MOTOCULTOR : 15 août 2025 : Jour 2

MOTOCULTOR : 15 août 2025 : Jour 2

Live report du MOTOCULTOR : 15 août 2025 : Jour 2 avec BENEDICTION, BENIGHTED, BLACKBRIAR, CARPENTER BRUT, DIMMU BORGIR – EIVØR – ENTHRONED, FINNTROLL, FIVE THE HIEROPHANT, FLESHGOD APOCALYPSE, FORBIDDEN, HERIOT, HOULE, IHSAHN, IMPERIAL TRIUMPHANT, KERRY KING, KLONE, LACUNA COIL, RECTAL SMEGMA, SIR REG, SKÁLMÖLD, SÓLSTAFIR, TANORK, TO THE GRAVE, TRIBULATION, VESTIGE, WAYFARER, WEGFEREND

Motocultor Festival 2025 – Vendredi 15 août 2025 : la tempête metal gronde à Carhaix
Par Martine Varago

Motocultor

Pas de répit pour les braves : après une première journée haute en décibels, le Motocultor Festival embraye fort dès le vendredi, avec une programmation d’une densité impressionnante, alternant noirceur extrême, envolées atmosphériques, et audaces expérimentales. Le public, déjà bien échauffé, s’immerge dès le début d’après-midi dans les ténèbres du metal le plus introspectif.

Black, Doom & Post-metal : les ténèbres en ouverture du Motocultor

Sur les premières scènes, les projecteurs s’allument sur Houle, formation parisienne de black metal atmosphérique. Son set tout en intensité mêle riffs glacés et ambiances éthérées, plongeant la foule dans une transe mélancolique dès les premières notes.

A la même heure, sur la Bruce Dickinscene, Wegferend, à l’allure venue d’Europe de l’Est, déverse un black/death metal cru, presque primitif. Le son est âpre, minimaliste, froid comme une lande balayée par le vent, dans la droite lignée de Mayhem ou Darkthrone.
Vestige, ensuite, s’impose par ses murs sonores post-metal. Le groupe joue sur les lenteurs, les progressions dramatiques, et des nappes pesantes évoquant Cult of Luna ou Isis. Un concert dense, introspectif, magnétique.

Sur la Supositor Stage, Tanork offre une parenthèse plus légère et mélodique, naviguant entre indie rock, electro et alternative, rappelant Muse ou Radiohead, le tout avec une belle présence scénique.

Violence technique et hybridations audacieuses

Le tumulte reprend avec Benighted, vétéran stéphanois du brutal death / deathgrind. Le set est une claque ultra-violente, viscérale, aux rythmiques explosives et hurlements bestiaux. Le public moshe dans une ferveur contrôlée, entre admiration et pur défoulement, ce qui crée un véritable nuage de poussière dans la fosse.

Heriot, venus de Swindon, s’impose comme une révélation : Son metalcore « post-everything », éclectique, hybride et ultra contemporain, mélange doom, indus, hardcore, blackened metal et ambiances gothiques. Avec son frontwoman charismatique, le groupe électrise une foule curieuse, voire hypnotisée.

Le voyage se poursuit avec les Américains de Wayfarer, qui mêlent black metal et influences folk de l’Ouest américain. Des atmosphères de western crépusculaire s’installent, comme une chevauchée dans les vastes étendues du Colorado, portée par une émotion brute.

L’après-midi réserve de belles découvertes comme Five The Hierophant. Le groupe britannique explore une voie instrumentale inédite mêlant doom, post-metal, improvisation jazz et atmosphères psychédéliques, créant une musique à la fois apaisante et dérangeante.

Jazz noir, death australien et légendes britanniques

Changement de décor : Imperial Triumphant (New York) déploie son univers avant-gardiste, mélange de blackened death et de jazz urbain décadent. Sous leurs masques d’or, ils installent un chaos contrôlé, entre stridences bruitistes et envolées free-jazz. Un show conceptuel, dérangeant et fascinant… arrosé de champagne, bien sûr.

Les Australiens de To the Grave font parler la poudre avec un deathcore sans concessions, alors que les vétérans de Benediction, piliers du death metal UK, nous replongent dans une époque plus brute, old school, mais toujours efficace. Leurs riffs massifs et leur groove sombre font mouche.

Côté metalcore moderne, The Gorge, groupe italien, séduit avec ses lignes mélodiques accrocheuses et sa puissance scénique, dans la lignée d’Architects ou While She Sleeps.

Gothique, mythes nordiques et death symphonique

Place à l’élégance obscure avec Lacuna Coil, dont le duo vocal Cristina Scabbia / Andrea Ferro charme le public avec un set gothique et énergique, tout en mélancolie. Les Islandais de Skálmöld réveillent l’esprit viking avec leur folk metal épique, scandé en islandais, tandis que Klone, venu de Poitiers, embarque les spectateurs dans une odyssée sonore aux teintes progressives et atmosphériques. Une prestation toute en maîtrise.

Puis vient la déferlante symphonique de Fleshgod Apocalypse, dont le death metal orchestral, théâtral, façon opéra macabre, impressionne par sa technicité et son intensité baroque. En toute fin d’après-midi et prévu au programme à la dernière minute, Enthroned marque, par un son cru et agressif, fidèle aux racines du black metal scandinave (influences de Darkthrone, Marduk, Mayhem, etc.) des tempos rapides, blastés et des vocaux criards. Les belges ont recours notamment aux thématiques occultes, sataniques, anti-religieuses et ésotérique comme tout bon black metalleux.

Soirée de légendes : entre thrash, noirceur et synthwave

Le soir, la tension monte d’un cran avec l’arrivée de Kerry King, légendaire guitariste de Slayer, qui déchaîne un thrash metal rugueux, incisif, sans détour. Un moment culte pour les amateurs de riffs tranchants.

Ambiance plus mystique avec Eivør, artiste venue des Îles Féroé, dont le folk aérien et nordique offre un moment suspendu, entre rêve et transe. Les Islandais de Sólstafir, quant à eux, poursuivent dans la veine post-metal mélancolique, portés par des textures épiques et une émotion presque palpable.

Avant la tête d’affiche de ce vendredi soir, le groupe suédois Tribulation nous envoûte d’un death/black metal brut en passant par un metal avant-gardiste riche et évolutif, incorporant des éléments gothiques, ésotériques, psychédéliques et rend l’atmosphère à la fois sombre et mélodique mélodique.


Puis arrive Dimmu Borgir, tête d’affiche du jour. Le groupe norvégien offre un set millimétré, grandiloquent, entre black metal symphonique et mise en scène théâtrale. Une démonstration de puissance visuelle et sonore. Le meilleur spectacle de cette journée.

Et la nuit se poursuit. Finntroll déclenche une joyeuse pagaille avec leur folk metal festif et délirant, tandis qu’Ihsahn, en solo, revisite ses expérimentations black progressives avec une élégance rare. Le retour au thrash se fait avec les Américains de Forbidden, qui ramènent la furie de la Bay Area sur scène avec énergie et authenticité.
Enfin, la journée s’achève en beauté avec le show rétro-futuriste de Carpenter Brut, figure incontournable de la synthwave française, mêlant claviers vintage et énergie metal. Un feu d’artifice final. Et pour clore, dans la douceur d’une nuit étoilée, éclairée par un belle lune, Sir Reg offre un dernier moment festif, comme une caresse après la tempête.

Le Motocultor se poursuit samedi 16 août 2025…

https://www.motocultor-festival.com/programmation-motocultor-2025-14-15-16-17-aout-2025-carhaix-29-bzh/

*******************

Motocultor jour 1 : https://rockmetalmag.fr/motocultor-14-aout-2025-jour-1/