Live report de I Prevail + Polaris + Gore au Zénith le 6/10/26
I Prevail + Polaris + Gore.
6 octobre 2026, Zénith, Paris
Remerciements à Base Productions pour l’accréditation
Texte et photos par Martine Varago
Une soirée automnale placée sous le signe du metalcore
Quand on parle de metalcore, on se retrouve, en général, au milieu d’un public jeune. Et le Zénith ce soir est plein à craquer, prouvant que les nouvelles générations ont pris la relève.
À peine 19 h 30 sonnées que le quatuor texan de metal Gore, signé chez Spinefarm Records, investit pour la première fois la scène du Zénith de Paris dans le cadre de la tournée The Violent Nature avec I Prevail. Cette jeune formation se compose à la base de la chanteuse Haley Roughton, du guitariste Alex Reyes et du bassiste Devin Birchfield, accompagnés pour cette tournée par un batteur.
Haley, également ingénieure spatiale à la NASA, s’impose au milieu de la scène dès les premières notes de « Wrath ». Tout comme sur le troisième titre, « Lead Me to the Slaughter », sa voix claire est mise en relief par des riffs puissants et une rythmique explosive. Elle alterne également avec aisance les passages en scream, tandis que le bassiste démontre un jeu impressionnant, virevoltant sur les planches. Un contraste entre chant clair et scream caractéristique du metalcore.
Dès le quatrième morceau, « Doomsday », les lumières des flashs de téléphones illuminent toute la salle, créant une atmosphère plus détendue. Le public reste toutefois plutôt calme à l’écoute de ce metal aux accents nu metal.
Comme Gore aime à le définir, son « Emotional Gore » puise ses influences dans des formations telles que Motionless in White ou encore Papa Roach, pour n’en citer que quelques-unes. Après une demi-heure de prestation, le show touche déjà à sa fin, laissant le public sur une dernière salve de riffs et de scream. Une formation de metalcore qui reprend les classiques du genre, peu originale, certes, mais efficace et qui se laisse agréablement écouter.
Setlist Gore
Wrath
Sepsis
Lead Me to the Slaughter
Doomsday
Pray
Crucified
Babylon
Polaris, quintette australien originaire de Sydney, débarque sur les planches du Zénith.
Soudain, l’ambiance change radicalement. Ça se bouscule dès les premiers riffs explosifs de « Dissipate », morceau issu de Fatalism, sorti en 2023. Les premiers crowd surfings démarrent sur les chapeaux de roue.
Avec seulement trois albums à son actif — The Mortal Coil (2017), The Death of Me (2020) et Fatalism (2023) —, Polaris distille un metalcore détonnant, aussi explosif qu’un volcan, rappelant parfois We Came As Romans, mais aussi Architects ou While She Sleeps.
L’introduction de « All of This Is Fleeting », issu du deuxième opus, se fait plus douce, plus rock, avec une voix claire majoritaire. La particularité du quintet réside dans l’alternance entre le growl du chanteur principal Jamie Hails et la voix du bassiste-chanteur Jake Steinhauser. Ce duo vocal, capable de passer de la puissance brute à des passages plus mélodiques, s’envole dans les airs du Zénith et embarque immédiatement le public.
Sur « Landmine », Jamie invite les fans à faire du bruit et à former un circle pit, ce que le public exécute sans sourciller. La frénésie continue avec « Hypermania », soutenu par une rythmique solide tenue par le batteur Daniel Furnari et par les riffs acérés des deux guitaristes, Jesse Crofts et Rick Schneider. La machine Polaris est parfaitement huilée : chaque break est millimétré, chaque accélération provoque une nouvelle vague de mouvement dans la fosse. De plus, Jamie est très fier d’annoncer son attachement à la scène parisienne et lance, avec un large sourire : « Ils sont fous, ces Gaulois ! »
Avec quarante minutes de spectacle, Polaris met le Zénith sens dessus dessous. Le groupe ne laisse quasiment aucun répit, alternant passages mélodiques, riffs tranchants et déferlantes de metalcore. Une énergie qui évoque la puissance d’Architects, l’efficacité mélodique de The Devil Wears Prada ou encore les envolées de Northlane. Pour terminer, Polaris propose « Nightmare ». Le morceau vient conclure un set metalcore fulminant, intense et généreux.
Quarante minutes seulement, mais une véritable déflagration : Polaris quitte la scène en laissant derrière lui une fosse en ébullition et un Zénith qui en redemande.
Setlist Polaris
Dissipate
Without You
All of This Is Fleeting
Landmine
Inhumane
Above My Head
Hypermania
Nightmare
Enfin, la tête d’affiche très attendue, I Prevail, arrive à 21h40 et démarre sur les chapeaux de roue.
I Prevail s’est fait repérer, entre autre, par sa reprise de « Blank Space » de Taylor Swift dès 2014. Le quintet originaire du Michigan produit un metalcore puisant son énergie dans le punk hardcore, avec des sonorités issues du nu metal, voire du metal alternatif.
« NWO » (Violent Nature, 2025) amorce le set des Américains et crée d’emblée le chaos, aussi bien sonore que physique. Tout démarre dans une ambiance de feu : les gerbes pyrotechniques explosent le long de la scène, tandis que Gabe Helguera, le batteur surélevé sur une estrade, tambourine sur les caisses claires et les grosses caisses.
Avec Jon Eberhard, le bassiste au top lorsqu’il n’est pas au poste de claviériste, la rythmique monte encore d’un cran. Roulements de batterie et décibels de basse traversent le sol du Zénith tel un tremblement de terre. S’ensuivent « Bow Down », aux breakdowns puissants, puis « Self-Destruction », porté par le chant rappé du membre fondateur Eric Vanlerberghe, sur un flot incessant de crowdsurfers dans la fosse.
Une surprise se produit alors sur scène avec la venue de Jamie Hails sur le titre « Violent Nature » : un duo fort, suivi, un morceau plus tard, de l’arrivée de la chanteuse Haley Roughton sur « Paradise ». Quelle belle démonstration de partage et d’entente sur scène ! Puis on repasse sur le titre qui a fait connaître I Prevail dès 2014, la reprise de « Blank Space » de Taylor Swift.
On reste dans la popularité grandiose puisque I Prevail amorce ensuite un extrait de « Sad but True » de Metallica. Enfin, au bout de 50 minutes, nouvelle surprise avec le batteur qui poursuit sur un solo époustouflant avant d’enchaîner sur « God », porté par les riffs acérés des deux guitaristes Steve Menoian (guitare lead) et Dylan Bowman (guitare rythmique).
Les deux dernières chansons, « Hurricane », sortie sur Trauma, plus mélodique avec son introduction à la voix claire d’Eric, apaise l’atmosphère avant de repartir à toute bringue avec « Gasoline ». Le public est complètement dingue et Eric ne cesse de remercier chaleureusement l’audience. Malheureusement, au bout d’une heure et quart, c’est déjà la fin du spectacle.
Une setlist bien ficelée, parcourant les différents albums du groupe. Les Américains démontrent une nouvelle fois un show digne d’un véritable spectacle à l’américaine : entre pyrotechnie, gros son et surprises sur scène, nos oreilles en prennent plein les tympans et nos yeux plein la vue.
Setlist I Prevail
NWO
Bow Down
Self-Destruction
There’s Fear in Letting Go
Violent Nature (with Jamie Hails)
Body Bag
Paradise (I Prevail & Amira Elfeky song) (with Haley Roughton)
Blank Space (Taylor Swift cover)
Bad Things
Sad but True (Metallica cover)
Rain
Drum Solo (with « Satisfaction » snippets)
God
Choke
Come and Get It
Hurricane
Gasoline

































