Entretien avec Jack Underkofler du groupe Dead Poet Society
Interview de Dead Poet Society réalisée le 11 octobre 2026
par Martine Varago
Rencontre zoomée avec le chanteur Jack Underkofler

Dead Poet Society Line up
Jack Underkofler — Chant/Guitares
Jack Collins — Guitare
Will Goodroad — Batterie
Dylan Brenner — Basse
https://www.facebook.com/deadpoetsocietyband/
https://rockmetalmag.fr/?s=Dead+Poet+Society
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Dead Poet Society dévoile son troisième album Monarch, un opus qui confirme la place du groupe comme l’une des forces montantes du rock alternatif contemporain.
Après le succès de -!- (« The Exclamation Album ») et FISSION, le quatuor poursuit son ascension avec un son puissant et singulier, mêlant mélodies fédératrices et énergie explosive. Les Californiens continuent de repousser les frontières du rock moderne avec un son immédiatement reconnaissable et la sublime voix de Jack Underkofler remplie de fortes émotions.
Il est 20h30 à Paris tandis que Jack de Dead Poet Society m’annonce qu’il est seulement 11h30 à Los Angeles ce dimanche matin. L’interview peut commencer.
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Rock Metal Mag : Je me souviens que la dernière fois que nous nous sommes vus, c’était à votre concert à la Maroquinerie. Tu distribuais des tranches de pain de mie aux fans dans le public.
L’année prochaine, Dead Poet Society revient jouer au bataclan le 26 janvier. Que penses-tu distribuer ?
Jack : Je ne sais pas encore. Ce sera une surprise. (rires)
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Rock Metal Mag : La pochette de Monarch crée un contraste intrigant : une pièce à l’ancienne, une jeune femme entourée de téléphones vintage, des couleurs atténuées et un sentiment d’isolement. L’atmosphère est étrange, presque onirique, et légèrement troublante. Cet univers visuel reflète-t-il le monde émotionnel de l’album ?
Jack : Oui, tout à fait. Nous voulions transmettre un sentiment de solitude et de dissociation. C’est le mot qui traduit le mieux l’atmosphère que nous voulions donner à notre univers visuel.
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Rock Metal Mag : Dans la biographie qui accompagne Monarch, vous développez l’idée que nous ne sommes pas tant des êtres qui pensent et ressentent que des êtres qui ressentent et pensent ensuite. À l’écoute de l’album, j’ai l’impression que vous explorez aussi cette distinction sur le plan musical. Y a-t-il eu un moment dans votre parcours créatif où vous avez réalisé que vous deviez davantage faire confiance à vos émotions qu’à votre intellect ?
Jack : Je pense que cette prise de conscience était nécessaire. Il fallait avoir suffisamment évolué pour comprendre ce que cela signifiait. Parfois, on réfléchit trop à quelque chose, on veut absolument obtenir un résultat ou faire en sorte que les choses se déroulent d’une certaine manière. Puis, avec le recul, on se demande : pourquoi ai-je voulu forcer les choses ? Pourquoi ai-je essayé de leur donner cette forme alors qu’elles n’étaient pas censées être ainsi ? Je pense que cette prise de conscience vient simplement de la répétition et de l’expérience.
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Rock Metal Mag : Tu parles d’expérience personnelle, mais s’agit-il de ton expérience à toi ou de celle des autres membres du groupe également ?
Jack : Je pense que cela nous concerne tous. Nous apprenons à travailler ensemble.
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Rock Metal Mag : Quand j’écoute « Hollywood on Fire », ce qui me frappe d’abord, c’est l’intensité émotionnelle de ta voix. Il y a quelque chose de particulièrement introspectif, comme si l’on se rapprochait de ce qui se passe en toi. Est-ce une dimension que tu souhaitais explorer consciemment sur cet album ?
Jack : Être capable de s’exprimer davantage est toujours une bonne chose. Ce n’est pas tant le fruit d’une démarche consciente, mais lorsqu’on produit ses propres morceaux, on a la possibilité de les réécouter et de se demander si l’on est sincère sur le plan sonore. Ce n’est pas comme si l’on cherchait à mentir avec sa voix, mais on peut sentir quand on dit quelque chose de sincère, quand on touche juste. Il faut parvenir à trouver le son, à donner à sa voix la forme qui permettra de transmettre les émotions véritables. Cela demande beaucoup de travail et nécessite de prendre le temps de se réécouter attentivement.
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Rock Metal Mag : Quand j’écoute « Roach », « Die If You Don’ t », j’ai le sentiment qu’une direction musicale particulière se dessine, avec une place plus importante accordée aux atmosphères et à l’intensité émotionnelle. Sur Monarch, cette évolution semble encore plus marquée. Est-ce que tu perçois toi aussi cette progression, et qu’est-ce qui, selon toi, l’a provoquée ?
Jack : Oui, je suis d’accord, il y a clairement une évolution dans notre son, même si je ne pense pas qu’il soit radicalement différent, contrairement à ce que certains peuvent penser. Cette dimension psychédélique a toujours été présente dans notre écriture, et elle est toujours là aujourd’hui. Elle contribue à cette intensité. C’est ce qui fait que nous sommes Dead Poet Society.
Cet aspect était présent depuis le début, mais nous avons simplement décidé, sur cet album, de laisser davantage ces éléments s’exprimer et de vraiment nous concentrer sur cette facette de notre musique. Quand on nous écoute, on peut se dire : « Voilà, c’est ce côté de Dead Poet Society, cette petite partie de notre univers. » Nous avons décidé de pousser cette dimension plus loin et d’en faire des chansons. Je veux créer des morceaux qui vont au-delà de ça.
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Rock Metal Mag : Tu décris le ressentiment comme l’un des thèmes centraux de Monarch, né d’expériences de perte et de trahison. Le ressentiment est une émotion complexe : il peut être destructeur, mais il peut aussi révéler quelque chose que nous n’avons pas réussi à affronter. Lorsque tu as commencé à écrire ces morceaux, cherchais-tu à comprendre ces sentiments, à t’en libérer, ou simplement à leur donner une voix, sans nécessairement essayer de les résoudre ?
Jack : Ce que tu écris à un moment donné reflète simplement qui tu es à cet instant. Quand tu écris, tu reflètes une période de ta vie et l’état d’esprit dans lequel tu te trouves. Au moment où nous avons écrit cet album, nous étions dans un état d’esprit particulier, marqué par le ressentiment. C’est une émotion importante à ressentir.
On ne peut pas traverser ses émotions sans les affronter, y compris le ressentiment. Ce n’est pas une émotion que les gens ont tendance à valoriser ; elle fait plutôt partie de celles que l’on considère comme négatives et avec lesquelles il faut apprendre à composer. Je pense que cet album s’inscrit justement dans cette démarche.
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Rock Metal Mag : Certains groupes partent d’une émotion pour créer, tandis que d’autres composent plutôt à partir de riffs et de la musique elle-même. Dirais-tu que le moteur créatif de Dead Poet Society réside davantage dans l’exploration de vos émotions ou dans le jeu des riffs ?
Jack : Les riffs viennent des émotions. Ou plutôt, est-ce que l’émotion peut prendre une forme artistique ? C’est ce qui se trouve au cœur de tout ce que nous créons. Tout vient des émotions et, si elles ne sont pas là, il faut recommencer.
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Rock Metal Mag : Peux-tu citer une émotion précise que tu associerais à certains morceaux de Monarch ?
Jack : La colère. Je pense qu’elle est présente dans tous les morceaux. Peut-être pas dans chacun d’entre eux, mais dans une grande partie de l’album : «Hollywood on Fire», «Miami for the Weekend» et «Cold», par exemple.
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Rock Metal Mag : Tu décris Monarch comme une tentative de revenir à l’essence même de Dead Poet Society, à ce qui fait votre identité, plutôt que de chercher à réinventer le groupe. Avec le recul, entre -!-, Fission et aujourd’hui Monarch, as-tu le sentiment que votre son a évolué parce que vous avez découvert de nouvelles possibilités musicales, ou plutôt parce que vous avez progressivement éliminé ce qui vous empêchait de vous exprimer avec plus de sincérité ?
Jack : Je pense que nous avons éliminé ce qui nous empêchait de nous exprimer avec plus de sincérité.
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Rock Metal Mag : Je perçois également une évolution dans le son de Dead Poet Society. Peux-tu nous parler des différentes techniques que vous avez utilisées sur cet album ?
Jack : Paul Meaney était le producteur de cet album, et je pense qu’il a vraiment contribué à apporter l’élément qui manquait à notre musique. Il a su donner une nouvelle dimension aux morceaux et façonner le son de Dead Poet Society. Il a une approche assez unique et possède cette capacité à apporter la touche finale aux morceaux, celle que nous n’aurions pas réussi à leur donner nous-mêmes.
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Rock Metal Mag : C’est une question difficile, à laquelle beaucoup de musiciens ont déjà dû répondre : quel est ton album préféré parmi ceux que vous avez réalisés, et pourquoi ?
Jack : Je dirais le troisième. Je suis très fier des chansons. Nous avons travaillé très dur dessus et nous voulions arriver au terme de cet album sans avoir l’impression de ne pas l’avoir terminé. Tout le monde dans le groupe voulait éviter cela autant que possible.
Il y a beaucoup de choses que j’aurais faites différemment, et beaucoup de passages sur lesquels j’aurais aimé que nous prenions davantage de temps. Mais nous voulions tous éviter de tomber dans ce piège. Il faut aussi savoir, en tant qu’artiste, reconnaître le moment où il est temps de passer à autre chose. Tout le monde dans le groupe voulait terminer cette aventure sur une bonne impression. Je pense que les chansons sont excellentes, et c’est pour cela que j’aime cet album.
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Rock Metal Mag : Combien de temps vous a-t-il fallu pour l’enregistrer ?
Jack : Nous avons mis deux mois et demi à l’enregistrer aux studios Henson, à Los Angeles, où des groupes comme Twenty Pilots et Pierce the Veil ont également enregistré de la musique.
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Rock Metal Mag : Était-ce plus difficile d’enregistrer ce troisième album ?
Jack : Je ne pense pas que ce soit plus difficile. C’est simplement que le processus était très différent, notamment parce que nous avons travaillé avec un producteur différent.
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Rock Metal Mag : Quels sont vos projets pour promouvoir Monarch ?
Jack : Nous allons partir en tournée avec Muse, puis nous allons faire une tournée en tête d’affiche aux États-Unis et en Europe. Nous avons prévu 36 dates à l’automne et une trentaine au printemps. Nous essayons de ne pas jouer plus de trois jours d’affilée.
Rock Metal Mag : Donc, beaucoup de tournées et beaucoup de temps sur la route !
On se retrouve au Bataclan ! Passez un excellent dimanche !
https://www.aegpresents.fr/event/dead-poet-society/
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Rock Metal Mag remercie Jack Underkofler, chanteur et guitariste du groupe Dead Poet Society et Olivier Garnier de Replica Promotion











