Ponte del Diavolo + Witchorious le 13 mars

Ponte del Diavolo + Witchorious le 13 mars

Livze Report de Ponte del Diavolo + Witchorious  à La Boule Noire le 13 mars 2026

Ponte del Diavolo + Witchorious  à La Boule Noire le 13 mars 2026

Par Martine Varago

Remerciements à Sanit Mils pour l’accréditation

Ponte del Diavolo + Witchorious 

Soirée doom metal ou l’art de détourner le sacré

À la Boule Noire, deux groupes de doom metal sont à l’affiche en ce vendredi 13 pluvieux et hivernal : Witchorious, groupe du 77 créé durant la période de la pandémie, et Ponte Del Diavolo, formation doom italienne.

C’est le trio français qui a l’honneur d’ouvrir la soirée. Dans une atmosphère illuminée par des bougies posées en quinconce au fond de la scène, Witchorious entame sa setlist dès 20 heures. Witchorious, c’est aussi une histoire de famille puisque tout se joue autour d’Antoine Auclair à la guitare et des frère et sœur Paul (batterie) et Lucie Gaget (basse).

Avec un album éponyme enregistré en décembre 2022 et sorti en 2024 chez Argonauta Records / NRV Promotion, ils nous présentent ce soir plusieurs morceaux en live : de « Watch Me Die » en premier à « Monster » puis « The Witch », titres mélodiques et envoûtants issus de leur album. Dès les premières notes, le décor est posé entre lueurs des bougies et spots rougeoyants. On distingue tout juste les silhouettes des musiciens. Mais ce qui fait leur force, c’est cette dualité de chant entre Antoine et Lucie, qui apporte une atmosphère vraiment particulière à leurs morceaux. On dirait qu’ils sont habités, voire envoûtés, par leur style musical.

Le trio mélange habilement le doom traditionnel à la Black Sabbath avec des touches plus modernes de sludge, voire de stoner. Le public les regarde, les yeux ébahis, laissant parfois dodeliner la tête. La pesanteur du doom remplit bien son rôle. Quand arrive le dernier morceau de la soirée, « Blood », les fans en redemanderaient bien encore.

Setlist Witchorious

Watch Me Die
Monster
The Witch
Lost In This Insanity
Beg For Evil
Cursed
Undrop
Blood

https://www.facebook.com/Witchorious

Si Caravaggio ressuscitait, il écouterait du doom metal

C’est la première tournée française pour Ponte Del Diavolo et elle marque un arrêt à La Boule Noire. Le quintette italien de doom / black metal est créé en 2020. Il rassemble la sublime chanteuse Elena “Erba Del Diavolo” Camusso, deux bassistes, Alessio Caruso, Andrea l’Abbate, le batteur Stefano Franchina et l’unique guitatiste Rocco Scuzzarella. Ce quintette italien possède, de par sa composition, une originalité, à savoir deux bassistes au sein du même groupe et une seconde particularité, celle de chanter ses paroles tantôt en anglais, tantôt en italien.

Dès les premières notes de « Spirit, Blood, Poison, Ferment! », l’atout majeur de Ponte Del Diavolo saute aux oreilles : cette assise rythmique massive. Les deux basses d’Alessio Caruso et Andrea l’Abbate ne se contentent pas de doubler les fréquences, elles créent une texture organique, presque tellurique, sur laquelle la guitare de Rocco Scuzzarella vient broder des motifs sombres.

Le public de La Boule Noire semble hypnotisé par le contraste entre la lourdeur du doom et les accélérations subites typées black metal. Sur « Every Tongue Has Its Thorns » et l’incantatoire « Lunga vita alla necrosi », Elena “Erba Del Diavolo” Camusso magnifie la scène. Sa voix, oscillant entre litanie rituelle et puissance brute, trouve dans la langue italienne une résonance particulière, presque sacrée.

Le set de Ponte Del Diavolo progresse vers des moments plus charnels et viscéraux. « Red as the Sex of She Who Lives in Death » installe une tension érotico-macabre qui sied parfaitement à l’aura de la chanteuse, dont le magnétisme capte chaque regard. Noyés derrière un nuage tantôt rouge, tantôt bleu océan, les Italiens animent la fosse.

Ces jeux de lumières, alternant entre ces teintes primaires rouges et bleues, renforcent l’aspect théâtral de la performance. La surprise vient de la reprise de « In the Flat Field » de Bauhaus. En réinterprétant ce classique du gothic rock à la sauce Ponte Del Diavolo, le quintette rend un hommage brillant à ses influences post-punk tout en les injectant de leur noirceur contemporaine.

La fin du concert monte d’un cran en intensité avec « Demone ». La batterie de Stefano Franchina martèle les esprits, tandis que les deux basses vibrent jusque dans le sol de la salle. Ponte Del Diavolo conclut ce rituel avec « Covenant », laissant une audience conquise par cette première incursion française.

Setlist Ponte Del Diavolo

Spirit, Blood, Poison, Ferment!
Every Tongue Has Its Thorns
Lunga vita alla necrosi
Red as the Sex of She Who Lives in Death
Il veleno della Natura
Zero
Nocturnal Veil
La razza
In the Flat Field (Bauhaus cover)
Demone
Covenant

https://www.facebook.com/PontedelDiavolo