant que musicien, si vous vous demandez toujours «Est-ce que les gens vont aimer ma musique ? Est-ce que ça va être aussi bon que le dernier ? Comment va ma carrière ? Etc..». Ce n’est pas être paisible. C’est être toujours préoccupé et c’est mauvais. On pourrait en parler pendant deux heures et avoir encore quelque chose à dire!

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RMM: Etes-vous en mesure de répéter ensemble  ?

Jonathan: Nous faisons des tests anti-covid pour pouvoir être ensemble. L’année dernière en 2020, nous avons été testés et une fois que nous avons eu le feu vert, nous avons de nouveau pu répéter. Nous avons également organisé des concerts virtuels dans un studio à São Paulo. Et nous espérons le refaire cette année dès que possible!

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RMM: Quel a été le déclic qui vous a poussé à vous mettre à la basse, à la guitare ou encore au chant ?

Jonathan: Je me souviens que ma grand-mère m’a donné une cassette quand j’étais enfant. C’était une cassette de Queen. C’est le premier groupe de rock’n’roll que j’ai écouté. C’est comme ça que je suis tombé amoureux de cette musique, mais je ne savais pas encore que j’allais devenir musicien. Mon grand-père, quant à lui, était musicien.

Quand j’avais 15 ans, nous avions un festival à l’école et je me suis joint au spectacle. J’ai alors chanté une chanson rock brésilienne. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de faire ce que je fais maintenant. Je ne voulais pas travailler dans un emploi régulier. J’avais l’habitude de livrer de l’eau minérale comme petit boulot et je ne voulais pas le faire pour le reste de ma vie. Je voulais jouer de la musique rock !

Theo: Pour moi, je pense que mon premier contact avec le rock’n’roll a été avec mon père. Il écoutait beaucoup Genesis, Queen et Supertramp. J’ai grandi avec leurs chansons qui passaient souvent dans notre auto radio. Quand j’étais un peu plus âgé, j’ai découvert Guns’n’Roses et je suis devenu dingue de ce groupe! J’avais 11 ans et j’écoutais l’album Apetite For Destruction tous les matins dès 6 heures, juste avant d’aller à l’école. Ensuite, j’ai entendu parler de Metallica et James Hetfield est devenu une grande influence. Je voulais jouer de la guitare comme lui.

C’est une histoire amusante, car beaucoup de guitaristes se tournent ver les guitaristes solistes ! J’adorais Slash, mais James Hetfield m’a vraiment ensorcelé. C’est là que j’ai commencé à jouer de la guitare. J’avais l’habitude de toujours chopper une basse en répétition avec mes premiers groupes. Je ne pense même pas que Jonathan soit au courant, mais il y a eu un moment dans ma vie où quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai décidé d’en apprendre davantage sur la basse. J’ai acheté une basse acoustique pour pratiquer chez moi. J’étais curieux et c’est ainsi que j’ai commencé à me rapprocher de la basse. Mais la guitare est toujours présente quand je compose.

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RMM: La vidéo pour le single “Deliverance” est filmée comme un film avec l’intégration d’une publicité à la fin. Qui a eu cette idée ?

Theo: C’était Jonathan en fait !

Jonathan: Ouais ! En apprenant que la pandémie était vraiment réelle, nous avons réalisé que nous ne pourrions pas partir en tournée. Nous avons alors commencé à penser à la vidéo comme moyen de développer notre art pour nos fans. Nous avons imaginé certains personnages comme acteurs dans un vrai film. Cela relierait toutes les chansons entre elles.

Tout a commencé quand j’ai amené cet ami, celui qui joue Tommy dans la vidéo. J’ai écrit sur Tommy, qui est un motard dans l’histoire et il était censé être un champion du monde. Mais il a eu un accident et sa vie est devenue terrible. Et puis Grace arrive dans Deliverance. Elle a quitté sa maison et elle essaie de trouver un moyen d’amener plus de joie dans sa vie. Les éléments de l’histoire se découlent comme ça. Et c’est ainsi que j’ai écrit la trame.

Theo: Grace est le personnage du clip de Deliverance et elle est liée à Tommy. Nous avons d’autres vidéos qui vont arriver. Nous adorons l’idée d’avoir une chanson connectée à une histoire visuelle. Et la publicité à la fin de la vidéo est liée à quelque chose que nous allons bientôt dévoiler. Cet élément se connecte à quelque chose d’autre qui arrive prochainement!

Jonathan: C’est comme un spin-off. Alors l’histoire est à suivre..

Nos deux compères étant très bavards et le temps imparti étant écoulé, nous avons dû écourter l’interview. Sachez que le groupe travaille sur la mise en place d’une tournée européenne et qu’il est impatient de revenir dans nos contrés.

Merci à Theo et Jonathan ainsi qu’à Replica Promotion

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[English version below, in the words of the speakers from Ego Kill Talent]

Interview with Jonathan Dörr Correa (vocals) and Theo Van Der Loo (bass, guitar) from Ego Kill Talent. The Album “The Dance Between Extremes” was released on March 19, 2021.

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Formed in 2014 in São Paulo, the Brazilian quintet skilfully mixes genres, thus combining heavy music with a touch of pop. Led by Jonathan Dörr Correa on vocals, the band pulls out of the game by interchanging the instruments between them. As a result, we find Theo Van Der Loo on guitar and bass, drummer Jean Dolabella, who worked for 5 years with Sepultura and who also plays guitar, Niper Boaventura on guitar and bass and Raphael Miranda on bass, but also behind the drums.

The quintet has already been talked about with a first EP released in 2015, followed by their self titled debut album released in 2017.

“THE DANCE BETWEEN EXTREMES” is therefore the second nugget of the Brazilian group. It comes to close a trilogy completed by two other EPs released previously. “The Dance Between” unveiled in December 2020, preceded by the first part “The Dance” released in July 2020.

As for many artists, the pandemic upset the plans of the band and in particular the release of the final album. We forward therefore discussed with Theo and Jonathan, during a long distance interview!

ego kill talent

Rock MetalMag: Let’s talk about your music. When did you start working on the trilogy that leads to the album?

Theo Van Der Loo : If we consider the first songs we wrote many years ago… it’s been a while! Some songs on this album were written when we did the first album, like the song « Lifeporn ». We started to compose this track, even before releasing our very first songs. We built them over the years. I think that’s a great way to write songs. You write them when it comes to your mind, not when you are in a rush to do it because you need an album. We also wrote a few songs when we were in the studios in L.A.

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RMM: The recording took place at the Foo Fighter’s studio (606 studios). What made you choose this studio in L.A rather than another one in Brazil or anywhere else?

Theo Van Der Loo : I think it was a combination of things. First, we were already thinking about recording the album in the U.S for various reasons. One of them, which is probably the most important, is that we thought it would be good for the band to be outside of Brazil in order to fully focus on the album. Also being in the californian atmosphere, which is different from what we are use to. We thought that would be good. On top of that, we were already talking with labels and agencies to sign contrats for the album. So, it would be easier to be in L.A for the meetings and to bring people in the studio to talk about the decisions we would take.

The 606 studio is a mind-blowing place. It’s just amazing! It’s with the Foo Fighter’s coworkers and they have some neat consols. When you have the opportunity to record there, you take it! It actually came from the Foo Fighters. They said “Why don’t you guys record at 606?”. We were glad and we said that we wanted to do that.

Jonathan Correa : Yeah, it all started when we toured with them in Brazil. We did five stadium shows here with the Foo Fighters and Queens Of The Stone Age. It started like that, and then, the studio pportunity popped up! It was a great experience.

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RMM: We can guess the title « The Dance between extremes », is related to life, to what we are living maybe. How do you personally create your happiness during a pandemic and live between extremes?

Theo Van Der Loo : Actually, we came with the name of the album before the pandemic!

Jonathan Correa : That’s weird!

Theo Van Der Loo : Yes it is. But the dance between extremes was happening to all of us way before the pandemic. The Pandemic is just one of the extremes. Like you said, it was about life in general. We are all dancing between hapiness and sadness, love and fear. It’s something we have always been struggling with since the human race started, I guess.

Now the pandemic is another move of the danceand we are trying to do the best we can. It’s really hard for us because we really wish we could be on tour. We are handling this by releasing songs, but also the album. We are trying to push the songs as far as we can at the moment, in therm of reaching people.

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RMM: Who writes the lyrics? Does it come in english or portuguese first?

Theo : It’s an interesting question! I don’t think anybody asked us before.

Jonathan : Yeah. We write together and we do everything together. It’s Something really cool. We have a lot of conversations about bunch of stuff like, philosophy, quantum physic, spirituality. Everything we talk about, we try to put it into lyrics. Sometimes, someone brings an idea and we work on it. It’s really a collective thing.

Theo : And about writing in portuguese or in english, I think the lyrics in themselves come in English, but we might be discussing what it’s going to say in portuguese. You know, maybe we will talk in Portuguese and it will bring an idea about the subject of a song. But then, when we start writing it on the paper, it’s directly in English.

For me, it’s like a puzzle. Usually we already have a melody and when Jonathan comes with his singing melody he works on the phonetic. This is how we found the right words, with the sonority and just by humming the melody. We like to look for words that would fit that humming melody. At the same time, it also brings the meaning we want for the song. It’s very challenging actually! Especially because we really care about what we say. We care about lyrics but not because we take ourselves too seriously. It’s just because we love when it means something we can relate. So yeah, it’s an interesting and challenging process.

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RMM: What was the biggest challenge during the recording or creative process ? And what would be the main highlight across this album?

Jonathan : I think it was after the recording actually. It was to replanned our schedule, to replanned the way we were supposed to release the album. We had to re think our plans and to slice the album in three, because of the pandemic. I think it really was the most challenging thing. The recording process was really cool because we love to be in the studio. We love to experience in the studio and all the good vibes that come from it. Trying to found new sounds and new colors for the songs is really exciting. So, the challenge was the way we have to release our music and how to handle the situation.

Theo : For the highlight, it’s hard to answer because we had a lot. I’m going to say that listenning to the whole album was the best moment. When we write the songs, when we choose them for the album and also when we put the songs in the right order, we really pay attention to every details. When we make decisions for the album we want to do the best. If you can just stop and listen to the whole album in the way you see it, it’s amazing.

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RMM: Did you have a lot of songs at the very beginning?

Theo : Yes! It’s interesting because like I said, some songs on this album were already wrote when we were making the first album. And now, I feel like the ideas we didn’t use on the very first album came fot this one. There are some ideas we started tha didn’t end up becoming a song.

Some bands write 15 songs to pick 10 in the end, but it’s not how it works for us. What we do is, when an idea arrives, we go to the end of it. We want to do the best we can with that idea to make the best song possible. We work really hard on every idea. When we come up with just the beginning of a song, or just a riff, sometimes we think it’s better to keep it for another album. Maybe we can use it in two years and rework the idea with a different state of mind. But when we go to the end with an idea and a song, usually it ends up on the album.

Jonathan : It’s like old love. It’s always love, even if it changes with time. We love a guitar riff and once we love it, we will probably use it.

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RMM: And you even have some guests on the album like John Dolmayan (System of a Down), Roy Mayorga (Stone Sour) and skateboarder Bob Burnquist. How did these collaborations come about?

Theo : There are different stories behind these collaborations. One was actually with Roy from Stone Sour. There is this song called « Silence ». When we were in the studio with Steve, our producer, he mentionned that it would be really cool to have a drum machine at the beginning of the song. We loved the idea! I remembered they had a drum machine at the 606 Studios, but it wasn’t the sound Steve was looking for. He was looking for something more from the 80’s. So, he called a friend who had a drum machine collection. His friend popped up the next morning and it was Roy Mayorga! We didn’t know he would come up.

And on that same song, we also have Bob Burnquist. He is a good friend of us, since many years. A weekend, we took a break from recording. We went to his place which is two hours away from L.A. The band really had a good time over there. And we saw he had a bunch of percussions and that’s how we remembered he actually plays percussions. He kind of said he wanted to be on the album. For us, he was already a part of the family and a part of our story so we just loves the idea. After that, he drove to the studio and he recorded the percussions on the track «Silence ».

Then, we have this other song with John from SOAD, which will be a single after the album release. John is a friend for many years. He was actually the first person outside of our families who really listened to our band, back in the early days. He is a big supporter since the begining and we have a close relationship with him. So we wrote one song together. And it’s not like he just played the drums on it. No, we actually wrote the whole song.

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RMM: The name of the band is a shortenedversion of the saying «Too much ego will kill your talent». How do you deal with everyone’s ego and the sUccess of your music?

Theo : First of all, I think the most important thing with the band name, in my opinion, is that it’s a reminder that we all have an ego. Not just the musicians. It’s everyone. It’s like a condition to be here, even if some cultures learns not to follow their ego, it’s still there. Ego is a common thing for all of us. The band name is a reminder tha you have a choice. You have the choice to listen to your ego and to follow it, or not. It’s not like you are going to buried your ego and then it’s not there anymore. We all deal with it.

Jonathan : And we fail sometimes!

Theo : Yeah, it’s part of it. It’s not just about the success of the band. If you are not in a band and you don’t have any success, then your ego can also suffer. It’s not just when it goes well, but also when it goes bad. I think in the end it’s about suffering. Some people are very successful but that doesn’t mean they are happy. And as a musician, if you always ask yourself « Are people gonna like it? Is it going to be as good as the last one? How is my career going? Ect. » this is not peaceful. It’s being concerned all the time and it’s bad. We could talk about this for two hours and still have something to say!

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RMM: Are you able to jam together and to rehearse?

Jonathan : We test for covid to be together. Last year in 2020, we get tested and once we had all the green lights, we jammed again. We also redorded some virtual shows in a studio in Sao Paulo. We planned to do it again this year as soon as we can!

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RMM: How did you get into rock music and what lead you to pick up the bass or a guitar and becoming a singer? What was the stimulus?

Jonathan : I remember that my grand mother gave me a cassette when I was a child. It was a cassette from Queen. It was the first rock’n’roll band that I heard. That’s how I felt in love with this music but I didn’t know yet I was going to become a musician. My grand father, as for him, was a musician. When I was 15 years old, we had a festival at school and I joinned and I sang a brezilian rock song. It’s at this exact moment that I decided to do what I do right now. But I didn’t want to work on a regular job. I used to deliver mineral water as a work and I didn’t want to do that for the rest of my life. At this point, I wanted to play rock music!

Theo : For me, I think my first contact with rock’n’roll was with my dad. He used to listen to a lot of Genesis, Queen and Supertramp. I grew up with their songs in our car. When I got a little older, I learned about Guns’n’Roses and I went nuts with it! Apetite For Destruction was an album I was listening to every morning at 6am when I was 11, right before going to school.

Then I heard about Metallica and James Hetfield became a big influence. So I wanted to play guitar like him. That’s a funny story because a lot of guitar players are looking for solo guitarists! I mean, I was into Slash but James Hetfield really got me. That’s when I started playing guitar. I’ve always picked up a bass in reheasal with my first bands. I don’t even think that Jonathan knows that, but there was a moment in my life when I was 20 something I decided to learn more about bass. One day, I bought an acoustic bass to pratice at home. In fact I was intrigued and that’s how I started getting closer to the bass. But the guitar is always there when I think about writing.

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RMM: The music video for « Deliverance » is made like a little movie with a kind of advertising at the end. Who came up with these ideas ?

Theo : It was Jonathan actually!

Jonathan : Yeah. When we realised the pandemic was something real and that we wouldn’t be able to tour, we started to think about the video as a way to extend our art for our fans. We started to think about some characters like a whole movie. It would connect all the songs together. It started when I brought this friend, who plays Tommy in the video. I wrote about Tommy who’s a motorcycle biker in the story and he was supposed to be a world champion. But he had an accident and his life becomes a terrible thing. And then Grace comes up in Deliverance. She left her house and she tries to find a way to bring more joy to her life. Things are rolling. And that’s how I wrote the story.

Theo : Grace is the character in the Deliverance music video and she is linked to Tommy. We have more videos coming. We just love the idea of having a song connected to a visual story. And the advertisement at the end of the video is something we are going to release soon. It connects to something else that is coming.

Jonathan : It’s like a spin off. So the story is to be followed

A big thanks to Theo and Jonathan, but also to Replica Promotion

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